‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 144 sur 672 · Cf. Me xr · texte numérisé non relu

Cf. Me xr

&. V. 11. sadra ro0s Eaurov rpoonyero. L'imparfait ne signifie pas que cette prière fût l’oraison ordinaire du pharisien, mais est en rapport avec la longueur du discours (JüLicner, II, 601); taÿra est pour la précision du récit, comme si le narrateur faisait une citation textuelle; ce mot n'équivaut pas à oùrws ou à rovadra; rpôc éautéy ne veut pas dire « à soi » ou « pour soi », mais « en soi », pour marquer que la prière n'était pas faite à haute voix, et ne devait pas être entendue; ce détail est omis dans quelques témoins (N, mss. lat. sah. aeth.). D lit xa@’£aurov orafeis. Les autres placent zpûs Éavrôv soit après taÿra (BL, Vg.), soit avant (A et la plupart des onciaux).

qu'un orgueilleux monologue où cet homme se délivre à lui-même un certificat de perfection, écrasant de son mépris tous ceux qui ne comprennent pas à sa façon la piété, notamment le publicain présent avec lui dans l’enceinte sacrée. Par « le reste des hommes », le pharisien n'entend pas le genre humain tout entier à l'exception de lui-même, mais les gens de sa connaissance qui ne sont pas des pharisiens ; il partage les hommes en deux catégories, ceux qui lui ressemblent, et les autres; il.se félicite de n'avoir pas les défauts de ceux-ci, car 1ls sont, selon lui, voleurs, fraudeurs, adultères ; il est heureux, en particulier, de n'être pas comme ce vil publicain, qui arrive tout à propos pour lui fournir un terme spécial et avantageux de comparaison !. Sa classification n'est pas rigoureuse ; il parle du monde pécheur, sachant bien que tous ne sont pas à la fois voleurs et adultères, et il ne fait pas non plus des publicains un groupe en dehors de ce monde perverti. Il se félicite de n'être pas un publicain violateur de la Loi, mais un pharisien qui fait plus que la Loi n'exige. En énumérant ses bonnes œuvres, il ne considère pas si elles lui sont propres ou si elles viennent de Dieu, et l’on n'a aucun motif de supposer que le remerciement soit hypocrite. La sincérité des deux prières n’est pas en question, et le contraste a pour objet les sentiments exprimés ”?. Le pharisien est naïvement heureux et fier de sa fidélité. Il a deux jours de jeûne par semaine, le lundi et le jeudi?, et il prélève la dîime, non seulement sur les principaux fruits de la terre et des troupeaux, mais sur tous ses profits. La traduction : «Je donne la dime de tout ce que je possède », est inexacte et renferme une impossibilité. Le pharisien se gardait bien de s'appauvrir en décimant constamment son patrimoine. L'interprétation naturelle du texte est qu'il donne le dixième de tous ses revenus, tandis que la Loi réclame seulement la dîime des produits de la terre et du bétail ; on atténue sans nécessité le sens de ce pas-

1. V. 11. fxai de 0370s zekwvns, signifie « ou bien encore comme ce publicain », non pas « ou bien surtout », ni « ou bien seulement ». Le publicain n’est ni plus ni moins méprisé que « les autres hommes »; et ce n’est pas sa personne qui est méprisée, mais son état; le pharisien le connaît comme publicain, sans rien savoir de plus sur son compte. Jüzrcner 11,603.

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