Cf. WERxLE
AT À Vo
it ;
de faire des récoltes si considérables qu'il ne savait
meilleur parti à tirer de son bien pour lui-même. Un mon dépeint l'effort de sa pensée et les sentiments qui l’animent. Ap quelque perplexité !, il croit avoir trouvé le plus sage parti : abattre ses greniers trop étroits, et en édifier promptement de plus. vastes, pour y loger tous ses produits. Quand son avoir sera ainsi. en sûreté, il pourra prendre du bon temps. Le discours qu'il. adresse à « son âme » est une façon hébraïsante de s’apostropher
lui-même, et il y a quelque subtilité à supposer que l'âme est interpellée comme sujet de la vie sensitive ?, ou sensuelle, à moins
qu'on ne dise que l’homme s'adresse à son moi jouisseur ?. Encore
est-il que l'idée du moi est seule exprimée dans le mot « âme »,
comme qui dirait : « Voilà des provisions pour longtemps, mon
petit fils, mets-toi tranquillement à table *, et traite-toi comme il
faut. » Le riche n'annonce pas l’intention de faire des excès, mais de couler une vie douce. Seulement, l'homme propose et Dieu dis-
pose : celui qui voulait tant jouir de son bien accumulé n’en jouira
pas. Dieu lui interdit le lendemain ; il mourra « cette nuit °», non
la nuit où il serait censé avoir fait le monologue précédent, mais la nuit qui vient après l’accomplissement de ses projets, lorsque ses
greniers agrandis ont reçu la moisson, et que le temps est venu de
vivre tranquillement sur le bien amassé.
La question : « à qui sera ce que tu as préparé ? » suppose que le plan du riche a été exécuté. On enlèverait d’ailleurs toute saveur à l’apologue, en faisant mourir l'homme quand ses récoltes sont encore aux champs, et qu'il n’a que des intentions pour l'avenir.
1. Marquée par la reprise du v. 18. Au lieu de cette reprise, Ss. a la paraphrase : « Il faut que j’abatte mes greniers, que je les rebâtisse et les agrandisse. » D, au lieu de uetovas oixodourow, lit : roujow adtac ue ovas. à