‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 579 sur 672 · HP OH · texte numérisé non relu

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8. Parmi les textes cités plus haut, p.690, n. 2, Is. xx1v, 18-20 ne se rapporte aussi qu'au tremblement de terre. La métaphore d'Éz. xxxvir, 12 (LXX). id0ù avotyw ÉuGy Tà uvfuata ai avatu dus 24 Toy uvnuéruwy Judy, kai elodéw duas eis znv yñv toù ’Iocar), correspond au récit de Matthieu.

nécessairement plus compliquées. Bien que lié à la résurrection comme condition préalable, le tremblement de terre se rattache aussi à la mort de Jésus, et manifeste le trouble de la nature en présence du grand événement qui vient de s’accomplir, c’est-à-dire qu'il transporte dans le monde physique l'impression profonde que le croyant éprouve devant le Fils de Dieu mourant sur la croix. Par un autre côté, les résurrections dont parle Matthieu semblent rencontrer, Jusqu'à un certain point, la croyance traditionnelle à la descente du Christ aux enfers ‘, au moins dans la rédaction actuelle, où cette résurrection de justes est coordonnée à celle du Christ.

Que l’évangéliste n'ait eu qu’à moitié conscience du symbole qu'il adoptait ou qu'il créait; qu'il ait entrevu le sens du miracle de résurrection qu'il raconte, et qu'il l'ait en même temps supposé réel : que l’idée du tremblement de terre lui soit venue, et qu'il l'ait présentée sincèrement comme un’fait, quoiqu'il n’eût probablement à cet égard aucun témoignage, c'est ce qui n’a rien de surprenant, vu l’état d'esprit où ilse trouvait en composant son livre, et qui lui a fait trouver insuffisants ? les détails merveilleux qu'il lisait dans Marc. Il y aurait quelque naïveté à chercher, dans la littérature profane, les traces du tremblement de terre, ou à spéculer sur le sort ultérieur des ressuscités que l’'évangéliste a introduits dans son tableau.

En suivant eette histoire de résurrection, Matthieu a perdu le 61 du récit; il ne cherche pas à le rattraper autrement qu'en relatant, d'après Marc, et en rattachant aux détails merveilleux quil vient de signaler, l'impression manifestée par le centurion. L’attitude de cet officier est caractérisée d'une façon trop succincte pour qu'il soit possible à l’histoire d'analyser les sentiments d'où procède l’aveu mentionné par les trois évangélistes. Dans la pensée d'un centurion romain, qui ne savait pas ce que les Juifs entendaient par « fils de Dieu », bien moins encore ce que Jésus avait entendu par là, et ce que l'Église chrétienne devait enseigner à ce sujet, la déclaration : « Cet homme était fils de Dieu ? », aurait signifié seulement que Jésus était un être divin, surnaturel, un héros #. Mais ce

Hozrzmanx, 295. Cf. supr. p.676, n. 5.

Cf. WERNLE, 179.

Supr. p. 688, n.3.

4. NVELLHAUSEN, Me.[1 1. Horrzmaxx, 181, ajoute que les premiers lecteurs,

n'est pas cela que les évangélistes ont dù comprendre. Le centurion dit une chose qu'ils croient, et il la dit dans les termes où ils l’expriment !. Par conséquent, le centurion dit la même chose que Pierre a dite autrefois à Jésus, quand il l’a reconnu pour le Messie. Ce serait une véritable conversion, et l’on peut se demander jusqu'à quel point le centurion ne représenterait pas le témoignage rendu par les Gentils au Christ. Du moins on a tenu à faire rendre ce témoignage par celui qui avait présidé au supplice du Sauveur. On suppose volontiers que Luc a atténué les termes dont Marc s'était servi, parce qu'il trouvait peu naturel qu'un païen eût parlé du Fils de Dieu comme un juif ou un chrétien. Si Luc a fait cette considération, on aurait tort de l'en blâmer. Mais 1l paraït infiniment probable que l’évangéliste a trouvé plus opportun de faire donner à Jésus par cet officier une dernière attestation [d’innocence ? qu'une profession de foi. Après Pilate, qui dit que Jésus n'était pas coupable, le centurion déclare que Jésus était juste. La préoccupation de l’apologiste a dominé celle du théologien ?.

Dans Marc, ce sont les circonstances de la mort qui provoquent les paroles du centurion : mais en quoi cette mort subite, après un grand cri, prouve-t-elle que Jésus était le Fils de Dieu? La plupart des crucifiés ne mouraient pas si promptement; la rapidité de cette mort, avec le cri qui l’avait précédée, était quelque chose d'extraordinaire ; un habitué de pareilles exécutions ne pouvait que le remarquer, et on ne peut pas dire que la parole du centurion soit invraisemblable. Il est d'ailleurs censé connaître la prétention de Jésus à une mission céleste 4. D'autres circonstances avaient pu le prévenir favorablement pour le Christ. Mais l'on conçoit aussi que, si l'incident est historique, il ait pris dans la tradition une forme plus accentuée que dans la réalité 5. La déclaration du centurion

hellénochrétiens, de Marc ont dû l'entendre de même, ce qui paraît contestable : le Christ de Paul, de Marc et des premières communautés hellénochrétiennes est déjà plus qu'un héros divin.

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