‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 447 sur 672 · Cf. J. Werss, supr. cit. p · texte numérisé non relu

Cf. J. Werss, supr. cit. p

3. Dans l’état des témoignages, il est arbitraire de supprimer (avec Blass, Andersen; Wellhausen) le commencement du v. 19, comme n’appartenant pas au texte primitif de Luc : celui-ci pense, comme les autres évangélistes, expliquer la cène chrétienne par le dernier repas de Jésus ; il ne peut avoir oublié la bénédiction du pain ; mais la formule : « Ceci est mon corps », n’a de sens que dans la conception de Paul.

4. ANDERSEN, op. cil., restitue le texte comme il suit (p. 129) : xvaxstuivoy adr@y XaBwy 6 ’Incoës &Goroy ebloyons ExAase xai Edwxey aûrols za eîne ‘Adfiere,

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tiennent à ce que la mention du corps et du sang a été int après coup dans un récit où il n'était question que de pain et d relativement au festin messianique. ARE

Quant à l'hypothèse d'une double parabole ! que le Christ aurait … émise dans son dernier repas, elle est en contradiction avec la véritable nature des paraboles évangéliques. Les paroles : « Ceci est mon corps » et : « ceci est mon sang », ne sont pas des comparaisons, mais des expressions figurées, de véritables allégories, qui n ont aucune affinité avec les paraboles authentiques, et qui auraient été inintelligibles pour les disciples, dans les termes où elles sont présentées, et dans la circonstance à laquelle on les rapporte. Il parait impossible de les concevoir comme une consolation adressée aux apôtres, et ce n'est pas ainsi, d'ailleurs, qu'elles sont proposées. On essaie vainement de chercher une préparation logique au discours de Jésus. La perspective du festin messianique exclut le mémorial de la mort, et il parait évident que c'est le fait même de la mort, la foi au Christ ressuscité, la fondation de l'Église, qui ont, pour ainsi dire, interpolé, en cet endroit comme ailleurs, le mystère de la mort rédemptrice entre l'Evangile du royaume et le grand avènement. En cet état de choses, la difficulté, insurmontable pour l’exégèse critique, de trouver une signification aux paroles : « Ceci est mon corps », « Ceci est mon sang », qui corresponde à la fois au texte et à la vraisemblance historique, est résolue, puisqu'elle s'évanouit.

Il s'agirait donc d'expliquer comment les adieux du Christ et le rendez-vous au royaume céleste ont pu contribuer à l'institution de la cène chrétienne. Les paroles de Jésus ne laissent entrevoir ni la fondation de l'Église ni l'organisation du culte chrétien. Elles peuvent sous-entendre la mort et la résurrection du Christ, mais elles ne les annoncent pas. Comme tous les enseignements authentiques du Sauveur, elles maintiennent la perspective du prochain avènement messianique. On voit très bien comment cette perspective a été brisée par les événements; on saisit avec moins de clarté la façon dont la foi sut, après la passion, tirer des paroles eucharistiques le sacrement chrétien. L'historien ne peut chercher cette explication que du côté des faits. On verra, par l’examen des récits de la résurrection, que la foi au Christ ressuscité est intimement

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