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Dyspepsie asthénique

La dyspepsie asthénique est caractérisée par rinsufTisance fonctionnelle de tous les éléments de lactivité stomacale. Elle répond à l'atonie g-astrointestinale neurasthénique de M. Bouveret (i), à la dyspepsie nervo-molrice de M. INlathieu (2).

Elle se caractérise cliniquement de la façon suivante :

Les malades ont l'apparence d'une honne santé, mais ce sont habituellement des apathiques, des déprimés, des neurasthéniques. Dans les formes légères l'appétit est conservé, s'acconipagiiant quelquefois d une sensation de malaise, de défaillance. Plus souvent il est diminué et môme aholi. A peine aux repas les aliments ont-ils été introduits dans l'estomac que celui-ci se gonfle, se ballonne et que des éructations gazeuses se produisent. Ces gaz, plus ou moins abondants, sont tout à fait inodores et sont constitués, comme nous l'avons vu, par de l'air atmosphérique, introduit dans l'estomac en môme temps que les aliments. Le ballonnement est plus ou moins intense, mais il arrive très souvent que les malades sont obligés de desserrer leur vêtement et si on palpe à ce moment la région épigastrique, on la sent soulevée et par la percussion on obtient une sonorité tympanique. C'est là la distension stomacale fort bien étudiée par M. Mali bran.

En même temps que le ballonnement ou peu après surviennent des douleurs variant d'intensité.

r^es malades ressentent au creux épigastrique une douleur plus ou moins forte. Ordinairement légère, elle se présente comme une pesanteur, un poids sur l'estomac. Quelquefois, au contraire, elle acquiert le caractère gastralgique et il faut bien se garder d écarier pour cela le diagnostic de dyspepsie asthénique. Les malades comparent ces douleurs à une sensation de poids, d'étau, d'écrasement, de bridure, tantôt localisée au creux épigastrique, tantôt s'irradiant dans l'abdomen et les fausses côtes. Cette douleur est due à l'irritabilité spéciale et maladive des terminaisons nerveuses de l'estomac et elle est proportionnelle à cette irritabilité. Les grandes douleurs dans cette forme de dyspepsie se rencontrent de préférence chez les malades porteurs

(1) Bouveret. La neura-tthénic, 2^ édition, 1891

(2) Mathiku. Traité de médecine, 1892.

de stigmates hystériques. Nous les avons souvent rencontrés dans ces conditions alors que les autres phénomènes fonctionnels et l'examen du suc gastrique révélaient nettement la dyspepsie asthénique.

M. Charcot (1) le premier, puis M. B ou ver et (2) et enfin M.Mathieu (3) ont montré que ces douleurs éclataient non pas immédiate, ment après l'ingestion alimentaire, mais 1/4 d'heure, 1/2 heure 3/4 d'heure après, espace de temps pendant lequel les malades se trouvaient fort à leur aise. D'autre part, nous savons que l'acidité du suc gastrique ne commence guère à être appréciable qu'une demiheure après les repas. Ne peut-on admettre une corrélation entre ces deux observations et dire que l'irrita])ilité des nerfs de l'estomac est mise en jeu par le contact d'un suc gastricpie acide, quoique cette acidité soit inférieure à la normale.

Les douleurs s'accompagnent quelquefois d'aigreurs et de pyrosis. A cela, rien d'étonnant, malgré l'hypoacidité du suc gastrique, car nous connaissons le mécanisme du pyrosis, que nous avons indiqué plus haut. Disons, cependant, que le pyrosis est en somme assez rare et coïncide habituellement avec les éructations gazeuses qui entraînent des parcelles alimentaires et du suc gastrique dans l'œsophage.

Tout cela disparaît au bout de quelques heures, au moment où la sécrétion du contenu gastrique est nulle ou faible.

Les vomissements sont rares dans cette forme de dyspepsie. Néanmoins, ils existent dans les formes très douloureuses. Ils ont parfois une ténacité désespérante et certains malades rejettent ainsi tous leurs repas. Quelques-uns même se font vomir volontairement en se mettant les doigts dans la bouche. En effet, après avoir vomi, ils se trouvent tout à fait soulagés.

Si, à l'aide de la palpation, de la succussion hippocratique, ou mieux à l'aide de la sonde on pratique l'exploration de la cavité gastrique, on constate que l'élimination des aliments se fait dans le temps voulu. Il n'y a pas de retard dans l'évacuation de l'estomac, il n'y a pas de stase alimentaire. Leube avait déjà signalé le fait comme caractérisant la neurasthénie vago-sympathique et la distinguant de la dilatation de l'estomac.

(1) Charcot. Leçons du mardi, 1887.

(2) BouvERET. La neurasthénie, 1891.

(3) Mathieu. Traité de médecine, 1892.

L'examen du repas d'épreuve retiré de l'estomac une heure après l'ino^estion montre que la masse alimentaire est dans un état moins grand de division que chez les individus sains. Ce l'ait nous paraît intéressant, car il semble indiquer que le tonus gastri(|ue destiné à brasser et à diviser les aliments est moins actif. Malheureusement nous n'avons pas de moyen direct de constater ce tonus.

L'analyse du suc gastrique révèle souvent une diminution de la sécrétion gastrique. On observe à ce propos tous les degrés. Souvent la gravité de la dyspepsie est proportionnelle à l'altération du suc gastrique, sans qu'on puisse cependant poser à cet égard des règles précises. L'acidité A est inférieure à lo normale. La clilorurie T est aussi diminuée. La valeur de F, c'est-à-dire des chlorures qui n'ont pas été décomposés pendant leur passage à travers les glandes de l'estomac, est élevée. Comme conséquence, la valeur (Il-f-C) ou chlorhydrie est diminuée et, remarque importante, H est presque toujours absent. C'est là un élément de diagnostic rapide qu'il importe de prendre en considération. Si on trouve T inférieur et H 0, on peut dire à coup sûr hypochlorhydrie, sans pousser plus loin l'analyse.

On peut considérer comme hypochlorhydrique une sécrétion dans laquelle A est inférieur à 1.30 0/00, T inférieur à 3 0/00 et 11= 0. M. Mathieu a fait remarquer avec juste raison que les phénomènes de dyspepsie atonique pouvaient coïncider avec un chimisme normal. Mais il s'agit en général de formes très bénignes.

L'état des différentes parties du tube digestif n'offre rien de caractéristique : la langue est souvent propre, quelquefois légèrement saburrale. La constipation n'est pas très rare, cependant elle manque plus souvent que dans d'autres formes de dyspepsie.

Des phénomènes généraux plus ou moins accentués accompagnent souvent mais pas toujours la dyspepsie asthénique. C'est une sensation de malaise général qui envahit le malade. Le sang lui monte à la tète. « Il a des boudées de chaleur et des vertiges. Ces vertiges offrent des degrés d'intensité variable. Tantôt c'est un simple étourdissement, la tôle est lourde, les idées moins nettes, et il y a une inaptitude complète au travail. Dans quelques cas on trouve des troubles plus graves. Parmi ceux-ci un des mieux étudiés est le vertigo a stomacholœso bien décrit par Trousseau. Tantôt le malade a une sensation de giration et tous les objets qui l'environnent tournent

autour de lui. D'autres fois il croit voir la terre s'entr'ouvrir sous ses pieds, et un gouffre béant se présenter à ses yeux, ou bien il tourne autour d'un axe vertical ou horizontal ». M. Luton (1) pense qu'il y a dans ces cas une sensation anormale ayant son point de départ dans l'estomac. M. Jaccoud admet de préférence une perturbation dans l'innervation encéphalique par excitation centripète des nerfs vagues. M. Cliarcot va plus loin, il pense que cevertigeest un simple phénomène névropathique coïncidant avec la dyspepsie, qu'on le trouve au réveil plutôt encore qu'au moment des repas et qu'en tous cas ceux-ci ne sont qu'une cause occasionnelle provoquant son apparition chez des individus prédisposés, et il fait justement remarquer que dans les gastropathies graves, gastrite, cancer, dilatation par rétrécissement du pylore, ce vertige ne se constate pas.

Dans un cas fort intéressant nous avons trouvé du vertige de Ménière coïncidant d'ailleurs avec des lésions de l'oreille gauche. Nul doute ici que la dyspepsie n'ait été créée au même titre que le vertige de Ménière par les troubles encéphaliques, et que ceux-ci fussent antérieurs à l'affection stomacale.

On note d'autres troubles nerveux ; souvent la céphalalgie avec sensation de casque, delà rachialgie, de la douleur de la nuque.

Les troubles des sens s'observent chez la plupart des sujets : il existe des éblouissements une obnubilation de la vue, une amblyopie parfois très intense et poussée tout près de l'amaurose. Henoch ( a cité des cas d'aphasie transitoire. Les tintements d'oreille sont fréquents. Enfin on a signalé (Beau, Trousseau, Leven, Ruefî (3) une hyperesthésie ou une anesthésie de la peau, des zones douloureuses, de la myalgie, etc, etc, une sensation de brisement des membres et même des paralysies passagères (4).

« L'intelligence est souvent obnubilée. L'hypochondrie avec toutes ses sensations erronées et ses fâcheuses conséquences, en est l'expression ultime et relativement très fréquente » (5).

Enfin on trouve dans la dyspepsie asthénique des troubles delà circulation et delà respiration. Souvent il y a des palpitations.

(1) Luton. DictUmnairo encyclopèrllque des .sciences médicales.

(2) Henoch. Berlincr Idinixche Wochenschrift .

(3) IlUEFF. Thèse de doctorat.

(4) iSANDOZ. Revue médicale dr la Sin'sae Fomandr, ISdl .

(5) Damaschino. Traité des maladies des voies digestivcs.

Cliez quelques sujets il existe un battement souvent fort prononcé au creux épig-astrique.

Les troubles respiratoires consistent surtout dans une dyspnée plus ou moins intense aggravée par l'augmentation de volume de l'estomac et la pression de bas en haut qu'exerce le viscère sur le diaphragme (Malibran). Quelquefois on a observé un phénomène bizarre, une toux gastrique, quinleuse, précédée d'une sensation de picotement laryngé.

Nous n'insisterons pas plus longuement sur les divers phénomènes sympathiques qu'on constate dans la dyspepsie asthénique. Ils ne lui appartiennent pas en propre, et ne sont que l'expression d'un état de dépression générale du système nerveux fréquent chez les malades atteints de cette forme de dyspepsie. Ces phénomènes, réveillés par l'ébranlement nerveux qui accompagne toujours, même chez les sujets bien portants, le travail de la digestion, se rencontrent cependant, quoique moins prononcés, en dehors des périodes digestives. Ils peuvent se rencontrer aussi indépendamment de l'état dyspeptique et leur ensemble symptomatique ne mérite pas le nom de maladie cérébrogastrique qu'on avait voulu lui attribuer.

L'état de la nutrition chez les malades atteints de dyspepsie asthénique est fort intéressant à étudier. Elle participe à l'état de torpeur générale de l'organisme. Elle est ralentie. Beaucoup de ces dyspeptiques, malgré l'alimentation insuffisante à laquelle ils se soumettent soit pour éviter la douleur, soit par dégoût et inappétence absolue, soit enfin, comme l'a fait voir Lasègue chez les hystériques, par dépravation morale ou par coquetterie, beaucoup de dyspeptiques, dis-je, gardent pendant fort longtemps toutes les apparences de la santé. Ils ne maigrissent pas et quelques-uns même acquièrent de l'embonpoint. On a expliqué ce phénomène en disant que chez ces malades la nutrition était aussi peu active que l'alimentation et que très peu d'aliments suffisaient à entretenir l'organisme (Lasègue). Nous avons observé un fait qui s'accorde fort bien avec cette hypothèse. Une jeune malade liystérique vomissait ses aliments et ne pouvait ingérer quoique ce soit sans vomir. Pourtant elle mangeait avec plaisir, avec avidité même et son état général ne paraissait nullement souffrir. En la suggestionnant nous arrivâmes à supprimer les vomissements; mais l'appétit se perdit et la malade loin de se mieux porter vit s'accentuer ses phénomènes de neurasthénie.

L'examen des urines chez les malades de cette catégorie mérite de nous arrêter un instant. On s'accorde généralement aujourd'hui à considérer l'excrétion de Furée comme porportionnelle à l'intensité des échanges intra-organiques, à l'activité de la nutrition. Il était donc naturel d'admettre à priori que dans la dyspepsie asthénique il doit y avoir une diminution notable du chiffre de l'urée. Quelques auteurs avaient en effet constaté le fait.

MM. Mathieu et II ail ope a u (1), ont repris ces recherches et ont trouvé (jue fréquemment dans l'hypochlorhydrie il y a une diminution du chiffre de l'urée éliminée en 24 heures. Néanmoins ils rencontrèrent quelques exceptions, et conclurent en conséquence que l'examen des urines ne donne aucun résultat constant et qui mérite d'être retenu.

Voulant nous-même nous faire une opinion à ce sujet, nous avons dosé Furée chez les malades atteints de dyspepsie asthénique, mais en ayant soin de nous placer dans les conditions voulues pour éliminer le plus possible les causes d'erreur. On sait en effet que la production de Furée est soumise à une foule d'influences diverses, qu'elle peut dépendre de l'alimentation, du sexe, de l'âge, du poids des individus qu'on examine. L'alimentation surtout joue un rôle fort important ; d'où la nécessité de soumettre les malades en observation à un régime identique.

Nous avons eu soin aussi de n'examiner que des individus comparables entre eux, c'est-à dire ne présentant pas un écart de poids trop considérable.

En nous plaçant dans ces conditions, nous avons noté, chez les asthéniques,une diminution constante du chiffre de l'urée. Il y a souvent des écarts notables entre les quantités éliminées d'un jour à l'autre, mais les moyennes restent toujours inférieures aux moyennes normales. Si on admet comme physiologique une excrétion d'urée quotidienne de 20 à 25 gr., chez un individu soumis au régime lacté exclusif (2 litres de lait par jour), on trouvera chez les dyspeptiques dont il est ici question, une quantité moyenne inférieure à 15 gr., et d'ailleurs proportionnelle à l'intensité des phénomènes dyspeptiques et des phénomènes neurasthéniques. Ceux-ci paraissent, en effet,

(1) Mathieu et Hallopeau. Société médicale des hôjntaux, 1891,

avoir une grande importance dans l'espèce, ce qui tendrait à prouver que le ralentissement de la nutrition est bien sous l'inlluence du système nerveux.

Nous n'insisterons pas plus longtemps sur ces faits. Nous avons l'intention d'y revenir en détail dans un autre travail. Mais il nous a semblé qu'il y avait lieu de les signaler ici.

Les malades atteints de dyspepsie astliénique, môme assez accentuée, gardent pendant fort longtemps un état général satisfaisant. Chez beaucoup d'entre eux, la dyspepsie n'est qu'un simple malaise qui cède facilement à un traitement approprié ; dans les cas plus accentués, les souffrances sont plus vives, l'état de neurasthénie s'accroît, les malades sont nerveux et plus irritables, mais leur santé générale paraît peu s'altérer; il est même remarquable de noter combien longtemps ils résistent à la dénutrition.

Pourtant, il arrive un moment où les malades, restreignant de plus en plus leur alimentation, tombent dans un état de neurasthénie grave et présentent des phénomènes dyspeptiques bien plus sérieux. M. Bouveret range ces cas, d'ailleurs assez rares, sous le nom de formes graves de la dyspepsie neurasthénique. Nous n'en avons, pour notre part, observé que deux cas bien nets. Ordinairement, cet état survient longtemps après le début des premiers accidents ; mais, chez certains sujets, que la résistance de l'organisme soit moins grande, ou que les causes d'affaibhssement soient plus accentuées, ou encore que les troubles fonctionnels s'étendent à l'intestin et à ses glandes annexes, la dénutrition survient d'une façon précoce. Alors l'inappétence est absolue, la langue est sale, couverte d'un enduit saburral. Les malaises sont plus accentués, les vomissements abondants se renouvellent à tous les repas, et il y a véritablement intolérance gastrique. La pression au creux épigastrique est douloureuse ; enfin la motricité stomacale est gravement atteinte

Il y a véritablement inertie stomacale, stase alimentaire, et on peut retirer à jeun par la sonde des résidus alimentaires.

Aux douleurs de la première période de la digestion s'ajoutent des douleurs tardives d'origine intestinale et siégeant dans les régions ombilicales. Ce sont des coliques, des tortillements, et les malades ont souvent de l'entérite muco-membraneuse. Ordinairement, il y a de la constipation, mais souvent interrompue par des débâcles diarrhéiques.

Quelquefois, ces débâcles s'accompaguout de fièvre et procèdent par poussées d'une durée de plusieurs jours.

Les phénomènes généraux s'aggravent aussi notablement. La neurasthénie devient grave et tenace, puis survient l'anémie globulaire et albumineuse ÇSl. Pineau (1) a cité un cas d'anémie pernicieuse), la pâleur de la peau, la décoloration des muqueuses, un affaiblissement général, eidin un amaigrissement notable. Ces troubles nutritifs peuvent aller eu s aggravant, et finissent par aboutir à un état de cachexie ; celle-ci se traduit par un certain nombre de symptômes, tels que le refroidissement des extrémités, et la sécheresse de la peau. On peut même observer des éruptions cutanées, ainsi que l'a montré M. Hardy. Les malades arrivés à cet état grave sont volontiers pris pour des tuberculeux ou des carcinomateux.

L'état cachectique, l'échec frécjuent de toute médication, la mort, terminaison hal)ituelle de ces dyspepsies graves, ont été attribués par quelques auteurs, Jurgens, Ewald, à une dégénérescence étendue des plexus de Meissner et d'Auerbach.

Nous terminerons ce chapitre de la dyspepsie asthénique en citant quelques observations qui permettront de mieux juger ce qui a été dit plus haut.

Nous en avons recueilli un grand nombre. Mais comme beaucoup offrent entre elles une grande analogie, il nous paraît inutile de les citer toutes. Aussi nous choisirons parmi elles des types. Nous montrerons d'abord des cas de dyspepsie (ordinairement légers) où les symptômes généraux, les symptômes neurasthéniques, manquent ou sont d'une très faible intensité : la gastropathie paraît constituer toute la maladie. Dans une deuxième série, nous rangerons leé cas où neurasthénie et dyspepsie marchent de pair. Un troisième groupe sera constitué par les dyspepsies se montrant dans le cours de la névropathie qui la domine ; enfin, nous citerons quelques exemples de neurasthénie grave.

PiîEMiER GROUPE. — Lcs pliénomèncs gastriques constituent toute la maladie. Les phénomènes nerveux sont à peine indiqués.

Observation I. — Jeanne B..., domestique, 23 ans. Malade depuis un an. N'avait jamais soufTert de l'estomac aupai-avant.

(1) Pineau. France médicale, 1892.

Elle a été prise brusquement et sans cause apparente de dyspepsie et depuis ce temps les phénamônes gastriques n'ont jamais disparu.

Elle soulîre à peu près à tous ses repas. Appétit nul. Les douleurs d'intensité et de durée variable éclatent 1/4 d'heure ou une 1/2 heure après le repas : sensation de poids, de crampe au creux épigastrique sans irradiations. En même temps ballonnement du ventre, constriction outre mesure par ses vêtements. Quelques éructations, du pyrosis. Jamais de vomissements.

Tous CCS phénomènes disparaissent habituellement deux ou trois heures après leur apparition. Quelquefois ils se prolongent jus(|u'au repas suivant. Plusieurs fois la malade a eu des crises douloureuses pendant plusieurs jours.

Il n'y a pas de phénomènes neurasthéniques. Quelques palpitations de cœur, un peu de dyspnée passagère, peut-être un [xni d'hyperesthésie de certaines régions de la peau, mais aucun véritable stigmate neurasthénique. D'ailleurs aucun antécédent névropathique. Sa santé a toujours été très bonne, aucun trouble dans les diU'érents organes. Rien aux poumons.

La malade travaille bien et n'est pas assez fatiguée pour quitter son métier. Pourtant elle se sent plus faible qu'auparavant. Elle maigrit depuis 2 mois.

En somme, état local assez sérieux, symptômes généraux peu accentués. Etat de 1 estomac. — Pas de dilatation. Estomac ne dépasse pas l'ombilic. Pas de stase. Estomac vide à jeun. Chiinisine : A = 1.40

Gunzbourg = Très faible, douteux Chlore total = 3.15 Vert brillant = Réaction nette mais Chlore fixe = 1.20 peu intense (II -\- C) = 1.95

Dans cette observation, malgré la netteté des symptômes gastriques, le chimisme est pou altéré. C'est une forme qui mériterait le nom de dyspepsie nervo-motrice.

Observ.\tion II. — Pauline K..., soullVe de l'estomac depuis trois semaines.

Elle a déjà eu des maux d'estomac à plusieurs reprises, mais jamais ceux-ci n'ont atteint le même degré. En tous cas, ils paraissent survenir par crises surtout au moment des règles et durent environ 15 jours à 3 semaines.

Antécédents héréditaires. — Mère hystérique, père nerveux soull'rant beaucoup de l'estomac.

Antécédents personnels. — Convulsions dans son enfance, actuellement un peu de strabisme. Un peu nerveuse, impressionnable, craintive. Migraines fréquentes. En général, maux d'estomac surviennent après ennui,

lalio-uo, surmenage quelconquo. Au conlraire, le repos, la lran(jiiillité aint'lioreut nettement et rapidement les maux d'estomac.

Le matin à jeun, langue épaisse, mais aucun malaise, aucune douleur à l'estomac.

Appétit avant de déjeuner, mais disparaissant de suite après 1ns premièr(>s bouchées. Aussitôt le repas, encore à table même, ballonnement du ventre ([ui force à desserrer le corset, éructations, gène épigastrique, poids sur l'estomac, pas de véritables douleurs. Pas de pyrosis. Envie de dormir.

Cet état de malaise se prolonge environ deux heures. Les douleurs se calment alors et la malade se trouve vraiment -bien.

Il existe ([uclqnes phénomènes neurasthéni(pies peu intenses. Quelques maux de tête, un peu de lassitude, quelques étourdissements. Tout ceci peu accentué et disparaissant vite par le repos.

(Constipation opiniâtre. Urée moyenne de 17 grammes en 24 heures.

Santé générale assez bonne. Rien aux poumons. Rien au cœur. A ou des pertes, de la mélrite avec ulcération du col, actuellement presque guérie.

L'estomae est un peu grand, dépasse très légèrement l umbilic. Pas de clapotage à jeun, pas de stase.

CJiimismc : Acidité totale A 1.50 Chlore total = T = 3.19

Gunzbourg = Moyen Chlore fixe == F = 1 .20

Vert brillant = Réaction nette (II + C) = 1.99

mais faible

Evaporation = Résidu noir

peu intense Peptones — q. s.

Le chimisme est à peu près normal. Ce cas est absolument comparable à l'observation précédente.

On remarquera que dans les deux cas précédemment cités, le chimisme stomacal est peu altéré, la sensibilité seule paraît atteinte, ces obsei'vations mériteraient d'être rangées parmi les gastro-névroses de M. Germain Sée. Ce sont ces types que l'on observe dans les formes de gastropathie très légère.

Deuxième groupe. — Les phénomènes neurasthéniques marchent de pair avec les phénomènes gastriques.

Observation III. — • Marie P..., 27 ans. Souffre de l'estomac depuis trois semaines seulement.

Elle se plaint de crampes d"estomac 1/4: d'heure après avoir mangé; en même temps il y a du ballonnement du ventre, des éructations ubon-

dnntos qui (1iii'(miI près de doux heures, du pyrosis. Après le repas aussi envie irrésistible do dorniir. Sang à la loto, dyspnée, lolo lourde, lég-ère céplialalgie, quelques vertiges. Palpitations de eœur. Jamais de voniissemonls.

Tous ees malaises se calment après deux ou trois heures.

Dans rintorvallo des repas, phénomènes neurasthéniques, typiques, cercle de fer autour do la tète, clou à la nuque: vertiges, fatigue perpétuelle, palpitations. Sommeil léger entrecoupé de cauchemars. Pas de stigmates d'hystérie. Bonne santé habituelle.

Tous les troubles locaux et généraux paraissent avoir éclaté sous l'influence du surmenage. La malade a eu en elfet à travailler plus que de coutume et plusieurs fois par semaine elle passait ses nuits à travailler.

L'estomac n'est pas dilaté. Il occupe les limites normales.

Élimination normale. Pas de stase.

Chiniisine : Acidité totale = L057 Chloi'c total — 3.20

Gunzbourg — réaction nulle Chlore fixe =1.70

Vert brillant = Réaction sensible (H + C) = 1.50

mais peu marquée Uiïelmaun = 0 Peptones = assez abondants La malade est soumise à l'alimentation artilicielle, au gavage, à la poudre de viande, aux douches. En peu de jours, amélioration notable. La malade sort au bout de 15 jours presque complètement guérie.

Il s'agit ici d'un cas d'intensité moyenne. Les symptômes gastriques sont plus accentués. Le chimisme stomacal est caractérisé surtout par une diminution notable de (H -j-C), mais la chlorurie T est presque normale. C'est là un signe favorable.

Observation IV. — Paul B..., 33 ans. Souffre de l'estomac depuis peu de temps: 3 mois seulement; à ce moment il a perdu son père et un enfant coup sur coup. Grand chagrin. Depuis ce temps-là abattement et fatigue perpétuelle.

Phénomènes neurasthéniques prononcés. Maux de tète, vertiges, douleurs vertébrales.

Phénomènes gastriques : Anorexie. Gonflement do l'estomac peu de temps après le repas. Sensation de pesanteur au creux é|)igastrique. Ballonnement. Eructations. Envies de dormir, vertiges. Céphalalgie plus intense. Tous ces phénomènes durent environ deux heures.

La langue est propre ; les selles régulières et normales, les urines peu abondantes, renfermant 12 gr. 5 d'urée en 24 heures. Le malade est nerveux, facilement impressionnable, craintif et d'un caractère timide.

L'estomac dépasse légèrement l'ombilic, mais il n'y a pas de clapotage à jeun, et l'élimination se fait régulièrement.

Cliimisntc : Acidité totale = 0.80 Gunzboui'o- — 0 Vert brillant =0 Peptones = R. faible

Chlore total = 2.90 Chlore fixe = 1.55 (II + 0 = 1.35

Le malade est resté 2 mois à Tiiopital. Pendant ce temps il a été soumis à l'hydrolhépapie, bains froids trois fois par semaine, gavage quotidien avec 60 grammes de poudre de viande et 10 grammes de bicarbonate de soude; amélioration rapide. Le malade sort de l'hôpital tout à fait guéri. Nous l'avons revu depuis, il se porte toujours foi't bien.

Chez ce malade l'état g-énéral et l'état local étaient notablement plus graves que chez la malade de I bbservation VL L'amélioration s'est fait plus longtemps attendre. Dans la pratique ce sont des cas de ce genre qu'on rencontre le plus souvent. La maladie résiste longtemps. Néanmoins en pratiquant la suralimentation et en soignant l'état général, on guérit les malades.

Voici encore une observation de ce genre :

Observation V. — Alfred V..., 39 ans, entre à l'hôpital au mois d'octobre 1891. Les douleurs d'estomac ont commencé il y a 7 ou 8 mois. Antécédents, fièvres intermittentes. Colique hépatique intense avec jaunisse il y a 2 ans. Pas d'autres maladies.

Constitution très robuste. Caractère assez calme, tranquille. Idées noires, hypochondrie. Pas d'hystérie.

Il y a 15 mois il vint à perdre sa femme ; il eut <à ce moment de grands tourments et se fatigua beaucoup pour la soigner. Sa femme mourut. Grand chagrin. De plus, excès de travail pour gagner sa vie et soigner ses enfants.

C'est après 5 à G mois de surmenage qu'il commença à soullVir de l'estomac. Les phénomènes qu'on note sont les suivants ;

Appétit moyen; douleurs après le repas éclatant 1/2 heure ou 3/4 d'heure après le repas. Sensation de constriction thoracique et de brûlure. Ballonnement considérable du ventre. Eructations abondantes ramenant quelques parcelles de matières alimentaires que le malade crache. Ces matières sont très acides et brûlent la gorge. I^yrosis. Rarement de véritables vomissements. Si par hasard il s'en produit les douleurs du malade cessent comme par enchantement.

Tous ces ])hénomènes durent environ 3 heures puis disparaissent.

Phénomènes neurasthéniques assez prononcés. Depuis 3 ou 4 semaines, palpitations toute la journée s'accentuant au moment des repas. Pourtant rien au cœur.

Dyspnée paraissant après les repas. La nuit sommeil agité, cauchemar. Céplialalgie, diminution notable des forces. Légère hémianesthésie droite. Vertiges, casque neurasthénique, clou à la nuque.

L;\no-uo propre. Selles régulières, plutôt uu i)eu do constipation. Urines peu abondantes, peu d'urée, environ 14 gramme en 24 heures.

L'estomac ne paraît pas dilaté à la percussion. 11 n'y a pas de clapotage le matin à jeun. Donc aucun trouble de la motricité,

C/iiinisnic : Acidité totale = 1.10 Chlore total = 2.95

Gunzbourg =0 Chlore fixe = 1.50

Vert brillant — 0.

Évaporation = couleur jaune du

résidu.

Peptones = q. s.

Le malade est soumis au traitement. L'état gastrique s'améliore un peu. Le malade reprend de riipi)étit et des forces ; mais les symptômes neurasthéniques restent rebelles et au bout de 6 semaines le malade sort incomplètement guéri.

Dans les trois observations précédentes, le chimisme est diminué, inférieur à la normale. Dans l'observation suivante le chimisme est normal. Cas rare mais qu'il importe de signaler.

Observation VI. — Émile E..., 38 ans, lithographe, soufTre de l'estomac depuis 1 an.

Autcccdciits hcrcdilaircs. — Parents très nerveux. Mère nerveuse, hystérique ; souvent mal à l'estomac. Un frère nerveux, souffre de l'estomac.

A/itccédciiis personnels. — Convulsions étant jeune, migraines fréquentes. Névralgies. EtoulTements et palpitations. Jamais de maladies sérieuses. Pas de maladies constitutionnelles.

Appétit à peu près conservé. Mais aussitôt après avoir mangé, sensation de poids épigastrique avec irradiations dans le côté droit et dans le dos. En même temps, ballonnement du ventre, le malade est obligé de desserrer son pantalon. Eructations très abondantes. Pas de pyrosis. Jamais de vomissements.

Envies de dormir. Rougeur de la face. Dyspnée et palpitations de cœur très intenses. Sensation de constriction à la gorge, vertiges. Céphalalgie. Tous ces phénomènes se dissipent si le malade dort 1/2 heure.

La douleur dure jusqu'à 3 ou 4 heures de l'après-midi, puis disparaît. Langue saburrale. Constipation habituelle. En dehors des repas le malade a de la céphalalgie, des vertiges, hyperesthésie de la région vertébrnle, froid aux extrémités. Pas de dépression, malade assez gai.

Très émolionnal)le ; battements de civxw très violents.

Les fatigues, les ennuis, toutes les impressions morales et pliysi([ues aggravent notablement son état. Etat général excellent. Tous les organes sont sains.

L'estomac n'est pas dilaté. Le lavage à jeun inoiitrc que l'estomac est vide.

Chimisinc : Acidité totale = 1.70 Chlore total = 3.20

Gunzl)ourg = Réaction nette Chlore fixe =1.20

Vert brillant = Coloration vert pré MCI =0.50

Evaporation = Résidu très noir Chl. combiné=1.50 Peptones = q. s.

Chimisme à peu près normal (II -|- G) =2.00

TROISIÈME GROUPE. — Il cst composo de malades chez lesquels les troubles neurasthéniques sont très prononcés et les troubles gastriques, quoique assez accentués,, sont rélégués au deuxième plan. L'état général domine l'état local.

Observation VII. — Paul S..., courtier d'aiïaires.

Antécédents /léréditaires. — Mère très nerveuse, attaques de nerfs, a soufTert très longtemps de l'estomac. Morte à 42 ans, phtisique. Père calme, pas nerveux, mort subitement.

Antécédents personnels. — Jamais de maladies, migraines fréquentes. Fièvres intermittentes au Sénégal. Dysenterie. Alcoolisme avoué, mais aucun stigmate d'intoxication.

Il y a trois ans, grands chagrins, mort de deux enfants et de sa femme ; revers de fortune à la suite descpiels hypochondrie et neurasthénie très accentuée. Un an après le mal d'estomac est survenu, qui s'est aggravé graduellement. Actuellement les symptômes gastriques datent d'un an 1/2.

Voici ce qu'on observe actuellement : Le matin en se levant le malade a des vertiges avec nausées, mais jamais il n'a vomi ni glaires ni pituites. Quelquefois, au contraire, il a des fringales, envie de manger. Il n'y a pas à proprement parler de douleur d'estomac à jeun.

Vers midi le malade a faim, et si sa faim n'est pas satisfaite il a du vertige, des douleurs dans les bras, de la défaillance.

Il se met <à tiible et mange, mais il est de suite rassasié et en sonune il mange fort peu. Après le repas il a envie de dormn^ ; le sang lui monte à la tête, il devient très rouge, a des palpitations, des vertiges, ([uelquefois des sensations de chute. Son estomac se ballonne. Il doit desserrei" ses vêtements. Éructations abondantes. Pyrosis très marqué qui ramène dans la bouche des parcelles alimentaires acides que le malade crache.

En môme temps, 1/2 ou 3/4 d'heure après le repas, tiraillenicnts dans l'estomac, poids, constriction. Pas de brûlures.

Tous ces phénomènes durent longtemps, jusqu'à 4 ou 5 heures du soir. Quelquefois, vomissements provoqués ou spontanés. Le soir le malade mange peu pour ne pas troubler sa nuit. Langue propre. Constipation. Phénomènes nerveux très accentués. Casque neurasthénique, clou à la

nuque, plaque sacrée. Ilypoclioiuli'ie marquée, le malade rechercherisolement. Il aime la solitude, pleure facilement.

Hyperesthésie très prononcée de la moitié gauclio du corps. Un jour, à la suite d'une indigestion plus prononcée, picotements plus fort.« dans le côtég-auche de la face et dans le meml)re supérieur gauche. Maladresse de la main gauche, un peu do faiblesse sur jambe gauche ; diminution très notable de la force au dynanomètre. Du reste, santé générale excellente. Endjonpoint sans obésité. Organes sains.

L'estomac n'est pas dilaté. A jeun, très léger clapotage. Lavage de l'estomac ; l'eau ressort un peu teintée en vert. C/ii/nis/ne : Acidité = L20

Gunzbourg = Réaction nulle Chlore total = 3.00 Vert brillant = 0 Chlore fixe = L30

Évaporation = 0 (II + C) =1.70

Peptones = q. s.

Le malade est soumis au régime habituel. Au bout de peu de temps son état gastrique s'améliore beaucoup, ses digestions deviennent très bonnes, et il mange avec appétit. Mais sa neurasthénie persiste et les phénomènes d'hyperesthésie et de parésie du côté gauche ne se modifient nullement.

Observation VIII. — Lucien L..., 34 ans.

Antécédents liéréditaircs. — Père alcoolique, nerveux, emporté. Mère, pas (le tare nerveuse. Une sœur a des attaques d'hystérie. Un frère est, comme lui, affecté de douleurs gastriques.

Antécédents personnels. — Bonne santé habituelle. Pas de grandes maladi(\s. Pourtant depuis très longtemps peureux, craintif. Elant enfant il avait des peurs terribles quand son père rentrait ivre à la maison. Toujoui's il est resté méfiant, ombrageux, triste. Caractère hypochondriaque très prononcé. Il s'isole de tous ses camarades, reste couché toute la journée; ne parle à personne. Phénomènes neurasthéniques très prononcés. Dépression générale. Affaiblissement très marqué malgré conservation des masses nuisculaires. Dynamomètre, 35 main droite. Malaise, fatigue, abattement. Envie de dormir perpétuelle. Vertiges, surtout le matin en se levant. Tintements d'oreille, mouches volantes devant les yeux.

Casque neurasthénicpie, sensation de vide cérébral, clou à la nuque, pla(iue sacrée. BoufT(!es de chaleur tà la face, refroidissement des extrémités.

Affaiblissement du sens génital, j)ertes séminales très fréquentes et abondantes. Sommeil agiti;, rêves ot cauchemars. Palpitations de cœur, crises dyspnéiciues.

L'estomac ne le fait pas souffrir en dehors des repas. Pourtant souvent, le matin au réveil, il a des boi-borygmes, des éructations, quelquefois des crampes d'esUunac, sous forme de fringales.

L'appétit est conservé, le malade a faim. Mais l'ingestion des aliments

1/2 heure ou 3/4 d'heure après, est suivie de ballonnement, de renvois, d'éructations, de pyrosis. La douleur est intense. Elle est crampoïdc, s'irradiant le long- des fausses côtes et dans le dos. Jamais de vomissements. Tous ces phénomènes durent pendant deux ou trois heures puis disparaissent, mais le malade dit avoir une douleur perpétuelle ([uoi(pie lég-ère au creux de l'estomac En même temps que ces phénomènes locaux, il y a des palpitations, du vertige, de la céphalalgie, des boud'ées de chaleur.

La crise paraît plus forte le soir. Elle augmente sous rinlluence d'ennuis, de contrariétés, d'idées noires.

L'estomac dépasse un peu l'ombilic et les fausses côtes gauches. Il n'y a pas de clapotage à jeun. La sonde ne retire rien de l'estomac à ce moment.

CInmismc : Acidité totale = LOO Chlore totar= 2.80

Gunzbourg et vert brillant = Nul Chlore fixe = L20 Peptones = q. s. (H + C) — l.GO

Le malade a été soumis au traitement habituel. L'état gastrique a été peut-être un peu amélioré, mais le malade est sorti de l'hôpital incomplètement guéri.

Quatrième groupe. — Il se rapporte aux dyspepsies neurasthéniques graves.

Observation IX. (Mathieu. La neurastlicnie.) — Un jeune homme, marin de la division de Cherbourg, luttant avec des amis.

Il fut brusquement et violemment renversé sur le plancher. Secousse générale intense, mais se releva sans mal.

Jusque-là il était fort, vigoureux, agile, gai, dispos.

Dès le lendemain, il était sombre, triste, préoccupé de sa santé, incapable de tout travail, de toute occupation.

Neurasthénie aussi bien caractérisée que possible. Lourdeur de tête, sensation de vide dans la tête, tristesse, préoccupations hypochondriaques habituelles, faiblesse générale. Insomnie,

Phénomènes accentués de dyspepsie nervo-motrice.

Par crainte du malaise éprouvé après le repas, le malade diminuait son alimentation ; de là un état de demi-inanition et tendance à la cachexie Peau jaunâtre, sèche, amaigrissement accentué. Malade se confine à la chambre sans vouloir sortir. Aucun stigmate hystérique.

Le malade, soumis au traitement, se remet assez rapidement, et actuellement il est bien portant.

Observation X. — Ferdinand M..., lunetier, 36 ans. Antécédents /léréditaires : nuls.

Antécédents personnels. — Très chétif étant enfant. Convulsions. Parents violents, peurs très fréquentes. Caractère toujours chétif.Homme laborieux. Très bien portant. Aucune maladie.

Il y a deux ans a eu de vives contrariétés. Est devenu rapidement hypochoiidriaqiio. Idées noires, neurasthénie.

Peu de temps après, douleurs d'estomac. Ces douleurs ont éclaté à l'occasion d'un traumatisme. Coup de poing au creux de l'estomac reçu en se battant avec un camarade.

Phénomènes de dyspepsie asthénique : douleurs après le repas, pyrosis ballonnetnent extrêmement prononcé du ventre. Eructations extrêmement abondantes et soulageant beaucoup le malade. Vomissements presque à tous les repas.

Pourtant le malade continua à travailler pendant 6 mois, peu à peu les phénomènes neurasthénicpies apparurent avec céphalalgie gravative ; douleurs dans la colonne vertébrale, dépression générale.

L'état gastrique s'aggrava. Les douleurs devinrent intolérables.

Broiement au creux épigastritjue avet) irradiations dans le dos. Vomissements incoercibles, Anuiigrissement progressif. Diarrhée profuse. C'est dans cet état ([u'il s'est décidé à entrer à l'hôpital.

Le malade est extrêmement amaigri. Il se traîne à peine et pour l'amener au lal)oratoire on est obligé de le porter.

Il se plaint des mêmes phénomènes que nous avons rapportés plus haut. Pourtant il prétend vomir beaucoup moins. En revanche, la diarrhée est plus prononcée.

L'appétit est tout à fait nul. Quelquefois le malade vomità jeun quelques glaires et quelques aliments de la veille.

11 a des phénomènes neurasthéniques assez prononcés, mais cependant moins prononcés fjue ne semblerait faire prévoir son état de faiblesse. Le malade n'a aucune alTection organique : les poumons sont sains.

L'exploration de l'estomac est intéressante. L'estomac est dilaté et atteint le milieu de l'espace compris entre le pubis et l'ombilic. Il clapote longtemps après les repas et le malin à jeun. L'exploration par la sonde démonti-e chaque matin la présence de résidus alimentaires de la veille. Il y a donc stase gastrique.

(;/u'm<sA«e .• Acidité totale = 0.36 Chlore total =: 1.30

Gunzbourg et vert brillant = 0. Chlore fixe = 1.00

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