L'HÉRITAGE
autorité religieuse pour l’accommodation de litiges d'ordre temporel! ? Peut-être ce frère était-il un aîné qui refusait de faire à son cadet la part qui revenait à celui-ci dans la succession paternelle ?. Jésus ne veut pas se mêler de ces intérêts matériels, et 1l décline la requête avec un suprême dédain *. Bien que sa réponse rappelle un passage de l’Exode #, le trait paraît fondé en tradition et n'a rien que de conforme à l'esprit du Christ. Luc a dû trouver dans ses sources l’anecdote et la parabole, qui sont par elles-mêmes indépendantes l’une de l’autre; la réflexion contournée, qui sert de lien entre les deux, et où l’on ne reconnaît pas la vive allure et la lucidité des sentences authentiques, doit être seule attribuée au travail rédactionnel ?.
Luc, xu, 15. Et il leur dit : « Voyez à vous garder de toute avarice ; car la vie d’un homme qui est dans l'abondance ne dépend pas des biens qu'il possède. » 16. Etilleur dit une parabole, en ces termes : « Il y avait un homme riche dont la terre avait beaucoup rapporté. 17. Et il réfléchissait en lui-même, disant : « Que ferai-je, car je n'ai pas de place pour loger mes récoltes ? » 18.Et il dit : « Voici ce que je ferai : j'abattrai mes greniers et j'en bâtirai de plus grands, et j'y amasserai tous mes produits et tous mes biens ; 19. et je dirai à mon âme : « Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour beaucoup d'années; réjouis-toi. » 90. Et Dieu lui dit : « Insensé, cette nuit-même, on te redemandera ta vie; et à qui sera ce que tu as préparé? » 21. Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, et qui n'est pas riche pour Dieu. »
L'évangéliste insinue, bien que la réponse de Jésus ne le fasse nullement entendre, que l’homme qui réclamait sa part d’héritage était un avare, qui fournit au Sauveur l’occasion de prémunir son auditoire contre l’avarice, pour cette raison que la vie de l’homme ne dépend pas de ses richesses, et que même l'abondance de tous les biens ne lui garantit pas la prolongation de son existence. La preuve en est dans le cas de ce propriétaire qui se voyait au point