Hypothèse de J, Werss, loc. cit
interprètes observent, non sans raison, qu'il était bien tard à ce moment pour chercher à Jérusalem une chambre libre, et ils supposent, d'accord avec Jean, queles préparatifs dont parlent les Synotiques se firent, en réalité, la veille du jour où l’on mangeait l'agneau pascal !. Mais peut-être convient-il de ne pas trop raisonner sur cette indication. Jésus envoie deux de ses disciples à la ville : d’où il résulte que lui-même se trouvait à Béthanie quand il leur donna ses instructions. Les disciples rencontreront un porteur d'eau ; ils n'auront qu'à le suivre‘dans la maison où il entrera, et à demander au maître où est la chambre destinée à Jésuset à ses disciples?. On leur montrera une chambre haute, assez grande pour recevoir le Sauveur et sa suite, garnie de coussins pour les convives. Ils n'auront qu'à préparer en cet endroit tout ce qu'il faudra pour le repas. Malgré la précision apparente de ces indications, il est permis de les trouver insuffisantes, et de penser, ou que Jésus les a données plus complètes, et qu'il y avait entente préalable entre lui et le maitre de la maison * ou qu’elles n'ont pas d'autre objet que de relever la mise en scène.
Avec l’affluence de gens qu'il y avait dans la ville, et vu la nécessité de provisions d'eau dans toutes les maisons, non seulement pour les repas, mais encore pour les ablutions qui les précédaient, on ne pouvait guère avancer dans Jérusalem sans rencontrer plus d'un porteur d'eau. À s’en tenir au récit de Marc, on devrait supposer que Jésus a indiqué l'endroit de la ville où l'on trouverait le porteur d'eau qu il faudrait suivre. Il faut supposer que le maître de cette maison connaissait Jésus, et qu'il l'attendait, mais que les disciples ne connaissaient pas cet homme, ou du moins ne savaient pas où il demeurait.
Tout cela est extrêmement vague, et n'a guère l'apparence de souvenir historique. On prête peut-être à cette description une consistance qu'elle n'a pas, et l'on s'expose à en méconnaitre le caractère, en admettant que les indications données par le Sauveur étaient vraiment précises et pouvaient guider sürement les disciples vers l'endroit où ils devaient aller, la couleur de prophétie
B. Weiss, M4. 8 442.
2. Ss. lit d’abord, dans Mc. 14 : « Mon temps est venu ». Cf. Mr. 18. . B. Weiss, Mk. 212.