Voir le commentaire de Le. v, 1-11, et QE
lire Een: aussi matériel à sa façon, que la négative. Cette
tendance est surtout accentuée dans le troisième Évangile ; car Matthieu, qui amplifie le merveilleux dans la découverte du sépulcre vide, est
relativement sobre en ce qui regarde les apparitions; on peut même dire qu'il insiste beaucoup plus sur la vie immortelle du Christ dans l'Église que sur la démonstration physique de la résurrection !.
Luc, au contraire, qui utilise des éléments symboliques de très haute valeur, par exemple l'histoire des disciples d'Emmaüs, et qui laisse entrevoir la place considérable que tenaient les prophéties dans la controverse avec les Juifs, -n'hésite pas à faire démontrer par le Christ luimême la matérialité de la résurrection : Jésus fait sentir aux disciples qu'il a chair et os, et il mange devant eux; 1l les fait ensuite assister à son enlèvement au ciel ?. De telles choses n'ont pu être écrites que quand les témoins oculaires de l'Évangile avaient à peu près tous disparu, quand on pouvait prendre toutes les libertés avec les souvenirs traditionnels, et qu'on ne courait plus-risque de provoquer la contradiction des autorités les plus respectables en supprimant la Galilée comme théâtre des premières apparitions du Christ et berceau de la foi apostolique. On peut en dire autant de ce que Matthieu raconte touchant la garde du tombeau et les calomnies des Juifs sur le fait de la résurreclion *; et la même remarque sans doute a lieu de s'appliquer déjà aux réeits de Marc touchant la sépulture de Jésus et la découverte du tombeau vide *.
Les souvenirs concernant les dernières heures et même les derniers jours de Jésus portaient sur un petit nombre de circonstances et de faits. Aucun disciple n'avait souci de recueillir pour la postérité ce qui se passait. À partir de l'arrestation du Sauveur, tous sont dispersés: Pierre, après le reniement, disparait; les autres apôtres se cachent en attendant qu'ils reprennent le chemin de la Galilée, si toutefois ils ne l'ont déjà pris. Ils ne pourront oublier le dernier repas où Jésus leur à donné rendez-vous pour le festin du royaume céleste, ni la veillée de prière au jardin des Oliviers, l’arrivée inopinée du traître avec la troupe armée, leur propre fuite ; Pierre connaît sa mésaventure. De la suite les disciples n’ont jamais su que ce que tout le monde à Jérusalem pouvait savoir : au lever du jour, Jésus avait été conduit au tribunal de Pilate, dénoncé par les prêtres comme faux Messie, condamné en cette qualité,