‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 181 sur 672 · Mc: x, 322, 28; Mr. x1x · texte numérisé non relu

Mc: x, 322, 28; Mr. x1x

Matra. xx, 1-16.

En apparence, cette parabole se rattache aux derniers mots du chapitre précédent ; mais elle ne les explique pas en réalité, puisque, dans ce discours du Sauveur, les premiers qui deviennent derniers sont exclus du royaume des cieux, tandis que, selon la parabole, premiers et derniers sont admis, puisqu'ils reçoivent tous la même récompense. Prise en elle-même, la parabole complète l’enseignement déjà donné touchant la récompense éternelle : on vient de voir que cette récompense est assurée à quiconque renoncera aux biens et aux joies de ce monde ; on apprend ensuite qu'elle ne laisse pas d'être un don de Dieu, et qu'elle n’a pas, ainsi que l’entendaient les pharisiens, le caractère d’une rétribution proportionnée au temps passé dans la pratique de la religion, et à la quantité des œuvres de piété; il faut l'avoir méritée en quelque façon, mais la bonté divine supplée à ce qui semblerait manquer au mérite de plusieurs.

Matra. xx, 1, « Car le royaume des cieux est semblable à un chef de maison qui sortit de grand matin, afin d'engager des ouvriers pour sa vigne. 2. Et étant convenu avec les ouvriers d'un denier pour la journée, il les envoya à sa vigne. 3. Et sortant vers la troisième heure, il en vit d’autres qui se tenaient sur la place à ne rien faire, 4. et 1l leur dit : « Allez, vous aussi, à la vigne, et je vous donnerai ce qui sera juste. » Et

ils yallèrent. 5. Et sortant de nouveau vers la sixième et (vers) la neuvième -

heure, il fit de même. 6. Et vers la onzième heure, étant sorti, il ne trouva d’autres qui se tenaient là, et il leur dit : « Pourquoi restez-vous ici toute la journée à ne rien faire ? » 7. Ils lui dirent : « Parce que personne ne nous a engagés. » Il leur dit : « Allez, vous aussi, à la vigne. » 8. Et le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : « Appelle les ouvriers, et donne le salaire en commençant par les derniers, jusques aux premiers. » 9. Et ceux de la onzième heure étant venus, reçurent chacun un denier. 10. Et les premiers, venant (à leur tour), croyaient qu'ils recevraient davantage ; et eux aussi reçurent chacun un denier.

11. Et en le recevant, ils murmuraient contre le chef de maison, 12. disant : « Ces derniers ont travaillé une heure, et tu les as rendus égaux à nous qui avons supporté le poids de la journée et la chaleur. » 13. Mais, prenant la parole, il dit à l’un d'eux : « Camarade, je ne te fais pas tort. N'es-tu pas convenu d'un denier avec moi. 14. Prends ce qui te revient, et va-t-en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi: 15. n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de ce qui est à moi ? Ou bien es-tu jaloux, parce que je suis bon? » 16. C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers derniers. | Car il y a beaucoup d’appelés, et peu d'élus. »

Il en est du royaume des cieux comme d’un chef de maison ! qui s'en est allé de bon matin recruter des ouvriers pour travailler à sa vigne. Ce sont des mercenaires loués à la journée, qui travaillent pour le salaire, et tiennent à gagner le plus possible. Le maître est parti dès l'aurore, comme :il convient en pareil cas, et il débat avec les ouvriers qu'il trouve disponibles le prix de la journée entière, un denier. C'était probablement le prix moyen d'une journée de travail ?. On sait que les anciens partageaient le jour et la nuit chacun en douze heures, qui étaient de longueur inégale suivant les saisons. La troisième heure du jour correspond donc approximativement à neuf heures du matin. Il y avait de la besogne dans la vigne pour plus de gens que le maïtre n'en avait recruté d'abord. Le maitre sort une seconde fois, et il voit encore, sur la place publique, des gens qui attendaient une occasion de travail. C'est en cet endroit sans doute que venaient les chercher ceux qui avaient besoin d'eux. Le maïtre les engage, mais sans fixer de prix, puisque la journée est commencée ; il promet seulement une rétribution convenable, et les ouvriers s'en rapportent à sa parole. Les choses se passent de la même façon à midi et vers trois heures.

Quand il ne restait plus qu'une heure de jour, il recrute encore des hommes qui étaient sur la place, à ne rien faire, bien qu'ils ne dussent plus avoir l'espérance d'être employés. Ils disent n'avoir pas trouvé d'ouvrage durant la journée, ce qui doit être vrai, mais ne signifie pas qu'ils en aient beaucoup cherché. S'ils touchent le prix de la journée, ce n'est pas à cause de leur bonne volonté depuis

4. V. 1. ôuoia yép art n Batista =üv odcavüy avfowrw oixoèesr6en. Cf. Mr. xxn1, 2; xxv, 1, et pour l'explication de la formule, x, 24; I, 766 ; pour « l'homme maître », xt, 52; I, 789.

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