‹ Les e?vangiles synoptiques / (volume 2)Chapitre 592 sur 672 · AE NEE · texte numérisé non relu

AE NEE

ressortir le miracle de la résurrection, et c'est pour le même, motif. que Matthieu dit que la pierre était grande. | On doit se représenter le sépulcre dont il s'agit comme une espèce de chambre souterraine, creusée dans le roc, avec une ouverture à fleur de sol, que l'on fermait au moyen d'une large pierre. Jean! insiste, comme Matthieu et Luc, sur la circonstance du sépulcre neuf; mais Matthieu est seul à dire, probablement à supposer, que ce sépulcre était celui de Joseph?. S'il en eût été ainsi pour Jean, Marie de Magdala, le matin de la résurrection, n'aurait pas conjecturé que le gardien du jardin où se trouvait le tombeau avait retiré le corps de Jésus pour le transporter ailleurs?. D’après Marc, Luc et Jean, il semblerait que Joseph ait déposé le corps dans le tombeau libre qui se trouvait le plus rapproché du lieu du crucifie-

ment, sans consulter le propriétaire de l'endroit. Il est peu pro=

bable néanmoins qu'il ait eu l'intention de revenir après le sabbat, afin d'enlever le corps et de le placer ailleurs, car les femmes qui l'avaient accompagné considéraient la sépulture de Jésus comme définitive. Telle dut être la pensée des évangélistes. Cette circonstance ne laisse pas de faire difficulté : n'est-ce pas pour l'avoir senti que Matthieu attribue à Joseph la propriété du sépulcre où Jésus a été mis ‘?

Après avoir mis Jésus dans cette tombe, Joseph la ferme en fai-

sant rouler la pierre destinée à en couvrir l'orifice. Tout cela est

censé s'accomplir à la hâte, parce que le temps presse, et qu'il faut

xx. 41. Cf. QÉ. 898.

Pour l'Év. de Pierre, cf. supr. p. 703, n. 2.

3. Hypothèse admise par plusieurs critiques, notamment par ceux qui, admettant l'historicité de la découverte du tombeau vide, pensent que Joseph aurait pu enlever le cadavre après le sabbat. Cf. Horrzman, 405. Renan, Jésus, 447, dit sans hésiter : « On n'avait pas encore choisi le lieu où on déposerait le corps d'une manière définitive... On se décida donc pour une FSÉRUIUITE provisoire. »

. On peut supposer ici l'influence d'Is. xx11, 16, supr. cit., p. 705, n. 3. ASS loc. cit., pense que Marc et Luc attribuent, sans le dire, la propriété du tombeau à Joseph. Cette opinion ‘est probable pour Mare, s'il a pensé au texte d'Isaïe ; elle l'est moins pour Luc, qui semble plutôt ne pas s'être posé la question de propriélé. Jx. xix, #1-42, qui y a pensé, mais qui associe Nicodème à Joseph, la résout en sens contraire à Matthieu ; il pouvait avoir ses raisons de n’attribuer pas à Joseph le jardin où il a placé le tompess (ct. QÉ. 898).

finir avant la nuit. C'est ainsi que Jésus aurait été mis par un étranger dans une tombe d'emprunt.

Marc, xv, 47. Et Marru. xxvur, 61. Et bor, xxnis:-59. EE Marie de Magdala et il y avait là Marie de l'ayant suivi, les Marie de José regar- Magdala et l’autre Ma- femmes qui étaient daient où on le dépo- rie, qui étaient assises venues avec lui (Jésus} sait. en face du tombeau. de Galilée considérèrent le sépulcre et comment son corps y avait été déposé. 56. Et s'en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums. Et le jour du sabbat, elles se tinrent tranquilles, selon le précepte.

Quelques femmes seulement regardaient faire le pieux Joseph !. D'après Mare et Matthieu, il n'y en aurait eu que deux, Marie de Magdala et Marie mère de José; d'après Luc, tout le groupe des femmes galiléennes aurait suivi Joseph d'Arimathée au sépulcre. L'indication de Marc pourrait n'avoir qu'une précision apparente : mais, vu la tendance du troisième Évangile à généraliser les données antérieures touchant les témoins de la passion, l'indication de Mare est à regarder comme primitive relativement à Matthieu et à Luc. Les deux femmes s'éloignent après Joseph, ayant bien noté l’endroit du sépulcre et sa disposition tant intérieure qu'extérieure.

Cette observation tend à corroborer la valeur de leur témoignage, et, comme tous les autres détails du récit, elle est conçue en vue de la découverte du tombeau vide. Marc tient à dire que ce sont les mêmes personnes qui ont vu l'ensevelissement et trouvé le sépulcre sans cadavre : c'est par là, non par l'hypothèse de rédactions superposées ?, que s'expliquela mention réitérée des femmes. Marc a voulu seulement y introduire quelque variété en en faisant assister un

1. Mc. 47, ñ 0 Mapia Mayôzhrvn rat Magia % ’Iwsñros (cf. v. 40, supr. p.697, n. 4.« Marie de José » devrait se traduire : « Marie fille de José ». D, lit Magix Laxw6os. Ss. : « Marie, fille de Jacques ») #6ecoouv #oÿ réerra: (D, éfsésavro 0» +07 09 272 5). Mr. 61, %v dE 2xeï Magiau ñ Mayôaknyh rai n 3m Masia, rabiuevar aréyavrt 705 zéçou. Il est assez curieux que Matthieu réserve le 6:w2%52: pour xxvinr, 1. Le. 55. xa:440k0u6r 5232: 5? ai (D mss. lat. ont 560, aw lieu de 4, ce qui pourrait bien être une correction voulue pour l'accord avée Mc. xv, 47 ; Mr. xxvir, 64; xxVIIt, 1} quvaires, aisivss nov covshmhuluiat 2x 5 Fakrhaize (cf. v. 49, supr, p. 698, n. 2) ébeésavro +0 pyqueïoy 221 Go: Etéün 70 cu aÿ-0ÿ (paraphrase. de Mc. 41), 56. rosroébasat D: f-oluasay acuuata ai 602.

2, J. Wriss, AE. 341.

grand nombre à la mort de Jésus, deux à sa sépulture, et trois à la découverte du tombeau vide, Ê

Luc dit que les femmes préparèrent des parfums ce soir-là : ou bien il anticipe sur la marche réelle des faits, ou bien il suppose que le vendredi n'était pas un jour de fête, ou que les femmes ont travaillé dans la soirée en violant le sabbat; mais cette dernière. hypothèse est à peu près contredite par Luc lui-même !. La première paraît la plus vraisemblable.

La valeur historique de tout ce récit n’est pas à discuter indépendamment du suivant. Le témoignage de Paul ? ne peut lui servir de recommandation ?. Paul dit que Jésus a été enseveli, « selon les icritures » : il savait donc que le corps du Crucifié avait été mis en terre, et 1l trouvait le fait annoncé dans l’Ancien Testament, comme la mort et la résurrection du Christ. Cette attestation peut n'avoir aucun rapport avec ce que Marc raconte. Supposons que la coutume ait été de ne pas laisser les corps des suppliciés à l'abandon, à raison des scrupules que les Juifs avaient touchant les cadavres, et que le. corps de Jésus ait été déposé dans une espèce de fosse commune ‘, avec les deux voleurs, Paul aurait pu dire cequ'ila dit. On nepeutrien déduire de son assertion pour ce qui concerne Joseph d'Arimathée et les circonstances particulières indiquées dans Marc. Il est infiniment probable que Paul ignore Joseph, comme il ignore Ja découverte du -tombeau vide par les femmes galiléennes. La présence de celles-ci à Jérusalem, autour de Jésus et des disciples, peut être une donnée de l’histoire, et même leur présence sur le Calvaire : mais cette donnée était tout à fait accessoire dans la tradition, tant qu'on ne songea pas à faire de ces femmes, qui pouvaient bien, en effet, être restées à Jérusalem quand tous les apôtres étaient déjà partis, les premiers témoins de la résurrection.

Marru. xxvu, 62. Et le lendemain. qui était après la préparation, les chefs des prêtres et les pharisiens se rendirent ensemble chez Pilate, 63. disant : « Seigneur, nous nous souvenons que cet imposteur a. dit, quand il était encore en vie : « Après Lrois jours je ressusciterai. » 64.

Ve s6fh:

I Cor. xv, 4. zat 6tt Etdon... zut ras yoapds. Cf. Ro. vi, #4. Ainsi que l'admeltent Branpr, 309, 312; Hocrzmaxx, 104.

. Cf. supr. p. 627, n. #, ce qui a été dit à propos de Hakeldama.

NO

Ordonne donc que le tombeau soit bien gardé jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent l'enlever et ne disent au peuple: « Il est ressuscité des morts » ; et la dernière imposture serait pire que la première. » 65. Pilate leur dit : « Ayez une garde. Allez, gardez comme vous l'entendez. » 66. Et il allèrent s'assurer du tombeau en scellant la pierre,

avec la garde.

Le rédacteur du premier Évangile joint au récit de Marc une courte notice qui est en rapport avec une autre addition faite par lui dans le récit de la résurrection. La formule bizarre, « jour d’après la préparation !», qui est employée pour désigner le sabbat, vient tout simplement de ce que le narrateur, ayant omis, au commencement du paragraphe précédent, l'indication de Marc? : « comme c'était le jour de la préparation, c’est-à-dire la veille du sabbat », n'a pas voulu la laisser tomber tout à fait, et s'en est servi er cet endroit. L'intervention des pharisiens, qui n'ont point paru dans le procès ni au Calvaire, n'est pas attendue : c'est que l'évangéliste n'est plus soutenu par aucune tradition écrite, et qu'il interprète lui-même la tradition orale dont il dépend. Il parle des pharisiens, parce que l'annonce de la résurrection dont il va tirer parti un peu plus loin, pour le discours qu'il fait adresser à Pilate, a été dite devant des pharisiens *. Il est vrai que ces derniers ont entendu Jésus en Galilée, et que ceux du présent récit vivent à Jérusalem. Cette difficulté ne compte pas pour le narrateur, dont le point de vue n’est pas celui d'un historien exact, mais d'un apologiste qui répond aux objections des Juifs.

La désignation : « chefs des prêtres et pharisiens », a quelque chose de vague. Il ne s'agit ni du sanhédrin, ni du corps sacerdotal, ni du parti pharisien, mais des principaux ennemis de Jésus . Prêtres et pharisiens sont donc censés venir trouver Pilate et lui faire part de propos qui avaient été tenus par le prophète galiléen, qu'ils traitent d'imposteur ?. Celui-ci a dit quil ressusciterait le troisième jour après sa mort; ses disciples seraient capables d'enlever

- Se, RARE Site ; ; #e :

V. 62. zn dE éxavprov, nzts Esriv ueTà nv racaczeunv, ouvT/Ünsay oi apyrepels xat , ‘ ; = “ F i [F ei (x CR :

bn

zorsaïo 7005 [l:tÀ45ov.

- xv, #2 ; supr. p. 700, n. 1.

xt, 40; I, 993, 997-998.

. B. Weiss, E. 166.

. V. 63. éxeïvoc Ô rAdvos. Cf. II Cor. vi, 8 ; I Jx. 7.

Page 1