L'ORIGINE ET LA COMPOSITION DU TROISIÈME ÉVANGILE
Le rédacteur du troisième Évangile annonce l'intention d'écrire un livre, et il s'est assurément donné plus de peine que Marc et que Matthieu pour le composer tel qu'il le voulait. Il déclare en termes exprès quil vient après plusieurs autres, et qu'il a voulu être plus complet et présenter les choses en meilleur ordre que ses prédécesseurs; bien qu'il ne dise pas les avoir utilisés, il le donne suffisamment à entendre; si on le compare à Marc et à Matthieu, on ne peut guère s'empêcher d'admettre qu'il dépend du premier et de la source où le second a puisé les discours du Seigneur; mais il n'a pas pris tout Mare, et il contient beaucoup de choses qui ne sont ni dans Marc ni dans Matthieu. Dans son prologue, il vise un assez grand nombre d'écrits antérieurs, et l’on ne voit pas pourquoi il n'en aurait employé que deux. Lui aussi a pu connaître non seulement Marc, mais les sources de Mare, et d’autres écrits, plus ou moins dérivés de celles-ci, qui ne nous sont point parvenus.
Il n'y a pas plus de division marquée dans le troisième Évangile que dans les deux précédents. Les deux premiers chapitres se détachent aussi sensiblement du reste de l'ouvrage que dans Matthieu. On peut distinguer dans le corps du livre une première section ? relative au ministère galiléen, dont Marc a fourni le cadre et la plupart des matériaux ; une deuxième section *, concernant le voyage de Galilée en Judée, où l’évangéliste a logé presque tout ce qu'il avait emprunté à d’autres sources que Marc; une troisième section ‘, fondée tout entière sur le second Évangile et concernant le ministère hiérosolymitain ; enfin les récits de la passion et de la résurrection *.
Les récits de la naissance du Christ dans Luc n'ont aucun rapport avec ceux de Matthieu. Après sa petite préface à Théophile ©, où il a