LEE VE
On a déjà vu ! que Luc, après les paroles eucharistiques, introduit, sans préambule ni explication historique, la déclaration concernant le traître. Il ne parle pas de questions faites à Jésus par les disciples. Il dit que ceux-ci cherchaient entre eux qui pouvait être celui que leur Maïtre venait de dénoncer ainsi. Cette observation sert à préparer et à rejoindre la mention d'une autre dispute dont les deux premiers Évangiles ne parlent pas, du moins en cet endroit. Peut-être ne faut-il pas chercher d'autre motif à la divergence qui existe entre Luc et les deux autres Synoptiques touchant la place assignée à la dénonciation du traître. La reprise, d'ailleurs artificielle ?, se fait beaucoup plus facilement dans le texte occidental que dans le texte ordinaire de Luc, où l’on dirait qu'il y a une antithèse des plus froides entre le sang répandu et la démarche de Judas ?. Après les mots : « Ceci est mon corps », qui ouvrent seulement la perspective de la mort, Jésus annoncerait expressément sa passion #. Dans la source, et même dans la réalité de l’histoire, la querelle sur la première place a pu suivre très naturellement les déclarations de Jésus touchant le pain et le vin auxquels il ne toucherait plus que dans le royaume de Dieu, vu que ces paroles ne faisaient qu'éveiller les espérances des apôtres, qu'elles ne renferment aucune allusion explicite à la mort du Christ, et que peutêtre même elles n’ont d'abord contenu aucune allusion, même implicite, à cette mort. |
Il semble gratuit de supposer ? que Luc, ayant en pensée ce que
43-46. Le giddusch comprend d’abord une bénédiction du vin : « Béni soistu, Seigneur notre Dieu, roi de l'univers, créateur du fruit de la vigne », etc. Le père de famille, après avoir prononcé la bénédiction, goûte le vin, et passe la coupe aux assistants, qui font de même l’un après l’autre. Suit la bénédiction du pain, par la formule : « Béni sois-tu, Seigneur notre Dieu, roi de l'univers, qui fais produire le pain à la terre. » Le père de famille fractionne un pain, dont chacun prend et mange une bouchée. Après quoi, on se met à table pour le repas. Ce repas se termine par une prière d’action de grâces ; on répète la bénédiction du début sur une coupe de vin, que l’on fait passer autour de la table, comme la première.