‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 451 sur 672 · Cf. J. Werss, AË · texte numérisé non relu

Cf. J. Werss, AË

ÉXXXITI A GETHSÉMANI

Marc, xiv, 26-52. Marr. xxvi, 30-56. Luc, xxur, 31-53.

On vient de voir que Jésus, à son dernier repas, jugeait son ministère achevé, son existence en péril, et l'avènement du royaume des cieux tout à fait imminent. Il était sous l'empire de ces pensées quand il se rendit en un endroit du mont des Oliviers, où il se proposait de passer la nuit. Dans l'angoisse et l'incertitude du prochain avenir, il se met en prières. Au moment où il rejoignait ses disciples, pour prendre son repos avec eux, une troupe armée, conduite par Judas, se saisit de lui. Telles sont les données très simples que la tradition a interprétées et amplifiées dans les récits qu'on va lire.

Marc,x1v,26.Etaprès avoir chanté le cantique, ils s’en allèrent à la montagne des Oliviers. 27. Et Jésus leur dit : « Vous tomberez tous, car il est écrit :

« Je frapperai le pasteur, et les brebis seront dispersées. » 28. Mais quand je serai ressuscité, je vous précèderai en Galilée, » 29. Et Pierre dit : « Quand même tous tomberaient, je ne tomberai pas. » 30. Et Jésus lui dit : «Je te disen vérité que toi même, auJour-

d'hui, cette nuit, avant qu'un coq ait chanté deux fois, tu me renierak} is fois. » 31. Et il n'en disait

Marrs. xxvi, 30. Et après avoir chanté le cantique, ils s’en allèrent à la montagne des Oliviers. 31. AlorsJésus leur dit : « Vous tomberez tous, à cause de moi, cette nuit. Car il est écrit : « Je frapperai le pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées. » 32.

Et quand je serai ressuscité, je vous précèderai en Galilée. » 33.

Et Pierre, prenant la parole, lui dit : « Quand même tous tomberaient à cause de toi, moi, Je

A. Loisx. — Les Évangiles synopliques, IT.

Luc, xxu, 31. [Et le Seigneur dit:] « Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous cribler comme du blé; 32.

mais j ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Et toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » 33. Et il lui dit : « Je suis prêt à aller avec toi, et en prison, et à la mort. » 34. Et il dit : « Jete le dis, Pierre, pas un coq n'aura chanté aujourd'hui, que tu auras trois fois mié de me connaître. »

ne tomberai jamais.» 34. Jésus lui dit : « Je te dis en vérité que, cette nuit, avant qu'un coqchante,

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que plus fort : « Quand il me tu me renieras

faudrait mourir avec toi, je ne te Pierre lui dit :

renierai pas. » Et tous en dirent sn

autant. nierai pas. » Et Los Fe Sd # dirent de même.

Dans la pensée de Marc et de Matthieu, l'hymne chanté par le - Sauveur et ses disciples, avant leur départ pour le mont des Oliviers!, ne serait pas une doxologie commune après les repas, mais la. En seconde ou la troisième partie du Hallel, plutôt la troisième, puisque ce serait la prière par laquelle se terminait ordinairement le festin pascal?. Jésus et ses disciples se retirent sur la montagne des Oli= viers. Ce départ n’a rien que de conforme aux habitudes du Sauveur - ‘4 pendant les jours qui viennent de s'écouler. Judas n'aurait pu le. 4 venir prendre à coup sûr, si ce n'eût été le lieu où lui-même était venu les nuits précédentes avec son Maître et les autres disciples. On. a déjà vu les raisons qui autorisent à ne pas prendre trop à la lettre les passages des deux premiers Évangiles? d'où l'on pourrait conclure que Jésus passait toutes les nuits à Béthanie même. L'endroit où il se rendait ordinairement avec ses disciples, et où Judas vint le saisir, était sur le chemin de Béthanie, non pas dans cette localité.

Les Juifs avaient coutume de passer la nuit de la pâque dans la ville, afin de se conformer à la prescription de l'Exode ‘ qui enjoignait aux Israélites de ne point quitter leurs maisons pendant la nuit où le Seigneur devait exterminer les premiers-nés des Égyp-. üens. Et il ne semble pas que l'heure fût bien avancée quand le Sauveur et ses disciples sortirent de Jérusalem ; par conséquent, le dernier repas a dû être assez court. Si Jésus avait célébré la pâque avec ses disciples, n’aurait-il point passé la nuit à l'endroit où il aurait mangé l'agneau ? On dit, il est vrai, que le mont des Oliviers pouvait être censé faire partie de Jérusalem ?. Ce n’est peut-être pas pour cette raison qu'on le nomme ici de préférence à Béthanie; mais Marc et Matthieu, qui mentionnent l'hymne pascal, ne voient pas le moindre inconvénient à conduire Jésus hors de la ville. On pourrait

Mc. 26 (Mr. 30). «ai buvnoavres EE Moy sis +0 Opos Tv EluGv. Cf. supr. p. 519.

Mc. x1, 41-12 Mr. xx1, 17; supr.. PR: 268, 280, 283. RATE

Hozrzmann, 174 (renvoie à Acr. 1, 12).

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supposer aussi que l'affluence des pèlerins ne permettait pas de retenir tout le monde dans les murs de la cité !. Malgré tout, ce trait donne plutôt à penser que le dernier repas ne fut point celui de la pâque. ;

D'après les deux premiers Evangiles, c'est en allant de Jérusalem au mont des Oliviers que le Sauveur aurait annoncé la défection imminente de ses disciples. Jésus ne prédit pas une défaillance complète de leur foi, mais bien plutôt de leur courage. Leur esprit sera troublé en voyant leur Maître tomber sans défense au pouvoir de ses ennemis ; et bien que leur foi en lui ne soit pas éteinte, puisqu'on la verra plus tard se réveiller avec ardeur, elle sera momentanément déconcertée. Le désarroi de leur pensée aura pour effet de désarmer leur volonté en présence du péril?. Cette prévision fait pendant à ce qui a été dit précédemment de Judas ?, et à ce qui va être annoncé de Pierre. Des douze disciples que Jésus a choisis pour compagnons, l’un va le trahir, tous les autres vont l’abandonner, et le premier d’entre eux ira jusqu à renier son Maître. Cet abandon est présenté comme l’accomplissement d'une parole prophétique : « Je frapperai le pasteur, et les brebis seront dispersées. »

La citation est faite librement d'après le texte hébreu de Zacharie #, où on lit : « Épée, lève-toi contre mon pasteur et mon compagnon, dit Iahvé Sebaoth. Frappe le pasteur, pour que les brebis se dispersent, et je tournerai ma main contre les petits. » Le pasteur et le compagnon sont une même personne, le chef de la nation israélite ; les brebis et les petits sont les membres de cette nation. Jésus fait à lui-même et à ses disciples l'application du passage : « Frappe le pasteur, pour que les brebis se dispersent. » [1 est le pasteur qui va être frappé; les apôtres sont les brebis qui vont être dispersées. La leçon : « je frapperai », n’est peut-être pas une transformation voulue du texte original, mais la leçon authentique ; car la rédaction actuelle de l’hébreu offre une certaine inco-

. Cf. B. Werss, Mé. 449.

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