D. XXII-XXIV
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voulu prendre le genre des écrivains profanes, l'évangéliste a raconté la naissance de Jean-Baptiste et celle du Christ, en commençant par la conception miraculeuse de l’un et de l’autre. Le rapport avec les prophéties n'est pas spécifié comme dans Matthieu; mais les narrations, mélangées de cantiques, imitent le style et certaines histoires de l'Ancien Testament, notamment la naissance de Samuel et celle de Samson. L'évangéliste a dû les connaître dans une rédaction qu'il a légèrement retouchée. On est même tenté de supposer que la source avait déjà englobé une légende sur Jean-Baptiste, qui avait été conçue indépendamment de celle du Sauveur, celle-ci semblant presque imitée de celle-là et y étant comme intercalée ou surajoutée ”. !. Deux versets, dans le récit de l’'annonciation ?, sont pour ainsi dire superposés à leur contexte, et ce sont Justement ceux où s'exprime l'idée de la conception virginale. Cette idée parait avoir été étrangère à la source de Luc, et l’on s’est même demandé si elle n'était pas étrangère à l’évangéliste lui-même, les deux versets dont il s’agit ayant été introduits, et quelques menues corrections ayant été faites après coup, dans le troisième Évangile, par l'influence de Matthieu *. Les cantiques ont dû être ajoutés par le rédacteur évangélique ; les deux principaux * sont des psaumes, qui, moyennant certaines addilions, ont été adaptés à l’usage que le rédacteur en voulait faire ; les deux se faisaient d’abord exactement pendant, et le Magnifical était placé dans la bouche d'Élisabeth *. L'histoire de Jésus à douze ans © tend visiblement à combler la grande lacune que Matthieu laisse subsister entre la naissance et le ministère de Jésus; par son origine elle pourrait bien n'appartenir pas au même cycle que le récit de la naissance ; mais l’'évangéliste a dû la trouver dans la même source.
Luc a eu souci de dater le ministère du Sauveur? ; il y apporte même une sorte d'affectation et de coquetterie par la multiplication de synchronismes qu'on dirait pris dans un livre : on a supposé, non sans vraisemblance, que l’évangéliste avait lu Josèphe $. Le récit concernant la prédi-