‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 387 sur 672 · ENT ER · texte numérisé non relu

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deur du Christ roi, et il la figure par des traits empruntés à l toire des rois connus de lui.

Dès que le maitre est parti, le premier serviteur, celui à qui

Matthieu attribue cinq talents, fait des affaires ! et double son capital : rien n'insinue que ce soit au moyen de prêt et d'usure ?; on dira bientôt que l'absence du maître a été longue; l'argent pouvait être engagé en des entreprises fructueuses d'exploitation ou de commerce. Le second serviteur, non moins actif que le premier, obtient par des moyens analogues le même résultat. Le troisième cherche simplement * une cachette sûre: il enfouit l'argent pour ne pas le perdre, avec l'intention de le rendre ensuite comme un dépôt. « Longtemps après, le maître de ces serviteurs vient # ». Matthieu ne dit pas revin{, et il emploie le présent, parce que lui aussi pense à la parousie, Le « long temps » a certainement pour lui une signification par rapport à l'attente, mais ne correspond nullement, dans sa pensée, à un retard indéfimi; ce « long temps » est pris sur le cours d’une vie humaine, et rien n'empêche d'y voir un élément du récit primitif; il faut que l'absence du maïtre se prolonge assez pour que les deux premiers serviteurs puissent gagner leur argent, comme il a fallu, dans la parabole des Vierges, que l'époux eût du retard, pour que l'imprévoyance des cinq étourdies eût un résultat fâcheux; et l’omission de ce détail dans Lue n'est pas un argument décisif contre son authenticité, car un rédacteur préoccupé de l’imminence de la parousie a bien pu le supprimer comme gênant et induisant à erreur. Le récit du troisième Évangile, en effet, passe immédiatement au retour *, et l’on n'apprend ce qu'ont fait les serviteurs que par la reddition de comptes.

- De même qu'Archélaüs obtint, malgré les Juifs, l'investiture du

gouvernement que lui avait destiné son père, le prince de la para-

1. V. 16. ñoyäsaxo èv adroïs ne détermine pas le genre d’affaires : ce peut être entreprise agricole ou commerciale.

2. Le reproche adressé à celui qui n'a rien gagné ferait plutôt supposer le contraire.

3. Noter la nuance entre les démarches des serviteurs ; on dit du premier : evOéws ropeubels...…. noyésaro ; el du troisième : axeAÿmv wovëev. Les serviteurs diligents vont travailler; le serviteur négligent s'en va cacher le talent.

4. V. 19. pet Ôè roy yodvoy Épyetat 0 x0p10ç Tv Doÿhwy éxetvwy. Cf. supr. p.468, mn 2:

5. V. 15. xai tyévero àv tr itaveheïv adtov haBôvra tnv BacrAciav xai eixev owvnbi- VAL ŒUTÉ) TOUS DOUAOUS TOUTOUS.

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bole revient avec le titre et le pouvoir de roi dans son pays d'origine. Comme le maître de Matthieu, il fait comparaître ses serviteurs pour demander compte à chacun de la mine qui lui a été confiée, et du profit qu'il en a tiré !. Le procédé n’a rien de royal; mais l'idée du compte à rendre faisait le fond de la parabole et devait être conservée; on y a eu d'autant moins de scrupule que l'on voyait dans ce règlement de compte le jugement dernier.

Les serviteurs défilent en présence du maître : le premier, celui qui, dans Matthieu, a reçu cinq talents, présente les cinq autres talents qu'il a gagnés; le maître en témoigne vive satisfaction * et se promet d'utiliser ses services à l'avenir pour de plus grandes choses. Cinq talents n'étaient pas une petite somme, surtout pour l'entourage ordinaire de Jésus, et l’on peut soupçonner le premier Évangile d’avoir substitué les talents aux mines: si le maître a donné d’abord tout son argent, on ne voit pas ce qu’il pourra confier de si grand à l’esclave. Dans l’économie de la parabole primitive, le « peu de choses » désignait une somme relativement peu considérable, et « beaucoup de choses », des intérêts plus importants, mais de même ordre. L'évangéliste songe à la disproportion des mérites humains lorsqu'on les compare à la gloire du royaume céleste ; c’est pourquoi il fait dire au serviteur par le maître : « entre dans la joie de ton seigneur ? », paroles qui ne peuvent se rapporter à un festin ou à des réjouissances ayant pour objet de fêter le retour du maïtre *, mais à l'entrée des élus dans le royaume des cieux, à leur admission aux joies éternelles, et qui ne conviennent qu'au Christ juge; la Joie du ciel s'oppose aux tourments de l'enfer, où l’on précipitera le serviteur inutile.

1. Leçon commune : va yvoi is ti deroayuareioaro. La variante tt dterpayua- <edsayto (NBDL) a l'air d’une correction.

2. NV. 21. €, Go5he dyalè zai nioté, ri OMya ns Riotos, Er roÂGY 6e atactiow. L'interjection #5, dans Luc, #5y<, parait exprimer seulement la joie, non l’approbation de ce qui vient d’être dit. Dans l'esprit de la parabole, sinon dans la pensée de l'évangéliste, l'épithète «yaÿ6: vise moins les qualités morales du serviteur, bonté, prudence, irréprochabilité, que son savoir-faire et son habileté, peut-être avec une nuance d'affection; ëzi okiy« ne désigne pas seulement l'objet où le serviteur s’est montré fidèle, mais indique aussi le mouvement libre de son activité sur cet objet (JüLicmer, Il, 474).

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