‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 415 sur 672 · Etles disciples s’en allèrent, ils · texte numérisé non relu

Etles disciples s’en allèrent, ils

haute, grande, garnie de el vous

ger la pâque avec mes disciples 2»

12, Et il vous montrera une salle haute, grande, garnie de coussins.

Faites là les préparatifs. » 13. Et

vinrent à la ville et trouvèrent (tout) comme il le leur avait dit, et ils préparèrent la pâque. 17. Et le soir venu, il arriva avec les Douze.

s’en étant allés, ils trouvèrent (tout) comme il le leur avait dit, et ils pré- 4 parèrent la pâque. 14. Et quand l'heure fut venue, il se mit à table, À et les apôtres avec lui.

« Le premier jour des Azymes, où l’on immolait l'agneau pascal ! », ne peut être que le 14 nisan. D'après les Synoptiques, le dernier repas que Jésus a fait avec ses disciples aurait été le festin pascal. Le Sauveur aurait été arrêté dans la nuit même de la pâque, et mis à mort le jour de la fête. Le quatrième Évangile ? dit, au contraire, que . la pâque arrivait seulement le vendredi soir ; le repas que Jésus fit le jeudi n'aurait point été la pâquelégale ; le Sauveur aurait été arrêté et crucifié avant la fête; il serait mort pendant qu'on préparait les victimes pour la solennité. Les exégètes traditionnels se sont partagés entre ces témoignages divergents : ceux qui préfèrent la donnée synoptique s'efforcent d'y ramener Jean ; et réciproquement, ceux qui préfèrent la donnée johannique essaient d'expliquer dans le même sens le récit des trois premiers Évangiles. Les critiques modernes prennent acte de la contradiction, qu'ils n'essaient pas de résoudre; la plupart se prononcent pour l’une ou pour l’autre des dates évangéliques, insistant sur les difficultés que présente celle qu'ils n’admettent pas ; quelques-uns seulement, et non des plus prudents, écartent la date des Synoptiques aussi bien que celle de

- Jean, et se contentent d'affirmer que Jésus mourut aux environs de

la pâque’. Il ne semble pas que l'on puisse nier la contradiction qui existe entre la donnée synoptique et la donnée johannique. Les hypothèses plus ou moins ingénieuses dont se contentait l’ancienne exégèse ne changent pas l'état des textes, et les textes ne s'accordent pas.

La date dela passion, comme indication générale, n'est pas à contester ; mais la divergence qui existe entre les évangélistes sur la

. Mo. 12. xai tn rourn quépa T@v &Üuwv, 0e 70 récya Eduoy. x, À; xvunr, 28 ; xix, 31 ; QÉ. 704, 842, 885-886. . Voir, par ex., BranprT, 303-304.

CPE RS A En AE CR ES PTT

question du jour peut très bien être en rapport avec une conception doctrinale qui n’est pas la même dans les Synoptiques et dans le quatrième Evangile; et si une donnée peut être historiquement préférée à l’autre, ce n’est pas pourtant à raison de sa plus grande probabilité qu’elle a été choisie dans tel ou tel Evangile, mais à cause de l’enseignement qui s’en dégageait pour les croyants. Dans les Synoptiques, l'institution de l’eucharistie coïncide avec le festin pascal : le Christ, dit Paul, est notre pâque ! ; cet agneau pascal est mangé par les fidèles lorsqu'ils prennent part, selon ses instructions, au banquet eucharistique. Chez Jean, la mort de Jésus coincide avec l'immolation des victimes ? : Jésus, dans la théologie johannique, est l'agneau de Dieu, immolé pour le salut du monde. Ces rapprochements constituent pour les évangélistes, et pendant bien longtemps ils constituèrent pour la tradition, l’intérêt principal des dates qui les font ressortir. La question du plus ou moins d’exactitude n’est pas'de celles qui préoccupent ordinairement les écrivains bibliques.

Il est vrai pourtant qu'un souvenirhistorique plus précis pourrait être à la base de l’une ou de l’autre tradition. Beaucoup de modernes abandonnent la date synoptique et préfèrent celle de Jean, à cause des invraisemblances qu'ilstrouvent dans la première. On ne conçoit pas, disent-ils, que ce jour de repos sacré, observé aussi rigoureusement que le sabbat, et qui commençait le soir du 14 nisan par le festin pascal, ait pu voir l'arrestation de Jésus, son jugement par le sanhédrin, sa comparution devant Pilate, et enfin le supplicedu Christ. L’argument ne manque pas de valeur, et les tenants de la date synoptique n'y répondent peut-être pas d’une manière satisfaisante sur tous les points. Mais ils ont un argument de force au moins égale à opposer à leurs contradicteurs : c’est que, vu le caractère du quatrième Évangile, toutes leschances sont pour que ladateindiquée par celui-ci ne soit pas autre chose qu'une transformation symbolique des données antérieures. Certains partisans dela date johannique déclarent que le Sauveur a anticipé la célébration dela pâque, soit de sa propre autorité, soit en vertu de prétendues coutumesquiauraient existé chez les Juifs ou chez les Galiléens : il ne paraît pas possible de les

IMCABCOR AVE 2. Cf. QË. 886.

5] VAR EN és Pastie LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES

suivre sur ce terrain, qui est celui des conjectures gratui dans es récits eux-mêmes qu'il faut chercher la clef de « cultés, si tant est qu'ilsoit possible maintenant de la trouver. ÿ

Marc ‘s’est plu à raconter avec détails les préparatifs du der nie repas et la manière dont fut choisi l'endroit où ce repas fut tenu. On - 08 n'est pas obligé d’admettre® qu'il ait voulu montrer par son récit ne comment Judas n'avait pu faire prendre Jésus à l'endroit où se fit ue. la dernière cène, le traître ne sachant pas d'avance où l'on se ren- | drait. Si l'on suit le premier Évangile, où le Christ dit aux disciples 2 le nom de celui qui doit le recevoir, Judas pouvait n'ignorer pas où he. l’on devait aller. Mais il n’était pas possible d'arrêter Jésus sans éclat | et sans tumulte dans Jérusalem, et à une heure aussi peu avancée de la nuit. Les détails rapportés par Marc ont pour lui leur importance

ÿ: : et leur signification propres, relativement au dernier repas : ils font ‘æ ressortir ce qu'il y eut d'imprévu et de providentiel dans le choïx 4 du lieu où Jésus célébra la pâque avec ses disciples. Le récit me ‘5 semble pas se rattacher à ce qui a été dit de la trahison, mais appar- ‘4 tenir à la même couche rédactionnelle et accuser les mêmes préoc-

cupations que l'histoire de l’onction. Dès l'abord, Jésus est censé à Béthanie. Toutefois, cette circonstance, à elle seule, ne prouverait pas que les préliminaires de la scène doivent être attribués au rédacteur qui a combiné le tableau de l’onction avec la donnée concernant la trahison de Judas. Même d’après cette dernière relation, 4 Jésus n’a point passé à Jérusalem la journée qui précéda son arres- & tation, et il n'avait pas prêché ce jour-là dans le temple. Les deux. choses néanmoins seraient possibles, si ce jour n'était pas le 14 nisan, mais un des jours précédents, ou bien un jour dans l’oetave pas- X cale. Il n'est pas d’ailleurs autrement établi que, durant sa prédication à Jérusalem, Jésus ait accoutumé de prendre le repas du soir dans une maison amie #, avant de se retirer sur le mont des Oli-

VIers. : | Done, le matin du jour où l'on devait manger l'agneau, les disciples demandent au Sauveur où il veut qu'on prépare le festin. Certains

1. Pour la discussion détaillée de cette question chronologique, voir QÉ. 66-69.

2, Avec B. Weiss, Mk. 211 ; Hozrzmann, 172.

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