Rohrbach, Harnack
6. Hypothèse des deux auteurs cités n. 5. Cf. supr. p. 786, n. 3.
des quatre Évangiles a été constitué, il est au moins surprenant que la suppression ait pu se faire dans tous les exemplaires alors existants, sans que la forme primitive se soit conservée, et sans qu’elle ait même laissé d'attestation ou de trace dans la tradition. Le rapport de l'Évangile de Pierre avec la finale supposée de Marc est hypothétique, et l'on peut trouver d'autres conjectures pour
expliquer comment l'apparition sur le lac de Tibériade se trouve
être dans cet apocryphe la première manifestation du Christ ressuscité à ses apôtres. En supposant que Marc «it raconté la pêche miraculeuse, il n'était pas plus difficile d'accorder son récit avec ceux de Luc et de Jean que d'y accorder celui de Matthieu, ou de concilier le dernier chapitre de Jean avec l'avant-dernier. Le récit de la pèche miraculeuse, où Jésus apparaît à des disciples non avertis, est aussi bien en contradiction avec Marc lui-même, où Pierre et les disciples, prévenus de la résurrection et de ce qui les attend en Galilée, ne seraient pas dans l’état d'esprit que suppose le récit exploité pour le dernier chapitre de Jean.
Peut-être rendrait-on mieux compte de tous les faits à expliquer, si l’on admettait que le document fondamental de Marc racontait, en effet, après la mort de Jésus, le retour éperdu et le rassemblement des disciples en Galilée, l'apparition sur le lac, peut-être même une apparition aux Onze, ainsi que le retour des apôtres à Jérusalem, et la fondation de la première communauté. La préoccupation de la Galilée chez le rédacteur du second Évangile tiendrait, comme il a été dit plus haut !, à ce qu'il est dominé encore par la tradition historique de l'Évangile, et influencé par la source dont il dépend ; il s'abstiendrait de raconter aucune apparition, parce que la découverte du tombeau vide lui a paru être une plus saisissante conclusion de l’histoire évangélique, peut-être aussi parce qu'il a été lui-même arrêté par la difficulté de combiner l'histoire du tombeau vide avec les données antérieures. On peut supposer, d’ailleurs, qu'il a omis le récit des apparitions, parce qu'il ne se souciait pas de raconter les origines de la prédication chrétienne, ou bien, au contraire, parce qu'il avait l'intention de les exposer dans un autre livre qui n'aura point été écrit ou qui se sera perdu, les Acles de Luc ayant pu en occasionner la disparition, comme
Pa les Évangiles canoniques ont. occasionné celle des ioeum
leuse dans le quatrième Er dans V'Évangil dans celui de Luc, plusieurs détails et même le fond concernant les apparitions hiérosolymitaines, le trait. marchant sur les eaux, dans Matthieu !, pourraient à emprunts plus ou moins directs à la tradition représentée source de Marc, des échos plus ou moins transformés et a quant à leur caractère historique, des fragments plus où hardiment et habilement corrigés de ce document. La apostolique sur les apparitions du Christ ne faisait point : su l'histoire du sépulcre vide, qu'elle ignorait ; cette histoire lui < plutôt parallèle ?, et c'est pourquoi, dans le second Évangile, | pris la place de cette tradition; la combinaison de l'une l’autre s’est faite dans les Évangiles plus récents, et avec 1 liberté toujours plus grande à mesure que les témoins de l'hist ire disparaissaient, que le sentiment de la réalité historique s ‘évanouis-
sait dans l'enthousiasme de la foi, que le contact des souven ni évangéliques avec leur point de Le géographique et leur vie d'origine allait s’éloignant, s'atténuant, se perdant.
Marc, xvi, 9. Et étant rezcuscité le matin, le premier jour de semaine, il apparut d’abord à M:rie de Magdala, dont il avait chassé se démons. 10. Et celle-ci alla l’annoncer à ceux qui avaient été avec lui, (et) qui étaient dans le deuil et les larmes. 11. Et eux, entendant dire qu vivait et qu'il avait été vu parelle, ne le) crurent point. Re
L'auteur du supplément de Mare, dit, contrairement 2 MS de he mais conformément à Mare lui-même, à Luc et à Jean, mer Jésus ressuscita le dimanche matin; il dit, d'après FAURE que le Christ « apparut d’abord à Marie de Magdala ».. A cette occasion, le lecteur apprend que le Sauveur « avait chass sept démons » de cette femme. Bien que les circonstances de nu ne soient pas décrites, il s’agit évidemment de ki4 scène qu'on trouve tout au long dans le quatrième Évangile ;
xiv, 28-31 (I, 943); cf. J. xxr, 7-8 (QË. 931-932). WELLHAUSEN, Me. 146.
xxvin, À; Supr. pp. 717-718.
xx, 11-18 ; QË. 904-910.