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4. Dans les Septante, zzAnsia correspond aux mots 5np et n71}, qui s'emploient pour désigner la communauté israélite.
parler d'église que quand l'Église a existé, c'est-à-dire après que, le judaïsme ayant rejeté la prédication apostolique, les groupes chrétiens durent se constituer de plus en plus et définitivement en dehors de l’organisation religieuse d'Israël. Il y eut alors des communautés, des églises, dont la réunion idéale, on pourrait dire la raison commune, était l'Église. Paul dit l'Église de Dieu !, comme on disait le royaume de Dieu. C'est l'Église, en effet, qui est venue au lieu du royaume qu'on attendait, et l’idée de l'Église s'est substituée par la force des choses à l'idée du royaume. S'il avait parlé de l’Église, Jésus n'aurait pas plus dit « mon Église » qu'il ne disait « mon royaume » ; mais, au temps de Matthieu, et dans l'esprit de cet évangéliste, le Christ n’est plus seulement l'agent du royaume et le représentant de Dieu, il est entré pleinement dans la sphère de la divinité, il agit en Dieu, tout-puissant au ciel et sur la terre, souverain juge des vivants et morts, et ses fidèles lui rendent un culte divin, ils sont devenus son Église. Plein de significalion, si on le remet dans son milieu d’origine, le discours que Matthieu prête au Sauveur n'aurait eu, à la date indiquée, aucun sens pour les apôtres. Que Jésus se soit voué à la formation de ses disciples afin de les associer à son œuvre, ce n’est pas encore l'Église; car les apôtres n'avaient toujours à prêcher que le royaume, et ils n'avaient pas été chargés de l’organiser provisoirement dans une institution quelconque. Il est vrai seulement que Pierre et les apôtres ont pris dans la réalité de l’histoire une situation analogue à celle qui leur était promise dans le royaume espéré; tout en prêchant l'avènement du royaume et le retour de Jésus, ils ont institué l’Église et l'ont régie en vertu de la mission qui leur était donnée pour le royaume.
Si l'évangéliste n'a pas uniquement en vue la personne de Simon- Pierre, ce n'est pas pour lui dénier le pouvoir qu'il a exercé dans l'Église, c'est parce qu'il est préoccupé du pouvoir même autant que de la personne. Il n’a pas songé à une influence, à une autorité, à une action qui devaient disparaître avec l'apôtre lui-même, et qui n'auraient plus été en son temps qu'un souvenir déjà lointain. Simon-Pierre n’est pas que le fondement historique de l'Église, il en est le fondement actuel et permanent; il vit encore, aux yeux de Matthieu, dans une puissance qui lie et délie, qui détient les clefs du royaume, et qui est l'autorité de l'Église elle-même, non pas
1 LCon:x 32; xr, 16, etc:
10 Le LES ÉVANGILES SYNOPTIQUES
sans doute son autorité diffuse, le régime particulier de nautés, mais une autorité générale et distincte, qui est aux
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Les critiques ne voient dans ce passage de Matthieu le shis at s% témoignage des prétentions de l'Église romaine ! rencontrent l'interprétation catholique du texte. à L'Église dont parle Matthieu est celle qu'il connaît, dont il est, non seulement la primitive communauté apostolique. Cette Église a la solidité qui convient à un édifice bâti par la main de Dieu, etsur un fondement tel que Pierre ?. Les portes de l'enfer ne l'emporte ront pas sur elle. Quelques interprètes modernes voient là une simple comparaison 5. L'enfer est conçu comme une sorte de forteresse souterraine dont les portes ne peuvent être brisées, etne laissent pas sortir ceux qui les ont une fois franchies. Les portes de l'enfer ne J’emporteraient pas sur l'Église, parce que l'Église est plus inébranlable encore que les portes du ténébreux séjour. Mais l'idée d’un succès qui doit échapper à la puissance infernale semble claï= rement indiquée ‘. Les portes de l'enfer, c’est-à-dire la puissance de la mort, triomphent de tout ce qui passe sur la terre; elles se referment sur tous les hommes” et sur tous les empires de ce monde ; jamais pourtant elles ne se refermeront sur l'Église, parce que l'Église de Jésus ne meurt pas. L'enfer ne doit pas désigner ici, au moins directement, la puissance du mal, mais le royaume de la mort, suivant l'usage de l'Ancien Testament. L'Église vivra toujours ; elle ne changera que pour devenir le royaume glorieux du Christ, et elle est déja le royaume des cieux. C’est pourquoi les portes de l'enfer ne la retiendront jamais captive derrière leurs éternels verrous. S'il s'agissait d'un combat entre l'enfer et l'Église,
. Hypothèse dubitative de Rire 136, 192; Hozrzmanx, 259. C£. vir, 24-25 ; I, 642-644
3 Net» Weiss, E. 101.