‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 126 sur 807 · Cf. supr. p · texte numérisé non relu

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gile est, entre tous, un livre d'édification, l'on pourrait même dire d'organisation ecclésiastique ; le rédacteur a son idée de « justice ! », c'est-à-dire de perfection chrétienne, et de bon ordre dans les communautés; l'Église est pour lui le royaume des cieux déjà réalisé, avec le Christ.invisiblement présent ?; il a souci de sa pureté , de sa paix intérieure {, des règles de la tradition apostolique et de ses organes permanents *; 1l utilise une expérience déjà longue de la prédication chrétienne; s’il a su tirer des faits de l'Évangile, confrontés avec les prophé-

lies anciennes, une démonstration de la foi, il a su également extraire des sentences et paraboles qu'il trouvait dans les Logia, moyennant certaines combinaisons et additions, une institution chrétienne des fidèles et de la communauté croyante.

On a pu voir que les récits du second Évangile, qui constituent le fond du premier dans ses parties narratives, sont de nature assez variée: les uns tendent à prouver la dignité messianique du Sauveur; d’autres ont un caractère symbolique plutôt que démonstratif; il en est enfin, comme l'histoire de Barabbas, le récit de la sépulture et de la découverte du tombeau vide, qui ont un caractère purement apologétique et polémique. Cette diversité s’atténue chez Matthieu et s'évanouit pour ainsi dire, dans la préoccupation de montrer la puissance miraculeuse du Christ, et surtout la conformité de sa merveilleuse carrière avec ce qui avait été prédit du Messie dans les Écritures anciennes. C’est le miracle ou le rapport du fait avec la prophétie qui intéressent l'évangéliste, non les circonstances ou le détail de l'événement. C’est pourquoi Matthieu se complait beaucoup moins que Marc aux descriptions. A cet égard, bien loin que Marc soit l'abréviateur de Matthieu, c'est plutôt Matthieu qui abrège Marc. Son procédé a pour résultat de donner plus de relief aux prodiges qu'il raconte; on peut dire néanmoins qu'il n’a pas, en général, l'intention de grossir le miracle, mais seulement de le montrer ; il serait plutôt enclin à le multiplier. Ainsi les deux possédés de Gérasa f, les deux aveugles de Jéricho 7 ne doublent que pour la quantité, non pour l'intensité du merveilleux, les deux guérisons racontées dans Marc, et si, comme il est probable, les personnages sont doublés pour compenser l’omission du démoniaque de Capharnaüm et celle de l’aveugle de

M eDEvr A eftnr, db):

xxvinr, 20 (cf. xvrrr, 20; xx, 12; xxx, 28 ; xvr, 48-49). CF. xxrr, 11-14.

C£. xvur, 15-17.

CE. xvr, 18-49 ; xvrnr, 18.

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