LES
hommes que la gloire : à l'occasion du salut messianiqu la paix des cieux, et l’on s'associe aux louanges que le
L célestes rendent à Dieu !. Soit par une réminiscence de Za 1e soit pour donner un équivalent de ce qu'on lit dans Marc toucha ; « la royauté de David », Luc amplifie la formule d’acclamation « Béni soit le roi ? qui vient au nom du Seigneur ! »
Marc, x1, 11. Et il entra à Jé- Marru. xx1, 10. Et quand il enrusalem, dans le temple; et après tra dans Jérusalem, toute la ville avoir tout examiné, commeil sefai- fut en émoi, disant : « Qui est celuisait déjà tard, il se retira vers Bétha- ci? » 11. Et la foule disait : « C'est nie avec les Douze. le prophète Jésus, de Nazareth en
Galilée. »
Marc ne dit rien de l'impression que l’arrivée de Jésus produisit sur la population de Jérusalem. Il se contente d’observerque le Sau- | veur, étant entré dans la ville, se rendit au temple et regarda attentivement ce qui s'y passait, puis se retira bientôt, parce quil était déjà tard, afin de retourner prendre gîte à Béthanie. Le triomphe messianique est indépendant de la purification du temple : ce sont "1 deux accomplissements de prophéties entre lesquels Marc mentionne, en manière de transition, l'entrée du Christ à Jérusalem, avec retour de Jérusalem à Béthanie, puis de Béthanie à Jérusalem.
Lie
3 On a dit que Jésus, venant pour la première fois à Jérusalem, s trouvait tout nouveau dans la ville et dans le temple: Mais, en notant . que Jésus examina tout dans le lieu saint, Marc ne présente pas le 3 Sauveur comme un provincial qui aurait vu pour la première fois
la ville sainte et le temple de Dieu ; il veut seulement préparer la scène du lendemain. Jésus remarque tout ce qui se fait dans les parvis ; mais il n'entreprend pas ce jour-là de supprimer le scandale qu'il trouve dans la présence des vendeurs, parce qu'il y fallait quelque réflexion, et que la journée était trop avancée pour tenter quoi que ce füt*. Cependant Mare exclut tout séjour du Christ
vs
POUR re MEET
| Lai
: 1. Noter la correspondance avec xvin, #3 b, supr. p.251, qui prélude à l’explosion d'enthousiasme de xix, 37-38.
ï. 2. Ce « roi » est celui de la parabole, xx, 12-15.
à 3. Horrzmanx, 90 ; WELLHAUSEN, Mc. 94.
> 4. VA. ua sion AMey els ‘Teposohuua etc 50 tepôv (Ss. : « Etils entrèrentà Jérusalem,
ÿ4 et il entra dans le temple. » C'est le temple qui était le but de l'entrée à Jéru-
à Jérusalem depuis le commencement de sa prédication. Il faut qu'il y ait du nouveau dans la situation, pour expliquer l'attitude de Jésus. Cette nouveauté est l'exercice même de son ministère. Dans les pèlerinages qu'il avait pu faire antérieurement, Jésus n'avait contrôlé en aucune façon tout ce qui se passait dans le temple ; maintenant il observe, parce qu'il a qualité pour juger. I fait la visite de Messie, et cette visite est la première.
Son retour à Béthanie pourrait faire penser qu'il y avait des connaissances. Ce retour était prévu dans le récit, puisque les disciples avaient promis de ramener l'âne. Il ne s'ensuit nullement que les propriétaires de l’âne aient été les hôtes de Jésus, ni qu'ils l’eussent connu antérieurement. Les gens chez qui le Sauveur a logé pouvaient tout aussi bien être en relation avec quelqu'un de ses disciples, à moins que Jésus lui-même n’ait cherché un gite à Béthanie parce qu’il préférait ne pas loger à Jérusalem. On nest pas obligé de supposer qu'il ait été en rapport avec Simon le lépreux dans les pèlerinages qu'il avait dû faire précédemment, comme simple particulier. Toujours est-il que Matthieu et Luc avec lui, soit d’après lui, soit d’après une source commune, ont omis le délai d'un jour qui est apporté, dans Marc, à la purification du temple, peut-être parce que ce déiail, significatif pour l'historien, ne l'était aucunement pour eux. L'idée de la première visite sans résultat ne semble pas, en effet, se présenter comme un trait symbolique, mais comme une simple donnée de fait. On verra néanmoins que l’artifice rédactionnel qui introduit dans le récit le miracle du figuier desséché peut rendre suspectes les indications chronologiques de Marc. Le regard au temple fait pendant à celui que Jésus donne au figuier, et l'affaire des vendeurs correspond à la malédiction de l'arbre. La tradition pourrait bien n'avoir fourni que le fait de l’entrée en Jérusalem, avec les prophéties accomplies, et l'indication générale touchant la retraite quotidienne de Jésus au mont des
salem, comme si Jésus voulait accomplir MAL. 11, 1-3): xat mepuBhsdauevos névra (cela s'entend du temple, non de la ville, et du regard du juge, non du simple curieux), OdÈ #ôn oùons ris wpas (si l'heure avait été moins avancée, Jésus aurait accompli l'acte messianique qui eut lieu le lendemain) :£%\0:v xx. Matthieu semble réunir Mc. 11 a et 15; mais, il faut tenir comple de ce que Mc. 11b-14, vient en surcharge dans un récit qui amenait la purification du temple après le triomphe sur le mont des Oliviers.
ee, s* s ee
Oliviers, en sorte que Luc représenterait plus fidèlement q I la source dont Marc lui-même paraît dépendre. A
Au lieu du départ de Jésus, le rédacteur du premier Évangile a + 8 signalé la surprise des Peine de Jérusalem à l’arrivée du cortège ‘44 , qui accompagnait le Sauveur !. Conformément à la perspective générale de la narration synoptique, la population de la capitale ne connait encore Jésus que par le retentissement de sa prédication galiléenne. Ainsi s'explique la question : « Qui est celui-ci? » et la. réponse : « C’est le prophète Jésus de Nazareth. » Il est vrai, d’'ailleurs, que si un grand nombre de personnes avaient déjà connu le Sauveur, il y en aurait encore eu, surtout à l'époque de la Pâque, où la ville était remplie d'étrangers, qui ne l’auraient jamais vu et qui auraient pu demander qui il était. Mais ce n’est pas ainsi que l’entend Matthieu. On remarquera que la foule ne dit pas que Jésus est le Messie. L'évangéliste aura choisi la déclaration qui lui a paru la plus conforme à la vraisemblance et aux antécédents galiléens de la prédication évangélique ; il n’a pas voulu dire que la foule qui vient d’acclamer Jésus fils de David ne le regardait pas comme le Christ promis. D'ailleurs, cette notice paraît avoir été conçue tout exprès pour remplacer ce que dit Marc touchant la première visite de Jésus au temple et son retour à Béthanie.
Luc, xix, 39. Et quelques-uns des pharisiens, (qui étaient) dans la foule, lui dirent : « Maître, fais taire tes disciples. » 40. Et répondant, il dit : « Je vous dis que, si ceux-ci se taisent, les pierres crieront. »
Luc a également substitué à la conclusion du récit dans Marc un incident particulier. Parmi la foule aui regardait passer le cortège de Jésus se trouvaient des pharisiens *. Quelques-uns, scandalisés de ce que les disciples du Sauveur le saluent Messie, l’invitent à les faire taire. Jésus, avec la dignité qui convient à sa mission, donne raison aux disciples. La formule qu'il emploie * est une sorte de proverbe qui marque la nécessité providentielle de ce qui arrive. Ces acclamations qui froissent les pharisiens sont voulues de Dieu, parce qu'elles sont l'expression de la vérité.
L'incident se présente comme un doublet de ce qu'on lit dans le
1. V. 10. xai eissAfôvroc adrod ets ‘Ieposduua éocioün räca ñ rôdu. Cf. 11, 3; I, 365. 2. Ss. omet t&y Paptoatwv dans Le. 39. 3. Cf. Has. 11, 11. Hyperbole analogue dans Le. 111, 7 (Mr. int, 9).
premier Évangile, touchant les enfants qui crient Hosanna dans le temple !. Les deux récits ne doivent pas être tout à fait indépendants l’un de l’autre, bien que, dans leur forme actuelle, ils semblent appartenir respectivement aux rédacteurs qui les ont retenus. Mais on ne saurait dire si l'un procède directement de l'autre, ou si tous les deux viendraient d'une donnée traditionnelle qui aurait été exploitée en des sens divers par Matthieu et par Luc. La sobriété de celui-ci n’est pas une marque particulière d'originalité, car le rédacteur du troisième Évangile abrège désormais systématiquement les récits, comme s’il ménageait la place, afin de loger le plus de matériaux possibles dans cette dernière partie de son livre, et ce qu'il dit ici n’a pas un cachet particulier de vraisemblance. L'intervention des pharisiens n'est pas attendue sur le chemin de Béthanie à Jérusalem, quand le Sauveur s'avance au milieu de la troupe qui l'acclame. Mais le contraste est voulu sans doute pour la signification des deux petits tableaux dont l’évangéliste fait une sorte de dyptique : la foi et le cantique du peuple, écho du cantique des anges à Bethléem, figurentle triomphe du Christ et la conversion du monde, tandis que la remarque des pharisiens et la réponse de Jésus fait ressortir l'incrédulité, la jalousie et l'impuissance du judaïsme devant le succès chrétien ?. La scène de Matthieu est beaucoup mieux placée dans le temple ; mais elle pourrait avoir été créée de toutes pièces par l'évangéliste ou la tradition qu'il représente, étant visiblement conçue en vue du texte du psaume dont elle est censée l’accomplissement. Il y a donc chance pour que le récit de Matthieu ne vienne pas d'un récit pareil à celui de Luc, et pour que le récit de Luc soit, au contraire, une transposition et une adaptation de ce qu'on lit dans Matthieu.
Luc, xix, 41. Et quand il fut proche, apercevant la ville, il pleura sur elle, 42. disant : « Si tu reconnaissais, toi aussi, du moins en ce jour qui est à toi, ce qui te donnerait la paix ! Mais maintenant cela est caché à tes yeux. 43. Car viendront des jours pour toi, où tes ennemis t'environneront de tranchées, et t'investiront, et te serreront de toutes parts; 44. et ils te renverseront par terre, toi et tes enfants qui sont en toi, et ils ne
laisseront pas de toi pierre sur pierre, parce que tu n'a pas reconnu le temps où tu étais visitée. »