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*, à certains passages
assez obscurs du livre de Daniel, qui sont supposés contenir ! l’annonce de ce qui doit arriver dans les derniers temps. Quel que soit le sens primitif de la prophétie et son rapport historique avec la persécution d'Antiochus Épiphane, on l'entend ici d'un attentat sacrilège, perpétré par des gens qui viennent détruire le peuple de Dieu, saccager sa ville sainte, supprimer son culte.
S'il est vrai que la citation de Daniel doit être interprétée d’après le sens qu'elle présente en elle-même et dans le contexte évangélique, abstraction faite du sens particulier qu’elle peut avoir dans son propre contexte, 1l ne s'ensuit pas que « l’abomination de la désolation » soit simplement « l'abomination » qui consiste dans « la désolation » de la Judée et de Jérusalem, et qui serait un fait accompli dès que l’armée romaine cerne la cité sainte pour s'en emparer et la détruire *. Luc a voulu l'entendre ainsi, la désolation de la ville étant l'occupation et la ruine par lesquelles doit se terminer le siège. Il paraît évident, en effet, que le mot « désolation », dans la formule du troisième Évangile 3 : « Lorsque vous verrez Jérusalem cernée de campements, sachez que sa désolation est proche », est un écho et veut être une interprétation du texte prophétique cité ou visé dans les deux premiers. Mais Luc a pu vouloir expliquer la prédiction de façon que le lecteur la vit accomplie par la ruine de Jérusalem, et effacer les traits apocalyptiques qui étaient inintellhigibles ou choquants pour lui, ou qu'il Jugeait tels pour ceux à qui son livre était destiné.
Le texte de Marc est beaucoup moins précis quant au sort de Jérusalem, et 1l l'est davantage, il accuse une idée beaucoup plus spéciale, en ce qui regarde l’objet de l’abomination désolatrice. Cet objet « se tiendra où il ne doit pas ». L'expression dont se sert l'évangéliste convient à une personne “ siégeant elle-même, ou peut-être par l'image qui la représente, en un endroit qui est souillé par ce fait, et qu'on ne veut pas désigner autrement, comme si une
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2. B. Weiss, Æ. 139; Mk. 201. Scæanz, Mt.: 481, songe à la profanation du temple par les zélotes, durant le siège.
3. V. 20. 6tav DÈ tônre xvxlouuévny 5x0 otoarorédwy ‘lepousakqu, tôte yv@re Ote AyyLxE A Épiuwots adtñc. Cf. xix, 43; supr. p.273, n. 2.
4. Noter l'emploi du masculin éornxéra. On ne voit pas comment cette désignation conviendrait naturellement, même par métonymie (B. We:rss, loc. cit.) à l’armée romaine.
LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES PE RNESS À RE A ; s ae:
indication formelle pouvait être aussi, à sa manière, un sacrilège. Bien qu'il atténue le caractère personnel:
nation, pensant peut-être à ane statue, Matthieu Re
dans cette expression. Il s’agit d’un thème eschatologique pa l'Apocalypse johannique fournit l'équivalent *, et qui peut se ta mer dans le mot traditionnel d'Antéchrist #. } FC Les deux premiers Évangiles ne parlent pas de siège, etiln ‘est pas question de détruire la ville ou le temple : une puissance ennemie, l'adversaire de Dieu, Satan ou son organe, a pris posses-. sion du sanctuaire et persécute les Israélites fidèles. C’est la transposition de ce qu'on lit dans Daniel au sujet d'Antiochus Épiphane, et il n'est pas autrement certain ni même probable que ce trait reflète l'inquiétude qui s’empara du monde juif quand Caligula voulut mettre sa statue dans le temple de Jérusalem *. Du moment que la prophétie de Daniel n'était pas censée accomplie tout entière dans le passé, il n’était pas difficile d'en tirer l'idée d'une persé- … cution terrible, organisée par un pouvoir illégitime et impie, que Dieu briserait pour établir son propre règne. La prédiction, telle que Marc et même Matthieu l'ont conservée, n’a pas été conçue en vue du siège et de la ruine de Jérusalem par Titus. L'espèce de parenthèse : « Que celui qui lit fasse attention 6 », a exercé la sagacité des interprètes. Comment expliquer la présence d'une telle recommandation dans un discours prononcé par le Sauveur? On a dit que Jésus, ayant cité Daniel, pouvait bien prévenir que l'on fit attention, lorsqu'on lirait la préphe ME de comprendre l'avertissement qui y était renfermé 7. Mais l'explication est d'autant plus invraisemblable, que la recommandation, ainsi comprise, paraît |
MAD jt RAC GNSLe 7, VEDNS