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Mais cette assertion signifie-t-elle que le royaume est tout pr se manifester, et ne serait-elle qu’une manière d'exprimer la tude du prochain avènement ? Ou bien, si la parole vient de sou
voudrait-elle dire la même chose que ! : « Si je chasse les démons par l'esprit de Dieu, le royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous ?. ». On peut trouver que, dans un cas comme dans l’autre, le discours
manquerait de naturel et de clarté. L'idée serait plutôt que lon n'aura pas à se préoccuper de savoir si le royaume est arrivé ici ou là, parce que, lorsqu'il viendra, 1l sera tout à coup présent à tous ?, Luc aurait simplement tiré du discours qui suit une réponse
à la question « quand », mettant une déclaration sur le défaut. de signes précurseurs en place de l’aveu d'ignorance touchant le
jour et l'heure du grand avènement. Ainsi comprise, la réponse ne laisse pas d'être tout à fait conforme à l’enseignement de Jésus, et il importe peu que l'on ne puisse dire sûrement si elle est authentique en elle-même, ou bien si elle a été dédoublée de l'instruction qu'elle est maintenant destinée à préparer.
Marru. xvi, 2. Et lui, répondant Luc, xu, 54. Etilditanssn (aux pharisiens), [leur] dit : « Le foule : « Quand vous voyez in soir venu, vous dites : « Il fera nuage s'élever au couchant, vous beau, car le ciel est rouge. » 3. Et dites aussitôt qu'il va pleuvoir, et
le matin : « Mauvais temps aujour- ilen est ainsi. 55. Et quand le vent
d'hui, car le ciel rougit tristement. »
De l'aspect du ciel vous savez juger ; et des signes du temps vous ne pouvez ? »
est du midi, vous dites qu'il fera chaud, et (cela) arrive. 56. Hypocrites, vous savez bien juger de l'aspect du ciel et de la terre : com-
ment ne savez-vous pas juger de ce temps-ci ? »
Dans une autre occasion, Jésus”s’est expliqué sur les signes du , grand avènement, et, sans dire cette fois qu'il n en fallait pas attendre; il a donné à croire que ces signes étaient acquis dans le présent, ce q D 5 CR qui revient à dire qu'il n'y en aurait pas d'extraordinaires, parce que les circonstances de la prédication évangélique et cette prédication
As Lc-x 0x 2D):
2. J. Weiss, loc. cit. 3. Jüricner, Il, 136; WERNLE, op. cit. 31.
elle-même étaient le vrai signe du prochain jugement de Dieu et du règne messianique. Cette remarque s'accorde avec ce qui a été dit du signe que les pharisiens demandaient à Jésus: Ce n’est donc pas tout à fait sans raison qu'elle se lit dans Matthieu en réplique à cette demande !. Le Sauveur annonçant le prochain avènement, le signe demandé concernait tout aussi bien l’imminence du royaume céleste que les titres de celui qui l’annonçait.
Dans Luc, la comparaison des signes météorologiques et des signes du royaume ne se rattache à rien. Elle avait dùû être gardée pour elle-même. Peut-être l'évangéliste a-t-il voulu, après une instruction où les disciples sont avertis de se préparer au jugement de Dieu, en placer une où le peuple reçoit le même enseignement sous forme de similitudes qui ne sont pas expliquées ?. Les gens savent présager la pluie et le beau temps, d’après certains indices qui ne trompent pas : ces indices ne sont pas les mêmes dans les deux Évangiles, mais rien n'était plus facile que d'imaginer des variantes, qui peuvent avoir été suggérées par le milieu où vivaient les rédacteurs ?. Ce qu'on ne sail pas discerner, ce sont les signes que Dieu donne maintenant ‘. Selon Luc, les auditeurs sont qualifiés d'hypocrites ?, soit parce que l’évangéliste pense aux pharisiens 6, soit parce que l'ignorance de personnes qui savent si bien prévoir quand elles veulent, est censée affectée, et qu'elles devaient comprendre les véritables signes du royaume qui vient 7.
L’attitude du Christ en ce qui regarde cette question des signes a donc été invariable, et son enseignement très consistant, si l'on fait abstraction du grand discours apocalyptique. La vérité de sa parole devait être prouvée par le fait, et cette parole était le signe de ce fait prochain, du jugement de Dieu qui allait venir. Il nefallait pas d’autres signe ; le signe était donné, il était présent. A peine est-il besoin d'observer que cette manière de voir est incompatible avec celle qui est au fond du discours apocalyptique, où l’on trouve la description
4 Mr. xwr, 1; IL, 994.