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sur les eaux est un symbole ajouté à un récit déjà symbolique !. Matthieu corrige ou plutôt supprime la thèse de Marc sur l'inintelligence des apôtres ?; mais il en vient ainsi à les montrer comprenant des choses que Jésus ne leur a jamais dites. Le miracle de la pièce de monnaie trouvée dans la bouche du poisson est enfantin #: on peut l'expliquer aisément par une fausse interprétation de la donnée traditionnelle. Les deux ânes de Bethphagé “, l’acclamation messianique dans le temple *, les trente deniers de Judas, la désignation du traitre, son repentir et sa mort $, tout ce que l'évangéliste ajoute aux récits de la passion et de la résurrection, notamment la garde mise au tombeau *, est d'invention légendaire, et d’une invention très faible. On a pu voir déjà qu'il faut faire dans cette invention la part de l’exégèse, et que certains textes de l'Ancien Testament, arbitrairement appliqués à l'histoire de Jésus, ont donné lieu à la création d'incidents plus ou moins notables $ Inutile d'observer que la valeur historique de ces additions est nulle. La place que leur accorde Matthieu le met comme témoin de l'Évangile au-dessous de Marc et même de Luc.
C'est dans les chapitres concernant la naissance du Christ que se remarque surtout l'influence des prophéties. Il ne semble pas que ces récits aient le moindre fondement historique. La généalogie a dû exister d’abord indépendamment de l'Évangile et du récit de la conception virginale *. Elle a été imaginée pour prouver que Jésus, fils de Joseph, était descendant de David et réalisait ainsi une des conditions du Messie annoncé par les prophètes. Le caractère fictif de la généalogie résulte de ce que Jésus lui-même parait avoir ignoré cette descendance ‘’; de ce que la liste est systématiquement adaptée à des nombres symboliques ; de ce que Luc‘! donne une liste différente. Il est à croire que nulle généalogie authentique n'existait, et que les deux qui nous sont parvenues ont été créées pour les besoins de l’apologétique primitive. Le récit de la conception virginale tourne autour du texte d'Isaïe !?; il est cons-
4. Voir supr. pp. 90, 130, et le commentaire. 2. Supr. pp. 90 et 94.