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moyen de se débarrasser d’une affaire où 1l ne voit pas clair !. Hérode était juif, et il saurait accommoder, ou bien il pourrait, en tout cas, terminer d’une façon quelconque cette querelle, qui le regardait et comme juif et comme souverain de la Galilée.
Partout la relation du procès devant Pilate est confuse, à la fois incomplète et surchargée. Les préliminaires, on l’a vu, sont satisfaisants ; mais il est impossible de suivre le développement de l'affaire. Dans les deux premiers Évangiles, l'énoncé de l’accusation manque au début, et, dans tous les trois, la condamnation manque à la fin. On ne voit pas pourquoi, selon Marc et Matthieu, Pilate, sans rien savoir encore, demande à Jésus s’il est le roi des Juifs, ni pourquoi les plaintes des prêtres, devenues inutiles, ne se produisent qu’ensuite ?. Le défaut de cet arrangement et la comparaison de Luc invitent à supposer qu'une transposition à été fuite par le rédacteur du second Évangile, soit pour différencier le procès devant Pilate d'avec le procès devant Caïphe, soit pour donner plus de relief au silence de Jésus, soit enfin et surtout pour préparer l'incident de Barabbas, la faveur, en fait inexpliquée et inexplicable, que Pilate est censé avoir témoignée au Christ, devant, selon l’évangéliste, avoir sa raison d’être, non dans l’aveu messianique, mais dans le silence du Christ en face de ses accusateurs. Le récit primitif et tout ce que la tradition a connu d’abord consistaient probablement dans cette donnée sommaire : Jésus, dénoncé à Pilate comme prétendu Messie par les chefs des prêtres, n’a rien répondu à ses accusateurs (encore ce détail particulier pourrait-il venir de Marc) ; interrogé par Pilate sur le fond de l'accusation, Jésus a avoué; la condamnation s’en est suivie ?. L'épisode de Barabas # fait pendant au jugement par Caïphe ; il s’intercale dans la relation historique du procès devant Pilate, de façon à faire entendre que Pilate n’a pas condamné Jésus, mais qu'il l'a laissé mettre à mort, conformément à la sentence du sanhédrin, après avoir essayé vainement de le soustraire à ses ennemis par voie de grâce. La comparution devant Hérode, qui devait avoir, dans la source où Luc l'a prise, une signification plus accentuée, vient à l'appui de la
. Cf. B. Weiss, Lk. 661.
. Cf. WezzHaAusEen. Me. 136.
Mc. 1, 3-4, 15 b; Le. 1-3, 95 b.
. Mc. 6-15 à.
même thèse apologétique : le fondateur du christianisme n'é pas en contravention à l'égard de l'autorité romaine, et ce n’e cette autorité qui l'a condamné; les Juifs seuls ont arraché Pilate, et malgré lui, la permission d'exécuter une sentence rendue
par le HAS Le
Luc, xxu1, 6. Et Pilate, entendant cela, demanda si cet homme était Fr galiléen, 7. et ayant appris qu'il était sujet d'Hérode, il le renvoya à Hérode, qui était aussi à Jérusalem en ces jours-là. 8. Et Hérode se réjouit de voir Jésus; car depuis longtemps il désirait le voir, pour ce qu'il avait entendu dire de lui, et il espérait lui voir faire quelque miracle. 9. Et il lui posa beaucoup de questions, mais il (Jésus) ne lui répondit rien. 10. Et les chefs des prêtres et les scribes étaient là, qui l'accusaient fortement. 11. Et Hérode, l'ayant traité avec mépris et tourné en dérision avec ses soldats, après lui avoir fait mettre une robe brillante, le renvoya à Pilate. 12. Et ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent amis l’un de l’autre, car auparavant il y avait de l'inimitié entre eux.
13. Et Pilate ayant fait appeler les chefs des prêtres, les magistrats, et le peuple, 14. leur dit : « Vous m'avez amené cet homme comme pervertissant le peuple, et moi, après avoir examiné l'affaire en votre présence, je n'ai trouvé cet homme coupable sur aucune des accusations que vous formez contre lui; 15. ni Hérode non plus, car il nous l’a renvoyé. Il n'a rien fait qui mérite la mort. 16. Je vais donc, après l'avoir fait flageller, le relâcher. »
On doit supposer que le tétrarque de Galilée était venu à Jérusalem pour la pâque. Pilate, ayant appris que Jésus est galiléen !, se décide à l'envoyer à Antipas, non qu'il ne crût avoir le droit de prononcer un jugement à Jérusalem sur un galiléen arrêté dans cette ville, mais parce que, selon l’évangéliste, il ne croit pas pouvoir donner satisfaction aux plaignants, et qu'il espère se décharger de l'affaire, tout en paraissant témoigner une déférence particulière à l'égard d'Hérode. Le tétrarque est d'autant plus satisfait qu'il désirait beaucoup voir Jésus. Luc a déjà parlé plus haut de ce désir ? : Hérode avait entendu célébrer Jésus comme thaumaturge, et il aurait été fort curieux de vérifier sa puissance miraculeuse. Son attente est entièrement trompée. Les questions
Zousias “Hzudov. Cf. 11, 1 ; I, 388.
qu'il fait au Christ demeurent sans réponse !. Les accusateurs produisent de nouveau tous leurs griefs. Mais Hérode ne prend au sérieux ni leurs plaintes, ni son rôle de juge. N'ayant pu contenter sa curiosité, 1l trouve moyen de se divertir autrement en se moquant de Jésus « avec son armée » (il ne faut pas demander comment Hérode peut avoir des « troupes » à Jérusalem), et en le faisant revêtir d'une robe éclatante, comme un roi de théâtre ?. Il le renvoie ainsi à Pilate, quise retrouve dans la même situation qu’'auparavant.
Hérode lui avait rendu politesse pour politesse en déclinant le jugement de la cause. Le tétrarque et le procurateur, qui n'étaient pas jusqu'alors en bonne intelligence, sans doute parce qu'on les suppose l’un et l’autre jaloux de leur pouvoir, et que le prince hérodien convoitait la Judée, sont au moins pour un temps réconciliés ÿ. Mais Pilate est obligé de prendre une décision. Il interpelle les membres du sanhédrin et la foule “ qui suivait la marche de l'affaire, pour déclarer encore une fois que les accusations portées contre Jésus ne sont pas fondées, qu'Hérode est d'accord avec lui sur ce point”, et qu'il va mettre le prisonnier en liberté. Toutefois, pour