‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 273 sur 672 · Jüricmer, Il · texte numérisé non relu

Jüricmer, Il

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de rédaction. Est-il si invraisemblable qu'un docteur j juil cette réponse ? N' y avait-il que Jésus qui püût associer le

de l'amour du prochain à celui de l'amour de Dieu? Son originalité rs n'a-t-elle pas consisté dans sa manière d'entendre les deux pré ceptes, et de les ramener à un seul, la charité du prochain n'étant

que l’imitation de la bonté divine !? N'est-ce pas la parabole du Samaritain, non la citation de la Loi, qui contient la doctrine de Jésus sur la charité? Marc n'’aurait-il pu juger qu'il valait mieux attribuer au Christ qu à son interlocuteur une réponse que le Christ avait approuvée ? Il serait peut-être téméraire de l’affirmer ; mais il n'est sans doute pas téméraire de dire que l'opinion commune est moins sûre qu'on ne croit.

Bien que Luc se soit abstenu de reproduire la question du seribe, à l'endroit où Marc l'a signalée, il a puisé dans la paraphrase du second Évangile, par un procédé tout à fait digne de remarque, une conclusion pour le récit précédent. Marc dit qu'un des seribes, ayant entendu la discussion des sadducéens et de Jésus, trouva que le Sauveur avait bien répondu. Luc dit que « certains scribes, prenant la parole, dirent : « Maître tu as bien parlé ?, » Marc a dit pour finir : « Et nul n'’osait plus l'interroger. » Luc s'empare de cette phrase, en la rattachant à la première par un «car » dont la tradition a été assez embarrassée pour que plusieurs témoins * aïent

jugé bon de la supprimer, etil dit : « Car ils n’osaient plus rien lui

demander. » Ces adversaires de Jésus aiment mieux l'applaudir que de lui poser de nouvelles questions et lui ménager d’autres victoires. La rédaction de Luc est donc aussi à expliquer; mais l’artifice en a pu être facilité par la connaissance d'une relation où la déconvenue des adversaires faisait suite à la question des sadducéens ou à la péricope de l'Adultère *. v D'après ce qu'on vient de voir, il est possible que l'anecdote du grand commandement ne soit tout à fait à sa place historique ni dans les deux premiers Évangiles ni dans le troisième. Il n'est pas

autrement certain que l'incident se soit produit à Jérusalem, et

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