Cf. Jn. xix, 18 ; QÉ
Luc, xxmi, 44. Il était déjà environ la sixième heure, et ilse fit des ténèbres sur la terre entière, Jusqu'à la neuvième heure, 45. le soleil s'étant éclipsé. Et le voile du temple se déchira par le milieu.
46. Et Jésus, parlant à haute voix, dit : « Père, je remets mon esprit entretes mains. » Et ce disant, il expira. 47. Et le centurion, voyant ce qui se passait, glorifia Dieu en disant: « Certainement cet homme était juste. » 48. Et tous ceux qui s'étaient rendus en foule à ce spectacle, voyant ce qui se passait, s'en retournaient en se frappant la poitrine.
d'être que s'il s'agissait d’un fait réel, et il est presque puéril de …
cri, expira, 33. Et le ayant de nouveau vadsté un £ voile du temple se dé- l'esprit. 51. Et voilà que le voile % chira en deux, depuis se déchira en deux, depuis le. le haut jusqu'en bas. bas; la terre trembla, les pierres 39. Æt le centurion, qui 52. les tombeaux s ‘ouvrirent, et plusi se tenait en face delui, de saints qui étaient morts ressuscitè voyant qu'il avait ex- et sortant des tombeaux, après Sa résur piré ainsi, dit: « En tion, ils entrèrent dans la ville sainte et ap vérité, cet hommeétait rurent à beaucoup de personnes. 54. EE" Fils de Dieu. » centurion, et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus,
voyant le tremblement de terre et ce qui
passait, furent très elfrayés et dirent : « En:
rité, il était Fils de Dieu. »
des narrateurs, qui n'ont pas songé à une éclipse ordinaire. tu a. | la vérité, dit que le soleil s'éclipsa, mais cela signifie que, pendant trois heures, 1l fut caché aux habitants de la terre : l'évangéliste ne songe aucunement à présenter le phénomène comme un cas. vulgaire ?. Les éclipses de soleil ne durent pas si longtemps, et
une éclipse ne pouvait avoir lieu au temps de la pleine lune, A où onse trouvait. Il est superflu de vouioir restreindre ces ténèbres à la Palestine. Nulle part ailleurs, dans les Évangiles, la formule « toute la terre » n'est employée dans cette acception restreinte. L'objection tirée du silence des auteurs profanes n'aurait de raison
supposer que les Synoptiques ont voulu parler de ténèbres s’arrêtant aux frontières de la Palestine, ou confinées autour de Jérusalem. Les évangélistes ne s'arrêtent pas à décrire ces ténèbres. L'Evan-
1. Mc. 33. ai yevouivnes wox éxne 32070: 2yÉvETO ÈD'OÀNY TNY vi (Ss. omet #
0. t. y.) Ews pas évérns. Mr. 45. 4x0 Où Extns Ggac oxdTos Éyévero èxi nisav tj.
È €. &. t. Lo. 44. ai nv H0n bast Gox Exrn zai 9. E. àp'0. +. y. €. &. à. #5. 703 YA éxAirôvros. À etc. Vo. Ss. zx 5207 /50n 6 fh:oc; D, ëszorisün di 6 ñ.; les mss. lat. a bcer omettent xai devant 35407i59n. Cette variante pourrait bien venir de M ce qu'on a voulu répondre à l'impossibilité d’une éclipse au temps de la pers 4 lune. Tiscaenporr, I, 716; B. Weiss, Lk. 673. 4
2, Cf. B. Weiss, Lk. 672. 7.0
gile de Pierre, qui a essayé une telle description, est tombé dans l’enfantillage i. Il s’agit d’une impression morale, et non d'un miracle physique, d’un trait symbolique, non d'un obscurcissement de l’atmosphère. Beaucoup de commentateurs ont dit, après Origène, que le ciel s'était couvert d'épais nuages ?. Le ciel est toujours sombre pour une âme désolée. Peu importe qu'il s'y trouve ou non des nuages. Il est évident que les évangélistes n'ont point songé à cette cause d'obscurcissement. Va-t-on représenter le Christ agonisant à la face du soleil? Peut-il y avoir de la lumière autour de cette croix? N'est-ce pas en prévision de ce douloureux spectacle que le prophète Amos ? avait écrit : « En ce jour-là, dit le Seigneur, je ferai coucher le soleil à midi, et par un beau jour je couvrirai la terre de ténèbres, et je changerai votre fête en deuil et tous vos chants en lamentation, et Je mettrai sur tous les reins le cilice, et la tonsure sur toutes les têtes, et je rendrai ce jour triste comme le deuil d'un premier-né, et sa fin comme un jour de douleur ? »
Est-ce d'après Amos qu'a été indiqué le moment précis où les ténèbres ont commencé? Cela est possible. Le moment de leur disparition était indiqué par celui de la mort de Jésus. Comment sont-elles venues? Comment sont-elles parties? Qu'a-t-il pu se passer pendant ces trois heures? Les ténèbres étaient-elles bien épaisses? Qu'ont pu en penser les Juifs, les soldats, le peuple qui assistait au crucifiement ? Les évangélistes n'en disent rien, parce que la tradition n’en savait rien. La donnée de la tradition flotte pour ainsi dire entre le réel et l'idéal. En disant qu'elle exprime un sentiment ou une idée, on la ramène à son origine historique. Dans les Évangiles, ce n'est pas tout à fait une réalité matérielle,
4. On y lit : 15. « Et il était midi, et des ténèbres couvrirent toute la Judée, et ils étaient troublés et craignaient fort que lesoleil ne fût couché, parce qu'il vivait encore ; car il leur est prescrit que le soleil ne doit pas se coucher sur un homme tué, 18. Et beaucoup marchaient avec des flambeaux, croyant qu'il était nuit, et ils tombaient.. 22. Alors (quand le Christ eut été descendu de la croix), le soleil brilla, et l'on se trouva à la neuvième heure, 23. et les Juifs furent dans la joie. »
2. Cf. BraxpT, 257. RENAN, Jésus, 437, dit : « Le ciel était sombre ; la terre, comme dans tous les environs de Jérusalem, sèche et morne. » 3. vu, 9-10. LXX, 9. zzi£cza: Ev Exeton 79 u<oz,.…. xai ddsstat 6 ho: ueonu-
Boias, xa! suszxordser àv Quéox T0 céx.
bien que Luc incline fort de ce côté, mais ce n'est pas non oise impression psychologique ou une simple image. L'expression méta- PCA phorique de la conception idéale et du sentiment a cessé déjà d'être + un symbole, sans en perdre néanmoins tout à fait le caractère 1.On remarquera que la mention des ténèbres tient au schéma chronologique de Marc?; elle se présente donc comme une addition rédac-
tionnelle par rapport à la source du second Évangile. L'omission
des ténèbres dans l'Évangile johannique tient à ce que la passion 53 n’y a aucunement le caractère d'une scène de douleur et de deuil. …
Vers trois heures de l'après-midi, Jésus poussa un grand eri, et
il expira?. Tel est, semble-t-il, le seul trait qui vienne de la tra-
dition primitive, et il n'y a pas lieu de s'en étonner. En supposant. que le petit groupe dont il sera question plus loin ait véritablement assisté à la passion, et que les disciples aient pu ainsi être renseï-
gnés, de l’erdroit où elles étaient, les femmes de Galilée auraient. vu seulement les soldats présenter d'abord à Jésus la boisson qu'il.
a refusée, le dépouiller de ses vêtements, le clouer à la croix; elles. auraient entendu ce qu’on disait autour d'elles, et les propos qu'on
tenait contre le Christ; enfin elles auraient perçu son dernier cri, et vu retomber sa tête lorsque tout fut consommé. Eussent-elles été plus rapprochées de la croix, il est probable qu'elles n'auraient pas eu beaucoup plus d'incidents à raconter. Mais il est à croire
que les disciples n'ont pu être instruits que plus tard, et par des
témoins qui tenaient de moins près au Sauveur. On ne peut guère
Là 2
1. On a souvent comparé les ténèbres qui ont accompagné l'agonie de Jésus à celles que la légende dit s'être produites à la mort de César. Quatorze
ans après cet événement, Virgile les signalait, entre autres merveilles rela- :
tives à la mème occasion, dans ses Géorgiques (1, 463 suiv.). Solem quis dicere falsum Audeat. 225 400 TR SRE CARTER Ille etiam exstincto miseratus Caesare Romam Cum caput obscura nitidum ferrugine texit, Impiaque aeternam timuerunt saecula noctem.
Récits analogues pour la mort d'Auguste. Il ne semble pas nécessaire d'admettre une influence de ces «traditions » sur les évangélistes. Cf. Branpr, a 263-265 ; Hozrzmann, 104.
. Cf. v. 25; supr. p. 666, n. 1.
3. Noter l'espèce de reprise et de double emploi qui se trouve dans Mc. 3%. vai th évérn Gpa Bonosv 6 ’Insoës guvÿ ueyéAn, et 37. 6 Dè ’Incoës ages puviv weyd— Xnv kérveusev. Cf. Lc. 46, où les deux cris sont réunis en un seul.