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cours convient mieux au Christ glorieux qu'au Christ de l’histoire. Dans Matthieu, il n'est question que du jugement, non du festin messianiqne. La mention du festin aura été introduite ici pour le raccord avec la cène eucharistique !. On a supposé ? que Luc avait pu avoir en vue, comme Matthieu, une participation des apôtres au Jugement dernier. Cependant l’évangéliste semble avoir songé, conformément à la source primitive, à un privilège ordinaire, non à une fonction transitoire. Mais on ne saurait dire s'il entendait que les apôtres régneraient sur tous les élus, les Gentils étant incorporés aux tribus d'Israël, ou bien sur celles-ci seulement, que Jésus lui-même avait en vue, sans égard aux Gentils. Par la forme toute personnelle qu'il donne à cette attribution des trônes, Lue a fait en sorte que Jésus, qui se refusait, dans Marc, à déterminer la place de ses apôtres dans le royaume, dispose d'avance et souverainement de ces places pour les assigner à ses fidèles. Le texte de la promesse dans Matthieu ne suppose que la destination providentielle des douze trônes aux douze apôtres.
Il y avait donc une tradition qui promettait des trônes aux douze apôtres, et une autre qui, peut-être à propos des trônes convoités, invitait les apôtres à se regarder comme les serviteurs de leurs frères, à l'exemple de leur Maître. Marc n’a connu ou voulu retenir que la seconde. Matthieu a connu et retenu les deux, mais il les exploite séparément. Luc met bout à bout les deux traditions, avec une suture de sa façon. Toutes les deux peuvent être authentiques, attendu qu'elles sont également conformes à l'esprit de Jésus; mais elles n'ont pas le même objet ; car la promesse des trônes concerne le rôle des apôtres quand arrivera le règne de Dieu, et l'obligation du service concerne aussi leur devoir dans le présent. La combinaison de cette leçon avec la demande des Zébédéides étant artificielle, la source de Luc serait primitive relativement à Marc. Aux prétentions qui se manifestaient dans le sein du collège apostolique Jésus aurait répondu en rappelant la loi du sacrifice évangélique. La requête des Zébédéides, qui remplace dans Marc la promesse des trônes, serait suspecte comme tradition historique. Luc doit avoir aussi mieux gardé le texte de la leçon.
1. B. Weiss, Lk. 639. Ce commentateur observe avec raison qu'il n'est pas du tout nécessaire d’être associé à la royauté pour manger avec le roi. 2. J. Wiss, Lk. 623.