Cf. Micu. vi, 8; ZAcu. vu, 9; Ps. xxx
3. Mr. 25. xafapitere 10 ÉEwev Tod rotnptou xat ts rapobidoc, Écwlev dÈ yemououv ÉË aorayis xai axousiac. axpacia équivaut à « incontinentia » (cf. I Cor. var, 5),
le contenu est souillé par l'injustice ? Jésus ne se prononce pas contre les observances légales, il ne condamne pas plus les prescriptions mosaïques touchant les choses impures, qu'il n’a condamné la dime, mais il regarde tout cela comme fort accessoire et même comme inutile sans la Justice intérieure et vraie. Il tourne en dérision les gens qui ont l'air de croire que le fruit de leurs injustices pourra être sanctifié par la propreté du vase où ils le mettent, tandis que l'illégitimité de l'acquisition rend superflue et contamine la pureté du vase.
Luc a pris cette malédiction pour en faire l’exorde du discours !, parce qu'elle correspond à la mise en scène quil a lui-même esquissée. Il a montré, en effet, Jésus à table, et son hôte étonné que le Sauveur ne se fût pas purifié auparavant. Jésus répond en traitant d’abord de ce qui fait la véritable pureté des choses que l’on mange. La menace devient un simple reproche, et se trouve quelque peu détournée de sa signification première. Ce n'est plus, comme dans Matthieu, l'intérieur des plats qui est « rempli de rapine », c'est l'intérieur des pharisiens ?. La pensée s’affine, mais la suite du discours est aussi plus embarrassée. L'évangéliste ayant parlé de l'intérieur des hommes, on ne voit pas bien si ce qu'il ajoute, touchant « ce qui est dedans », se rapporte à la conscience des pharisiens ou au contenu des plats ?. En se réglant sur le premier Évangile, on pourrait traduire : « Insensés! celui qui a fait le dehors » du plat « n’a-t-il pas fait aussi ce qui est dedans? Faites
appétit incoercible, mais dont l’objet ici est le bien du prochain. Au v. 26, NBCL, Ss. etc. répètent la mention du plat après celle de la coupe; D et quelques autres témoins ne l'ont pas.
1. V. 39. vôy dueïc où Papioaior t0 EEwey rod rornotou ai rod rivaros xafap!fere. Le viv (omis dans Ss. Sc.) est pour relever le commencement du discours, et ne doit pas s'entendre au sens de « maintenant », par opposition à un passé meilleur (B. Weiss, Lk. 475). Le cas est différent de vr, 21, 25. « Maintenant » s'entend plutôt subjectivement, par rapport à l'orateur abordant son sujet, avec l'intention de le traiter à fond (cf. Horrzmanx, 368).
2. =0 Dè Eswbev buGv yiuet &orayñs xai rovnptas. Influence probable de Mc. vrr, 17-23. Il est arbitraire de rattacher 5u&y à ce qui suit, pour obtenir la même idée que dans Matthieu.
3. V. 40. aocovsc, oùy 0 rououc 50 #Ewey zai 70 2owey iroinsev; rAry Tà Evoyta dote 2kesuooüvnv, xai 1dod révra xahaox buiv 2otiv. WVELLHAUSEN, Le. 61, suppose une confusion entre les mots araméens dakki, « purifier », et zakki, « faire l'aumône ».
pur », soit que le « tout » signifie les vases avec leur conténu soit qu'il s'agisse des vases et de la conscience des pharisiens. Si l'on re tient compte de ce qui précède, on admettra plutôt que Lue a voulu 1% dire : « Celui qui a fait le dehors », les choses extérieures, les aliments et les vases où on les met, « n’a-t-il pas fait le dedans », l'intérieur de l'homme, qu'il importe plus encore de purifier? Afin que « tout soit pur », choses extérieures et conscience, il faut « faire l’aumône de ce qui est dans » le plat, ou mieux peut-être « de ce que l’on possède ! ». En toute hypothèse, le rédacteur paraît avoir voulu conseiller le dépouillement réel et complet des biens terrestres au profit des pauvres, après quoi-toutes les règles extérieures de pureté légale n'ont aucune raison d'être. Interprétation conforme à l’esprit de Jésus, mais qui résout la question des observances plus expressément que n'a fait le Christ.
Matra. xx, 27. « Malheur à Luc, x1, 44. « Malheur à vous, vous, scribes et pharisiens hypo- parce . que vous êtes comme les crites, parce que vous ressemblez tombeaux qu'on ne voit pas, et sur “e à des sépulcres blanchis, qui, au lesquels les gens passent sans le dehors, paraissent beaux, mais qui, savoir! » au dedans, sont remplis d'ossements de morts et de toutes sortes d'immondices! 28. C’est ainsi que vous-mêmes, au dehors, semblez justes aux hommes, mais que vous êtes, au dedans, pleins d'hypocrisie et d'iniquité. »
Pour empêcher qu'on ne contractàt involontairement l'impureté qui résultait de l’attouchement des cadavres et des tombeaux, l'on avait soin, un mois avant la Pâque, de blanchir à la chaux les tombeaux quise trouvaient aux environs de Jérusalem. Habitants et pèlerins étaient ainsi avertis d'en éviter le contact. Bien que le but de cette opération ne füt pas de rendre les tombeanx plus élé-
1. Non « selon qu'on peut », car l’évangéliste ne doit pas faire de réserve. Ve. « quod superest », soit qu'on l'entende de ce qui reste dans le plat, ou de la seule chose qui reste à faire aux pharisiens, ne rend pas la pensée du texte. CD, trois mss. lat., S. Cyprien lisent, v. 40 : « Celui qui a fait le dedans n'’a-til pas fait aussi le dehors ? » Rien à tirer de cette variante, à moins peut-être qu'elle ne signifie : « Celui qui a fait le dedans », l’intérieur de l'homme, sa vie, « n'a-t-il pas fait l'extérieur », les choses sensibles, les aliments, qui, étant l’œuvre de Dieu, ne at être impurs ? Sur tout le passage, LE B. Weiss, Lk. 476.
gants, leur aspect ne laissait pas d'en être plus agréable, et n'avait rien du moins qui choquât la vue. C’est pourquoi Jésus s'empare du contraste qui existe entre l'extérieur de ces tombeaux, net et propre, et l’intérieur plein de pourriture !, afin d'en faire l’application aux pharisiens, qui ont de beaux dehors, et point de vertu réelle au dedans, mais des passions cachées sous un voile hypocrite.
Dans Luc, la comparaison des sépulcres blanchis, qui est la troisième malédiction lancée contre les pharisiens, s’allège de tous les détails qui auraient eu besoin d’être expliqués aux chrétiens non instruits des coutumes juives. Les tombeaux de belle apparence, qui sont remplis de pourriture, font place à des tombeaux invisibles sur lesquels on passe sans se douter qu'ils sont là ?. Cette substitution enlève à la pensée primitive une grande partie de sa vigueur et même de sa clarté. L’'hypocrisie des pharisiens ressort vivement de l'opposition qui apparaît entre la blancheur du sépulcre et l’infection de son contenu.On ne voit pas bien, dans le troisième Évangile, ce que Jésus leur reproche. Le rédacteur ne doit pas faire allusion à une impureté légale que l'on gagnerait involontairement en marchant sur un tombeau; dans ce cas, le texte de Matthieu aurait été beaucoup plus intelligible pour des chrétiens de la gentilité *. L'idée paraît être : de même qu'un tombeau invisible recèle la corruption sans que le passant en ait le soupçon, les pharisiens, sous un extérieur inoffensif, cachent une perversité profonde, et leurs sentiments réels valent beaucoup moins que ceux qu'ils affectent i.
Mara. xx, 29. « Malheur à Luc, x1, 47. « Malheur à vous,
vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous bâtissez les sépulcres des prophètes et ornez les tombeaux des justes, 30. et que vous dites : « Si nous avions été du temps de nos pères, nous ne nous
serions point associés à eux pour le
parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes,que vos pères ont tués! 48. Donc vous (en) êtes témoins, et vous approuvez les œuvres de vos pères, puisqu'ils les ont tués, et que vous, vous bâtis-
SeZ. »
= 2 - ; 5 DE : : ue 4. V. 27. rapouordtets téoois xexoviauevote, otives ÉEwey uÈy oaivoytar oaior,
sr \ 1 > C Us € » » à € > 5 ES 1 £cwley dÈ yéuouoiv Ostéwv zxtÀ. Dans D, ££wbey 6 rapos ouiverar boatoc, Écwey dE yépuer
4TÀ. SS. : dedans sont remplis », etc.
« vous ressemblez à des sépulcres qui sont blanchis au dehors, et qui
2. V. Lk. êorè &c ta uvqueia ta &0nka. D (mss. lat. Ss. Sc.) omet we té.
3. Hozrzmanx, 281, qui admet une allusion à l'impureté légale, et regarde ce
sens comme primitif.