Cf. supr. p. 569, n
vait à peine être considérée comme une prédiction, 1l se sera contenté de terminer le récit par une seconde invitation à prier !.
Plusieurs commentateurs ? pensent que Luc a volontairement résumé cette mise en scène tout à fait dramatique, et comme la plupart contestent en même temps l’authenticité des versets concernant l'apparition de l'ange et la sueur de sang, le récit se trouve en effet très réduit. Cependant il est de toute vraisemblance, pour ne pas dire certain, que la forme du récit avec la séparation des trois disciples, les trois prières successives et la conclusion mouvementée qui se trouve dans les deux premiers Évangiles, est due à Mare. D'autre part, il est évident que la triple prière et le triple retour du Sauveur ne viennent pas sans quelque embarras de la narration : les évangélistes voudraient avoir quelque chose à dire sur chaque prière et sur chaque retour, mais leurs renseignements sont insuffisants. Il y a quelque chose de convenu et de systématique dans l’idée du triple départ et du triple retour. L'évangéliste aurait-il voulu faire entendre que Pierre, qui va renier trois fois le Christ, et les deux fils de Zébédée qui vont abandonner leur Maïtre comme les autres, ont commencé par être insensibles à un triple appel, que Jésus, en présence de sa mort imminente, leur avait adressé pour les associer à sa peine ?
Toujours est-il qu'il a dù exister avant Marc un récit qui n avait pas les détails où l’on reconnaît la main de cet évangéliste. Dans ce récit, Jésus se séparait de tous les disciples, en leur recommandant de veiller et de prier pour qu'il n’entrât pas en tentation : lui-même allait faire une longue prière sur le thème indiqué aux disciples et qui est signifié dans Marc : « pour que, s'il était possible , l'heure s’éloignât de lui # » ; après avoir prié, Jésus revenait vers ses disciples et les engageait à prendre maintenant du repos; mais, dans l'instant même arrivait Judas. Il ne faut donc pas se presser de dire que Luc a voulu abréger Marc ; il a plutôt suivi, en la complétant et corrigeant par Marc, une source qui est à la base de Marc luimême, et sur laquelle cet évangéliste a construit assez gauchement ce qu'il raconte des trois disciples pris à part et de la triple prière