‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 165 sur 807 · Cf. GuxxeL · texte numérisé non relu

Cf. GuxxeL

A. Loisx. — Les Evangiles synoptiques. 12

récits qui montrent Jésus ressuscitant le

second jo où l’on veut voir l'accomplissement de prophéties qu rection au bout de trois jours. FER L'économie actuelle de ces récits a été arrêtée lorsque l'argt prophéties avait pris une consistance qui ne permettait pas de le @ ger autrement que par voie d'interprétation. Un changement aurait d'autant plus difficile que, dans l'intervalle, on avait senti le besoin transformer en prédictions expresses et détaillées les pressentiments qj Jésus, au terme de sa carrière, avait pu émettre sur son avenir. Lui-mêm élait censé avoir déclaré ouvertement et itérativement à ses disciples qu selon la volonté de Dieu manifestée par les prophéties anciennes, le

corps au fait, objet de la foi; mais les prédictions de Jésus ne vont pas au delà, elles ne s'étendent pas, et pour les mêmes causes que l'argument tiré des prophéties anciennes, aux autres circonstances de la résurrection considérée comme un événement de l’histoire. S'il en va tout autrement avec l'annonce de la passion, c’est que les souffrances et là mort de Jésus, qui appartiennent à l’ordre de l'expérience historique, fournissaient à l'élaboration apologétique et traditionnelle une base plus. solide. Il est vrai que l'on s'enhardit plus tard à formuler des récits de la résurrection tout aussi précis, mais bien moins concordants, que ceux de la passion. On ne l’osa pas du premier coup, et le rédacteur du second Évangile, qui a dû trouver toutes faites les prédictions de résurrection « après trois jours », se borne à décrire la découverte du tombeau vide en preuve de la résurrection acomplie le second jour après la passion ?..

Cette preuve de fait n'a pas été suggérée par l'Ancien Testament, mais par le besoin de l’apologétique. Elle parait avoir été conçue d’après les vraisemblances, par des esprits peu exigeants à cet égard. Mais on ne pouvait s’en tenir à cet argument négatif, et l'on devait nécessairement en venir au développement de l'argument positif, à la mise en œuvre du témoignage apostolique concernant les apparitions du Ressuscité. Cette preuve directe avait été dès l’abord ébauchée dans la prédication chrétienne, et peut-être même est-elle, sous cette forme primitive, antérieure à l'argument négatif dans la tradition écrite de l'Évangile, car le récit de la pêche miraculeuse paraît avoir été conçue comme première apparition du Christ ressuscité, indépendamment de la découverte du tombeau vide *. La combinaison de la preuve négative et de la preuve positive se fait

Page 1