‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 312 sur 672 · CO IC · texte numérisé non relu

CO IC

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LA FIN 397 du royaume de Dieu réalisé sur la terre. Car ce n'est pas le culte du temple, en tant qu'édifice, qui a inspiré l'expulsion des vendeurs, c'est le respect du nom divin et de la majesté divine. La destruction du temple, du moment qu'elle doit être suivie de reconstruction, ne serait qu'une purification plus radicale, que Jésus a pu dès l’abord déclarer nécessaire et même prochaine.

SAAB quand il se fut assis sur la montagne des Oliviers, en face du temple, Pierre, Jacques, Jean et André lui de-

Marc, x,

mandèrent en particu-

lier: "4 « Dis-nous

Marra. xxiv, 3. Et quandilse fut assis sur la montagne des Oliviers, les disciples s'approchèrent de lui en particulier, disant « Dis-nous quand cela

Et ils l'interrogèrent, disant:

« Quand donc cela se-

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ra-t-il, et à quel signe (reconnaïtra-t-on) que cela va venir ? »

sera, et quel sera le quand cela sera, et à quel signe (on reconnaitra) que toules ces choses sont sur le point de s'accomplir. »

le signe de ton avènement et de la consommation du siècle? »

La curiosité des disciples est censée avoir été excitée par la prédiction de Jésus contre le temple. D'après Marc, Jésus étant sorti de Jérusalem, et s'étant assis sur la montagne des Oliviers, à un endroit d'où l’on voyait la ville et le temple, les quatre plus anciens apôtres prient le Sauveur en particulier de leur expliquer plus longuement ce qui doit arriver. Ils ont compris que la ruine du temple se rattache à la série des bouleversements qui précèderont l'avènement du royaume des cieux. C’est pourquoi ils ne se bornent pas à demander quand le temple doit être détruit, — et cette circonstance pourrait donner à penser que l’auteur sait fort bien quand la chose est arrivée, — mais ils désirent savoir à quel signe on reconnaitra que vont arriver « toutes ces choses ! », c'est-à-dire l’ensemble des faits qui doivent servir d'introduction immédiate au grand avènement. Jésus commence alors son discours apocalyptique, sans répondre directement à la question posée, et il le poursuivra sans faire aucune allusion à la ruine du temple.

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Xcïofar révta ;

journée où, selon l'ordre indiqué par “l'évancelisls il aurait Fe affaire aux prêtres, aux hérodiens, aux sadducéens, aux pharisiens,

rons. Mais cette difficulté n’est que secondaire : l'ordre dans lequel

s'enchainent faits et discours étant logique plutôt que vraiment

chronologique, on ne serait pas obligé d'admettre que Jésus ait

annoncé la ruine du temple quelques instants après qu'il eut fait ses.

réflexions sur le hard de la veuve, et le jour même où il maudit solennellement les pharisiens. Bien plus grave est le soupçon que suggère le cadre esquissé par le rédacteur pour le discours qu'il veut amener. La grande apocalypse qu'on va lire, la plus longue instruetion que le second Évangile attribue à Jésus, aurait été prononcée

seulement devant quatre disciples, pris les premiers sur la liste des :

Douze. N'est-ce pas que l’évangéliste a conscience de prêter au Christ un discours, qui, pour le principal, était inconnu de la tradition primitive ? Si on ne le connaissait pas, c'est qu'il avait été tenu seulement devant Pierre, Jacques, Jeanet André. L'artifice des entretiens particuliers, pour amener des leçons étrangères à l'en-

seignement de Jésus, s'est déjà rencontré dans Marc !, et l'on peut.

croire qu'il a été encore employé ici. Pour le fond, le discours n’a rien d'une conversation, ni même d'une allocution aux disciples en général, ni d'une prédication publique. C'est une description faite pour être lue ?, et dont le premier auteur ne peut être qu'un écrivain. Marc n’a pas osé, du premier coup, en faire un discours du Christ ; il se contente d’en faire une communication privée. Les deux autres évangélistes ont senti l'insuffisance de ce procédé. Matthieu suit encore Marc d'assez près; mais, ne voyant pas pourquoi un discours aussi considérable n'aurait été adressé qu'à quatre personnes, après avoir conduit le Sauveur sur le mont des Oliviers, 1l le fait interroger par tous les disciples ?, c'est-à-dire par les Douze. Il serait arbitraire de dire que les quatre ont posé la

A. 1v, 40; vir, 17; 14, 2, 9; I, 739, 963; et supr. pp. 31, 40. 2. Cf Mc. 14; Mr. 45.

3. MAT go adr@ o uaÜntai xat'idlav (Ss. omet x. t.) Aéyovtes. Cf. Mc. 3.

rov xar’idlav [létpoc xt).

où il aurait condamné ces derniers et raconté la parabole des Vigne

question, et que les douze ont entendu la réponse !. Marc n'avait pas besoin de faire intervenir quatre disciples pour poser la question qu'un seul d'entre eux est d'ailleurs censé avoir exprimée pour les autres, s'il n'avait voulu signifier que le discours qui suit a été adressé à ces quatre en particulier. Matthieu a retenu la formule «en particulier », qui n'est plus nécessaire chez lui, mais qui a encore un sens, puisqu'elle marque l'absence de la foule. S'il parle des disciples en général, c'est pour simplifier la mise en scène, et parce qu'il a trouvé plus naturel de faire communiquer la révélation de l'avenir à tous les apôtres. Moins rapproché des origines que Marc, et moins bien informé, il ne se doute pas que cette apocalypse a été ignorée de la première génération chrétienne.

Soit pour abréger, soit pour donner plus de relief au discours, Luc n'éloigne pas Jésus du temple. Aussitôt que le Sauveur a prédit la ruine de cet édifice, les personnes qui ont occasionné la prophétie posent la question de la fin du monde ?, d’après Marc. Le discours n’est plus, comme dans le second Évangile, une révélation faite à quelques disciples en vue de l'avenir qui les attend, une sorte de message qu ils devront transmettre, en temps opportun, aux autres disciples et aux fidèles. Ce n'est plus, comme dans Matthieu, une communication faite à tous les membres du collège apostolique, dans l'instant solennel où le Christ, ayant proclamé l'inutilité de son ministère auprès des Juifs, abandonne Jérusalem au destin qu'elle a mérité. C’est le dernier et le plus significatif des enseignements que Jésus a donnés durant le séjour qu'il a fait à Jérusalem avant sa passion.

La question posée au Christ a un double objet : on demande quand la fin viendra, et à quel signe on reconnaitra qu'elle est imminente. Comme la ruine de Jérusalem, la fin du monde, la manifestation glorieuse du Messie et le grand jugement se liaient dans la croyance apocalyptique des premiers temps, on ne demande pas d'indication spéciale pour chacun de ces éléments eschatologiques. Le signe dont on parle ici n’est pas à considérer comme un miracle ou un présage extraordinaire ; il doit s'entendre des incidents préliminaires de la fin, et des circonstances particulières dans lesquelles se produiront les derniers événements. Le mot de parousie est employé

ScHANZ, Mk. 365.

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