‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 223 sur 672 · Par ex., ScHanz, M · texte numérisé non relu

Par ex., ScHanz, M

l'incident du figuier desséché, comme signifiant la même chose que

| LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES "ÈS un temps de répit pour se convertir, après la résirie Christ, et il n'en a pas profité. Il était voué à la doutre comme le figuier stérile. be |

La parabole de Luc appartient sans doute à la prédication hiéro solymitaine du Sauveur, et peut-être n’est-1l point trop téméraire de penser qu'elle représente le fond authentique de la parabole des. Vignerons meurtriers. Comme elle est devenue allégorie dans cette parabole, ne serait-elle pas devenue, par une matérialisation facile à expliquer, fait allégorique analogue à ceux qu'on lisait dans les … histoires des anciens prophètes ? Il ne semble pas qu’on ait besoin de chercher quelque autre origine au récit du figuier desséché, une

autre parole de Jésus à propos de figuier !. 1, La pare de Luc était très facile à tourner en allégorie. De fois entendue de la sorte, elle devait être mise en rapport avec les faits du ministère hiérosolymi-. tain, et d'autant plus facilement que son application primitive concernait le résultat final de la prédication du Sauveur. La visite du propriétaire au figuier devenait le séjour de Jésus à Jérusalem. De là à raconter la visite au figuier comme un incident réel, coïncidant avec le premier acte du ministère hiérosolymitain, la visite au temple, il n’y avait qu'un pas, et ce pas a été franchi.

Il a même été dépassé. Car si le rattachement de l’histoire du figuier à celle de la visite au temple témoigne en faveur de l’allégorie qu'on vient de dire, ce n’est plus cette interprétation allégorique, mais une application morale du fait brutalement compris, qui est suggérée dans Marc etdans Matthieu. Cependant l'allégorie transparaît encore assez pour que beaucoup de commentateurs n hésitent pas à l'admettre, et pour que Luc le premier ait cru pouvoir négliger

la parabole du figuier stérile. C'est à raison du lien que l'allégorie avait développé entre le récit du figuier détruit et la prédication de Jésus à Jérusalem, que le rédacteur du second Évangile a mis cette histoire de figuier en rapport avec la visite du Sauveur au temple, et qu'il a marqué un intervalle entre la malédiction de Jésus et son

1. Hozrzmaxx, 90; Jücrener, I], #47. Mais Holtzmann admet que la parabole de Luc a influencé ce récit, tandis que Jülicher le conteste. Les deux auteurs | ne tiennent pas compte de ce que l'incident du figuier est adventice dans Marc (cf. J. Wriss, AE. 268), et a toute chance de n’appartenir pas à la tradition historique de l'Évangile.

effet. Mais le rédacteur ne perçoit plus nettement le fondement allégorique de ce rapport et de cet intervalle, ou bien iln’y attache qu une importance secondaire, ou il a évité de le mettre en relief. Il veut montrer dans l’histoire du figuier un pur miracle, un miracle tel que Jésus n’en a jamais fait, puisque le prodige en question n'est pas un acte de bienfaisance, et qu'il est en lui-même dépourvu de raison. La suppression de l'intervalle, dans Matthieu, achève de donner à l'incident cette forme de miracle violent, de signe comme les Juifs en demandaient, et les évangélistes s'efforcent ensuite d'ajuster à cet acte arbitraire, qu'ils prêtent au Christ, la leçon de la foi qui obtient tout ce qu'elle veut.

Marx. Et

Marc, x, 22. Et répondant, Jésusleur dit :

« Ayez foi en Dieu. 23.

En vérité Je vous dis que, si quelqu'un disait Aocelte « Ote-toi de là et jettetoi danslamer»,etqu'il ne doutât pas en son cœur, mais crût que ce qu'il dit arrivera, (cela) lui viendrait. 24. C'est pourquoi Je vous dis :

tout ce que vous demanderez

montagne

en priant, croyez que vous l'obtiendrez, et (cela) vous viendra. »

taone :

orale Al répondant, Jésus leur dit « En vérité Je vous (le) dis, si vous avez la foi, et que vous ne doutiez pas, non seulement vous ferez ce (miracle) du figuier, mais, si vous alliez jusqu’à dire à cette montagne : « Ote-toi de là et Jette-toi dans la mer », (cela) arriverait. (xvnr, 20. « Car en vérité je vous le dis, si vous avez de la foi comme un grain de sénevé, vous direz à cette mon-

Bouc xvn ss EtNIES apôtres dirent au Seigneur « Augmentenous la foi ». 6. Et le Seigneur dit : « Si vouaviez de la foi comme un gran de sénevé, vous diriez à ce sycomore : « Arrache-toi et plante-toi dans la mer », et il vous obéirait. »

« Descends de là ici », et elle descendra; et rien ne vous sera

impossible. ») 22. Et tout ce que vous demanderez dans la prière, avec foi, vous l’obtiendrez. »

Il est évident que ni Mare ni Matthieu n’entendent appliquer directement au peuple juif la condamnation du figuier. Ils voient dans le fait matériel, dans le miracle brutal, un effet de la puissance divine, où l’on peut reconnaître l'efficacité merveilleuse de la foi, ce qui mène à l’idée de la prière confiante, qui est toujours exaucée. Mais, si la malédiction du figuier impliquait un acte de foi, ce n’est pas cette qualité qui la caractérise le plus nettement, et l’exemple

+. tous les miracles qui lui viendraient à dpi ie le figuier qui ne leur donnerait pas de figue, la vigne qui ne Je

qu'il aimeraient mieux voir ailleurs. Il ne peut être question que de

donnerait pas de raisin, ou transporter à leur gré les montagnes

miracles justifiés par un intérêt de la foi même, quoiqu'on doive |

tenir compte ici de l’exagération familière au Lane oriental. Les «4

déclarations les plus ee de Jésus sur l'efficacité de la”

fice du rapprochement entre lamalédiction du figuier et la leçon

PR fl

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prière ont une forme presque aussi absolue !. Ce qui trahit l'arti=

de la foi est donc moins l'exagération apparente de l’assertion, que

l’incohérence résultant de ce que la malédiction du figuier n’est, à proprement parler, ni un acte de foi, ni une prière.

La tradition apostolique de l'Évangile contenait une parole du :2

Seigneur sur la puissance de la foi. Marc l’a rattachée à l'histoire du ARS Matthieu la donne à deux reprises, car on l’a déjà rencontrée après la guérison de l’épileptique. Ou bien il l’a dédoublée, ou bien il l’a prise dans deux sources : une fois dans le recueil de

discours, et une fois dans Marc. Luc, qui ne l’a qu’une fois, ne l'a

pas prise dans Marc; il semblerait donc l'avoir puisée dans le recueil de discours. Toutefois le rapport des Évangiles est plus complexe qu'il ne paraît au premier abord. La sentence primitive, qui a dû être retenue pour elle-mème, sans que l’on eût souvenir de la circonstance où elle avait pu être dite, devait être ainsi conçue : « Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé ? » c'est-à-dire la plus minime quantité de foi sincère, « vous pourriez

dire à cette montagne : « Ote-toi de là et jette-toi dans la mer ? »,

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