‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 152 sur 672 · EUR · texte numérisé non relu

EUR

Capharnaüm ; elle désigne la maison où Jésus 'avait reçu l’hospitalité, dans l'endroit où les pharisiens l'interrogèrent ; ou bien elle signifie que les paroles qu'on va lire ont été dites aux disciples en particulier ; et il est plus probable encore que cette transition a été ménagée pour amener la parole sur le divorce, qui se lit dans le discours sur la montagne, et que Marc a pu prendre dans la source où a puisé le rédacteur du discours.

On a vu que cette sentence, dans sa forme originale, devait être ainsi conçue : « Je vous dis que quiconque répudie sa femme lui fait commettre un adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère. » Elle a été reproduite en ces termes par Luc. Marc paraît l’avoir modifiée pour l'adapter plus exactement aux mœurs de la société où vivaient ses premiers lecteurs. Non content de dire que le mari qui répudie sa femme pour en épouser une autre commet un adultère à l'égard de la femme qu il a renvoyée, il ajoute que la femme aussi, quand elle se sépare de son mari, quand elle le « répudie », pour en prendre un autre, commet un adultère !. La femme pouvait prendre l'initiative de la séparation chez les Grecs et les Romains, non chez les Juifs. Le cas d'Hérodiade est une exception qui n’a guère pu être visée par Jésus, et qui ne se présentait pas comme un simple divorce.

Il se pourrait néanmoins que cette seconde leçon sur le divorce qui vient en explication de la première, et dans les mêmes conditions que l'explication du Semeur et celle de la parole sur ce qui souille l’homme, fût aussi une glose traditionnelle, qui aurait complété l’enseignement de Jésus par celui de Paul ; le caractère pratique de cette glose lui aurait valu d'entrer, avec adaptation au judéochristianisme, dans une rédaction secondaire du recueil de discours, où Matthieu et Luc l’auraient connue.

Le rédacteur du premier Évangile arrange et complète les don-

1. V. 12. za day adth àrxoAVoaoa roy &ydoa adtAc yauon &Aoy moryätar. Cf. I Cor. vit, 10-13, dont Marc peut dépendre. Il convient de noter la variante de D (Ss.) dans Mec. 12 : xai ëav yuvn #el07 àxo roù avdpoc arts al &AoY yauon, qui se rapproche davantage de Paul, et n’exprime pas l'hypothèse, qu'un écrivain d’origine juive ne pouvait guère prêter à Jésus, d’un divorce proprement dit, résolu par la femme. Le rapport avec Paul est encore plus frappant dans Ss. : « Une femme qui quitte son mari, et qui est épousée par un autre, commet un adultère ; et un homme qui quitte sa femme, et en épouse une autre, commet un adultère.» WELLHAUSEN, Mc. 84, adopte la leçon de D.

Page 1