‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 569 sur 672 · PT TON · texte numérisé non relu

PT TON

songer aux soldats romains ni au centurion qui présidait au supplice; mais Simon de Cyrène, qui est allé jusqu’au Calvaire, et qui semble s'être joint plus tard aux disciples de Jésus, a pu suivre jusqu'au bout les péripéties de la passion; c'est par lui ou par d'autres personnes, par exemple des pèlerins galiléens, qui se trouvaient dans les mêmes conditions, que Pierre, dès le jour de la passion, s'ilétait encore à Jérusalem, et les autres disciples, un peu plus tard, ont pu connaître les quelques incidents qui ont marqué la fin de leur Maitre.

Jésus, épuisé déjà par la flagellation, souffrait en silence les douleurs du crucifiement. La perte de sang, causée par le percement des mains et des pieds. n'était pas mortelle, parce qu'elle s'arrêtait bientôt. L'agonie d'un crucifié pouvait être très longue, et durer même jusqu'à trois ou quatre jours. « La vraie cause de la mort était la position contre nature du corps, laquelle entrainait un trouble affreux dans la circulation, de terribles maux de tête et de cœur, et enfin la rigidité des membres!. » Jésus goûta toutes ces horreurs, en attendant le dénouement fatal. La vie seretirait de lui peu à peu. Il mourut, comme meurent tous les hommes, lorsque le désordre introduit dans son organisme brisa le lien de son existence. On sait que sa mort fut prompte. Quel que soit l'accident particulier qui l’a déterminée, cet accident fut la conséquence immédiate du crucifiement. Il semblerait qu'une douleur intime, provoquée par la rupture de quelque organe vital, ait causé le cri que Jésus poussa, et la mort qui survint aussitôt.

D'après les deux premiers Évangiles, Jésus, peu d'instants avant d’expirer, aurait prononcé distinctement et à haute voix les premières paroles du psaume XXII : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Dans les deux Évangiles, ces paroles sont citées en araméen, puis expliquées?. La citation araméenne était indispensable pour faire comprendre comment les auditeurs avaient pu, volontairement ou non, confondre le mot « mon Dieu » avec le nom d'Élie. Mais le texte de la formule sémitique n’a pas été fidè-

Page 1