‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 143 sur 672 · WVERNLE · texte numérisé non relu

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permettent d'y voir un élément tardif de la rédaction; dans la source où l'histoire de la veuve était associée à celle de l'ami importun, elle n'avait aucune raison d'être, la morale des deux paraboles résultant assez clairement de leur contexte. On remarquera que, dans la réflexion finale, c'est le Christ qui est juge, et non pas Dieu, comme dans l'application de la parabole.

Luc, xvin, 9. Il dit aussi à certains, qui s'étaient persuadé qu'ils étaient justes, et qui méprisaient les autres, la parabole suivante : 10. « Deux hommes montèrent au temple pour prier, l’un pharisien, et l’autre publicain. 11. Le pharisien, debout, fit en lui-même cette prière : « O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, (qui sont) voleurs, injustes, adultères, on bien aussi comme ce publicain. 12. Je jeûne deux fois la semaine; je donne la dîime de tous mes profits. » 13. Le publicain, se tenant à distance, n'osait pas même lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : « O Dieu, aie pitié de moi qui suis un pécheur. » 14. Je vous le dis, celui-ci est descendu chez lui justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. »

Le publicain va fournir un exemple de la prière que Dieu exauce, et qui est la prière d’un humble. La parabole est censée dirigée contre « certains qui s'étaient persuadé qu'ils étaient Justes, et qui méprisaient les autres ». Toutefois ce n'est pas seulement à leur sujet que la parabole a été prononcée: on dit qu’elle leur a été adressée à eux-mêmes. Le vague de la formule donne à penser qu'elle a été suppléée par l'évangéliste, comme celle qui introduit la parabole précédente, et par le même moyen, c’est-à-dire par une conjecture fondée sur le récit même. Si les personnes visées ne sont pas des pharisiens, ce sont des gens qui leur ressemblent fort. L’évangéliste a pensé aux pharisiens !, mais il a évité de les nommer, parce qu'un pharisien figurait dans le récit. Luc n'a certainement pas pensé à des disciples ?. Les pharisiens se croient irréprochables parce qu’ils observent exactement la Loi. Jésus a condamné cette justice avant Paul. La confiance que ces orgueilleux ont en eux-mêmes est blâmée, sans que l’on signifie

par là qu'il faut se confier seulement en la grâce de Dieu, et espé-

ACC EP 2. Schleiermacher, de Wette, Bleek, ap. J. Wriss, 563.

tout exprès à un groupe de pharisiens ; la leçon qu’elle renferme À

rer de devenir juste, non croire qu'on le soit. Luc a en : exagérée de soi-même, avec le mépris qu’elle inspire à 1 égarc autres hommes quels qu'ils puissent être. É

Cette introduction ne fait pas loi pour l'explication de la " bole, et l’on n'est pas obligé d'admettre que celle-ci ait été dite

est d'une portée générale, et ne contient pas la critique d'une catégorie de personnes ; elle a été dite devant un auditoire qui avait besoin d'apprendre qu'un publicain repentant est plus près de E Dieu qu’un pharisien orgueilleux ; mais cet auditoire n’a pas dû être composé uniquement de gens qui se trouvaient dans les dispositions du pharisien, et il n'est même pas nécessaire de supposer que Jésus aurait eu en vue quelques personnes de ce genre, présentes au milieu d’autres qu'il n'aurait pas eu l'intention d'instruire. Bien que l'histoire se passe à Jérusalem, l’évangéliste a pensé qu'elle avait pu être contée ailleurs. En effet, elle a pu être dite aussi bien en Galilée, car son contenu ne la rattache pas spécialement aux derniers temps de la prédication du Sauveur.

Un jour, deux hommes montèrent ! au temple pour adorer Dieu, peut-être à l’une des heures habituelles de la prière, et parce que la prière dans le temple était jugée plus efficace. L'un de ces deux hommes était pharisien , l’autre publicain. L'identité de la démarche, du lieu et du temps, va faire ressortir la différence de leur prière. Le premier ?, debout * dans le ‘parvis, selon la coutume, maïs bien en vue et plein d'assurance, fait une prière “ qui ressemble pour la forme à une action de grâces, et qui n’est pas autre chose au fond

-4. Le temple étant situé sur une éminence, on y « montait » de la ville. -

2. Ce rang convient au personnage du pharisien, comme, dans Le. x, 31-32, le prêtre passe avant le lévite.

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