V. 14. roùs tdtous Dobhous
les eselaves qui vivaient dans sa maison, et non des mercenaires à gages: il leur confie sa fortune, ou du moins ce qu'il possède en argent comptant, à savoir huit talents !, dans la pensée qu'ils le feront valoir au mieux de ses intérêts, donnant à chacun selon les capacités qu il lui connaît, à un premier serviteur cinq talents, à un autre deux, à un troisième un talent seulement. Ce partage fait, le maître s'en va. L’adverbe « aussitôt * », que la plupart des témoins rattachent à la proposition qui le précède, est rapporté par quelquesuns, et avec plus de raison, à la phrase suivante : l'empressement que le maître mettrait à partir n’a aucune signification dans la parabole, car on n’a pas besoin d'insister sur la confiance qu'il témoigne à ses serviteurs, tandis que l'activité du premier d'entre eux est mise en relief si on hit : « Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla faire du négoce. » Les trois serviteurs pourraient avoir été cités à titre d'exemple; mais Matthieu n'en attribue pas davantage au maître, bien que ce ne soit pas trop de trois esclaves pour un homme qui a autant d'argent disponible. Le maïtre connaît les aptitudes de ses gens, et, quoiqu il fût libre de partager la somme selon sa fantaisie, il règle la distribution d'après leurs capacités; celui qui n’a reçu qu'un talent est jugé moins habile que les autres, mais non incapable de faire valoir ce qui lui est remis. Il va de soi que les serviteurs doivent comprendre pourquoi le maître leur confie son trésor ; s'il n’a rien dit de l'emploi qu'on en devait faire, c'est qu'il s'en rapporte au zèle et à l'initiative de chacun. La parabole de Luc met en scène un homme de haute naissance, un prince, qui dut aller dans un pays lointain prendre possession d'un royaume, c’est-à-dire en recevoir l'investiture, afin de revenir ensuite le gouverner. On a besoin, pour comprendre ce trait, de se rappeler la situation d'Hérode et de ses descendants à l'égard de Rome, dont ils tenaient leur autorité. Plusieurs princes hérodiens firent ainsi le voyage d'Italie, pour obtenir la reconnaissance de