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ayant le sens de ce qu'un tel commentaire introduit Pare blable dans le discours, et s’aidant de ce qu’on lit plus loin touchant
les injures adressées à Jésus en croix !, il aura presque rétabli la
forme vraiment traditionnelle de la parole attribuée au Christ 2. On
pourrait d’ailleurs supposer qu'il a connu la source de Mare, où cette parole devait se trouver en sa forme authentique. Marc affirme que les témoignages ne concordaient pas mieux au
sujet de cette parole que pour tout le reste. Matthieu laisse entendre,
au contraire, que deux témoins se trouvèrent d'accord. Les deux évangélistes supposent que les témoins à charge étaient entendus séparément, comme dans un Jugement régulier, en sorte que le témoin interrogé ne savait pas ce qui avait été dit par les autres. Il y a, par conséquent, un certain manque d'équilibre dans la mise en scène. Si les témoins ne s'accordent pas, c'est donc qu'on ne leur a pas dicté par avance leur déposition : dans cette hypothèse, pourquoi les qualifie-t-on indistinctement de faux témoins ? N'y auraitil que les deux témoins de Matthieu à qui on aurait fait la leçon ? D'après Marc, il semblerait que ce sont les contradictions des
* témoins qui décident le grand prêtre à faire parler Jésus sur les
accusations qui ont été recueillies, aucune de ces accusations ne présentant la consistance d'un témoignage légalement recevable; Caiphe se proposerait de surprendre, dans la défense de l'accusé, un aveu qui compenserait cette insuffisance. Matthieu semblerait plutôt avoir pensé qu'il fallait un témoignage assez grave, du moins en apparence, pour justifier la question de Caïphe, et c'est pour ce motif qu'il aurait mis deux témoins d'accord. De cette façon, le grand prêtre a l'air de solliciter un aveu sur un point déterminé
qui ne manque pas d'importance *. La parole sur le temple est
censée un témoignage de la prétention messianique; l’on conçoit qu'elle ait pu être ainsi comprise, et même alléguée devant Pilate.
Caïphe se lève donc, et, s'avançant vers l’accusé, lu: demande pourquoi il ne répond rien aux témoignages que l'on vient d'entendre. Dans Marc #, il s’agit de tous les témoignages ; dans Mat-
OMC XVE 202 Cf. WERNLE, 133.
Cf. HoztzmMANN, 177, 292.