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temple matériel qui s’édifierait en trois jours, sans que personne y travaillât, bien que l'évangéliste ait pu prêter aux témoins cette façon d'entendre un discours qui n'a de sens que si on l’inteprète spirituellement. Les témoins peuvent être censés vouloir dire que Jésus s'est vanté de reconstruire le temple en trois jours sans y mettre la main. Le temple non fait de main d'homme n’en est pas moins la société chrétienne, où Dieu demeure, et qui est fondée sur la foi du Christ ressuscité. On ne voit pas, après cela, pourquoi l'évangéliste insiste tant sur ce que cette parole a été imputée faussement au Christ, et que les témoins ne s’accordaient pas sur sa teneur: elle est devenue une remarquable prophétie de la destruction du temple, de la fondation de l'Église, et même de la résurrection de Jésus. Le rédacteur se serait-il embrouillé dans son propre travail, alléguant la parole comme un faux témoignage, et la traitant comme vraie par l'interprétation chrétienne qu'il en donne, ou bien devrait-on admettre que les mots : « fait de main d'homme », et « non fait de main d'homme », soient des gloses ajoutées après coup dans le second Évangile ! ? La forme du texte dans Matthieu semblerait donner d’abord plus de probabilité à la seconde hypothèse. Selon le premier Évangile ?, deux témoins s'accordent pour prêter à Jésus cette simple assertion : « Je puis détruire le temple de Dieu et le rebâtir en trois Jours ». La formule est plus facile à expliquer, et comme parole de Jésus, et comme rapport des témoins. Cependant Matthieu n'entend pas plus que Marc attribuer la parole au Christ; ses deux témoins sont de faux témoins ; lui-même corrige à sa manière la déclaration, pour que le lecteur la trouve inoffensive. Jésus aurait dit : « Je puis détruire », ce qui n'implique pas même une prophétie de la destruction du temple, ni l'intention d'effectuer cette destruction, mais peut s’interpréter, dans la bouche des témoins, comme une vanterie blasphématoire et sacrilège. Le texte de Matthieu est donc aussi un texte travaillé. Comme l’évangéliste a précisé la donnée de Marc sur les témoins qui ont fait cette déposition, il a pu rectifier l'incohérence du témoignage, sans y être aidé par une rédaction du second Évangile qui n’aurait pas encore contenu les explications : « fait de main d'homme » et « non fait de main d'homme » ;