B. Weiss, E
pas question de la régénération intérieure dont le baptême est en même temps le symbole.
L'énumération des trois personnes vise leur participation à l'œuvre du salut, non les relations métaphysiques et absolues qui existent entre elles. La doctrine de la Trinité, c'est-à-dire l'égalité parfaite des trois personnes dans l'unité de la nature divine, n'est pas enseignée dans ce passage, car le mot « nom » est sous-entendu devant la mention du Fils et celle du Saint-Esprit. et il n'est pas signifié qu'un seul « nom », c'est-à-dire une seule essence, appartienne au Pere, au Fils et au Saint-Esprit. Le Père est Dieu, qui a envoyé son Fils; le Fils est le Messie envoyé par Dieu pour le salut des hommes ; le Saint-Esprit est le don messianique, accordé par Dieu aux fidèles en considération du Fils. Il est incontestable d’ailleurs que la mention personnelle du Saint-Esprit et la juxtaposition des trois personnes implique entre elles, indépendamment de leur part respective dans l’ordre du salut, une relation fondamentale dont la nature est à déterminer par d'autres considérations que celle dont l'Évangile se préoccupe en cet endroit.
Ces paroles du Sauveur ne sont pas données comme la formule nécessaire du baptême, pas plus que la formule : « baptiser au nom de Jésus-Christ », ne suppose la nécessité de prononcer le nom de Jésus dans l'acte baptismal. IL est oiseux par conséquent de discuter si les apôtres ont conféré le baptème en employant l'une ou l’autre formule, vu qu'ils ont pu n'en employer aucune, et s'en tenir au symbole de l'immersion, après la profession de foi du candidat. Le baptême « au nom de Jésus-Christ » est ainsi appelé pour le distinguer du baptème de Jean et des ablutions juives : c'est la cérémonie de l'initiation chrétienne. Qu'une formule ait fait de bonne heure partie du rite baptismal, il n'est pas permis d'en douter: mais il est très probable que cette formule a varié dans les premiers temps, et que l'on a réellement baptisé « au nom de Jésus », avant de baptiser « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».
Cette dernière formule était certainement en usage dans le temps et dans le milieu où le discours de Matthieu a pris sa forme actuelle ; son emploi est attesté par la Didaché !, et l’on peut croire qu'elleétait
1. vu, 1. Barrisars sis 0 Ovoua 70d ratoôs 2ai to viod xai 103 &ylou rveduatos &v Sdar: F@vz:. On remarquera que, pour ce précepte, l'auteur ne se réfère pas à l'Évangile, comme il fait pour l'Oraison dominicale (ec. var). Cf. I, 17.
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sant aunom FR Père, du Fils et di SARus a », ES Me 4 citations d'Eusèbe de Césarée qui sontantérieures au concile de Nicée. Le texte y est reproduit sous cette forme ? : « Allez, instruisez toutes ” les nations en mon nom, leur apprenant à observer tout ce que je” vous ai commandé ». Le discours se présente ainsi dans un meilleur équilibre #, et l’on ne pourrait plus alléguer l’emploi de la formule … trinitaire pour abaisser la date de la rédaction définitive du premier Évangile. Le sens général du passage resterait le même, vu que Matthieu implique certainement le baptème dans « l'instruction » des croyants, comme il est impliqué dans ce que Luc # et Jean 3 disent de la rémission des péchés. | L'ordre de baptiser n'est donné dans Matthieu que par le Christ ressuscité. Cependant le quatrième Évangile dit que les disciples baptisaient déjà pendant le ministère de Jésus. Bien que le texte ordinaire de Matthieu ne signifie pas directement l'institution du rite baptismal par le Christ ressuscité, il ne suppose pas non plus que le baptême chrétien ait pu être conféré avant la résurrection de
1. F.C. Coxvyseare, Zeitschrift f. neut. Wissenschaft, 1901, 275-288. On.a voulu expliquer cette particularité du témoignage d'Eusèbe; mais il ne semble pas qu'on ait résolu à fond l’objection qui en résulte contre l'authenticité de la formule trinitaire dans Mr. 19. Cf. WeLLnauseN, Mé. 152.
2. Dem. ev. II, 6. rogeblevres uafnreïoare révra +à Üvn èv <@ ovéuaxi pou (ce qui signifierait : « à ma place », non « par la vertu de mon nom » ; les apôtres sont substitués au Christ pour la prédication de l'Évangile ;ef. Jx. xv, 26; QÉ. 756, où la même chose est dite pour la mission intérieure du Paraclet, qui, lui aussi, « enseignera ce qu'a dit » Jésus) dtôdozovres adTods ATX. | £
3. Le rapport grammatical et logique des deux participes farr&ovres, ou farzisavres, et ddészovres est passablement embarrassé; le second participe serat= tache bien plus naturellement à pabnreüsare, si l'on omet Barriovres #7). On observe (Hozrzmaxx, 299) que, avec la leçon Bartisavres, diddonovres est explicatif de paônteÿsate, mais il l'explique de bien loin ; et que, avec la leçon Baz- +iovre, l'instruction apparaît subordonnée au er comme dans Didaché, vu, 1; mais, dans la Didaché, l'enseignement précède le baptème, et ici lon dirait qu'il le suit. Ne semble-t-il pe que la mention du baptème altère, par l'intrusion d’une idée particulière, la définition générale du ministère apostolique et ecclésiastique, uabnzevsate... diddozovres… ?
4, xXIV, 45.