‹ Les dyspepsies nerveusesChapitre 9 sur 19 · T - PI · texte numérisé non relu

T - PI

(Hyperchlo

ru rie)

On peut direqu'il y a hypcrchlorliydrie lorsque A dépasse 1,90 0/00 T dépasse 3,50 0/00 et (M -|- C) est très intense.

Conséquences des troubles de la sécrétion. — Nous n'avons eu en vue dans ce qui précède que les troubles qualitatifs de la sécrétion stomacale. On a pu voir que tantôt les altérations sont de peu d'importance, tantôt au contraire elles ont une notable intensité. Comment faut-il interpréter ces troubles de la sécrétion? Quelle est leur signification ? et notamment faut-il altribucr aux variations du chimisme une influence prépondérante dans le tableau des dyspepsies.

(1 MATPIIEUet RÉMOND. Loc. cit.

Les opinions des auteurs sont très variables à ce sujet. Tandis que beaucoup attribuent peu d'influence à ce facteur, d'autres lui assignent une importance considérable.

Nous pensons, quant à noiis,que la vérité est entre ces deux opinions extrêmes. L'altération du suc ne crée pas la dyspepsie. Elle lui est parallèle, c'est-à-dire que le suc gastrique est altéré au môme titre que la motricité et que la sensibilité de l'estomac. C'est la même influence nerveuse qui crée dans la dyspepsie les symptômes fonctionnels et les déviations du chimisme gastrique. Nous avons vu en parlant de la douleur que dans quelques cas on pouvait trouver une acidité très élevée du suc gastrique sans phénomènesde gastralgie. Un exemple aussi instructil est celui des anachlorhydriques ou apeptique (Hayem) qui souvent ne souffrent pas et qui paraissent bien digérer. Enfin nous savons qu'il peut exister des dyspepsies nerveuses sans troubles du chimisme gastrique et nous en avons rencontré des cas dans toutes les formes de dyspepsie. Ces cas montrent que les différents éléments qui concourent le plus souvent à la formation d'un type clinique n'ont aucune influence l'un sur l'autre et qu'on est obligé d'invoquer une cause primordiale commune.

Valeur de la peptonisation. — Quant à l'utilité d'un suc gastrique vicié sur la marche de la digestion et par conséquent à son influence sur la dénutrition et l'altération delà santé générale, il nous semble qu'on les a un peu exagérées. Evidemment un suc gastrique convenable transformera mieux les albuminoïdes enpeptones. Il permettra à la digestion des hydrocarbonés et des amylacés commencée dans la bouche de se continuer dans l'estomac, tandis que l une ou l'autre de ces conditions seront insuflisantes dans les cas pathologiques. Mais les auteurs modernes s'accordent à considérer que la diminution du travail chlorhydro-peptiquen'a pas une très grande importance. Cari Von Noorden (1) a dosé comparativement la quantité d'azote introduite par l'alimentation et la quantité d'azote éliminée par les urines et il a constaté qu'avec une digestion stomacale très restreinte il pouvait y avoir une utilisation à peu près parfaite des albumino'ides.

En 1878, Czerny a réussi avec Kaiser à enlever l'estomac d'un

(1) Carl VCN Noorden. Zeitschri/t fur Jdinische Medicin, 1890.

chien qui survécut au traumatisme. Cet animal avait des selles normales et engraissait.

M. Haye m (l) a rapporté plusieurs cas de malades dont la sécrétion stomacale paraissait tout à lait tarie et qui non seulement n'avaient pas d'acide chlorhydrique dans le suc gastrique, mais pas même d'éléments chlorés, et qui pourtant digéraient bien. Nous avons rencontré un cas de ce genre chez une jeune tille chloroti(|ue et atteinte de dyspepsie asthénique, mais dont la nutrition paraissait se faire régulièrement et qui ne maigrissait pas.

Enfin MM. Mathieu et Rémond (2) ont calculé que le travail de peptonisation complète eiï'ectué par l'estomac est très faible et que chez les individus sains, il y avait environ 10 grammes pour 100 de substances albumiuoïdes digérées.

Nous en conclurons donc que le travail de l'estomac n'a pas grande importance, et qu'il est dillicile d'imputer aux altérations du suc gastrique un rôle si important que celui qu'on leur assigne habituellement.

Fermentations gastriques. — On a fait jouer aussi un rôle fort important à des fermentations gastriques anormales. Celles-ci donneraient lieu non seulement à des acides organiques qui par leur présence irriteraient la muqueuse stomacale, mais probablement aussi à des produits solubles, ptomaïnes ou diastases, qui passant dans le sang produiraient lentement des troubles dans les dilTérents organes. C'est là la doctrine bien connue des auto-intoxications d'origine gastrique.

A vrai dire, ces fermentations organiques existent très probablement mais les conditions de leur production sont encore mal connues, et on ne soupçonne pas la nature et l'action des produits toxiques auxquels ils peuvent donner naissance.

Les expériences de quelques bactériologistes, notamment deCohn et Hirschfeld, Straus et; Wurtz (3) ont établi que le suc gastrique normal a une influence désinfectante et ralentit les fermentation (voir aussi à ce sujet Purs er) (4). Au contraire dans un suc gastrique

(1) Hayem. Société médicale des hôpitaux, 18d2,

(2) Mathieu et Rémond. Gazette des Mjjitaux, 1891.

(3) Straus et Wuktz. Archives de médecine exjiérimentale, 1890.

(4) PuRSER. On the modem diagnosis of diseases of the stomach. Dublin Médical, Journal 1890.

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