LCI. Mc
n'est pas le principal ; elle sert à définir nettement le sens du récit qu'elle termine, et qui aurait ce sens indépendamment de la déclaration. Il serait malaisé de dire lequel des deux récits, celui du baptême ou celui de la transfiguration, a influencé l’autre, et si l’un des deux est plus ancien que l’autre dans la tradition; ils sont maintenant coordonnés !, et ils ont pu l'être avant la rédaction définitive du second Évangile; mais ils ne semblent pas traditionnels au même sens que la confession de Pierre.
La voix céleste a éclaté comme un coup de foudre sur la tête des disciples, que la terreur envahit. Mais c'est l'affaire d’un instant. La voix se tait. Les disciples se rassurent et ils regardent autour d'eux : le nuage a disparu; Moïse, Élie ne sont plus là ; Jésus luimême est redevenu tel qu'il était avant la vision, qui vient de passer, et qui s'est évanouïe comme un rêve. Matthieu dit que les disciples, en entendant la voix de Dieu, étaient tombés la face contre terre, et que Jésus s'est approché d'eux et les a touchés, en les rassurant et les invitant à se relever. Le même trait se rencontre deux fois dans Daniel, et une fois dans l'Apocalypse ?; c'est probablement dans Daniel que l’évangéliste l'aura pris. La transfiguration est en réalité une scène apocalyptique: elle est symbolique comme les visions des apocalypses, et elle a été conçue d’abord comme une vision ; elle garde ce caractère dans Marc et dans Matthieu, où la succession des deux tableaux qui la constituent est encore très rapide, nonobstant l'intrusion de la bévue attribuée à Simon ; dans Luc, grâce aux additions, explications et retouches du rédacteur, elle diffère peu des relations ordinaires de miracles.
On a pu conjecturer* avec assez de vraisemblance que la transfiguration avait été primitivement une apparition du Christ ressuscité, une vision de Pierre, et que l'indication des six jours était, à l’origine, en rapport avec la passion. Il ne serait pas impossible que la transposition et l'adaptation du récit, dont on aurait seulement retenu la vision de Jésus glorieux entre Moïse et Élie, aient été réfléchies de la part du rédacteur. Le rôle un peu ridicule que celui-ci prête à Pierre n'en serait que plus significatif. La transposition aurait pu résulter de ce que le récit original de la