‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 168 sur 807 · Mc. xiv, 29-31. n' 4 11. Mc. xrv, 28. Les · texte numérisé non relu

Mc. xiv, 29-31. n' 4 11. Mc. xrv, 28. Les

ou conjointement à l'application de ce moyen principal; à quoi il faut ajouter l'influence de la théologie naissante et les premiers essais de christologie. Ce dernier facteur apparaït très sensiblement dans le récit de la dernière cène, où les paroles symboliques : « Ceci est mon corps », « Ceci est mon sang », ont été introduites, d’après saint Paul, pour autoriser l'inslitution eucharistique et y montrer le signe permanent de la rédemption opérée par la mort de Jésus !. L'influence du paulinisme se manifeste sous une autre forme dans ce que Marc raconte de l'inintelligence des anciens disciples, et spécialement des trois principaux apôtres : il ne s'agit plus ici d'interprétation théologique, mais d’apologétique paulimienne, la doctrine et surtout le rôle de Paul étant indirectement défendus par la critique des disciples galiléens.

Mais c'est surtout la fin de Jésus qui avait besom d’être protégée contre les critiques des incroyants. La dignité du Christ est sauvée, dans le récit de Gethsémani, par un acte formel de résignation à la volonté du Père ? ; dans le récit de larrestation, par un discours qui souligne le droit de la Providence et la liberté de celui qu'Elle a voulu livrer à la méchanceté de quelques-uns pour le salut de tous *; dans la mort même, par les ténèbres qui environnent l’agonie et le dernier soupir, par la rupture du voile sacré dans le temple de Dieu, par l’aveu du centurion qui a entendu le dermier er1 du Sauveur ‘. La condamnation de Jésus par l'autorité romaine devenait un gros embarras pour traiter avec les païens, surtout quand les communautés organisées à l’écart du judaïsme ne purent plus être ignorées par l'administration impériale. De là vinrent les additions notables que reçut la tradition relative au procès : le Jugement par Caïphe *, qui transportait de Pilate au grand-prêtre la responsabilité de la sentence, et faisait du procès une affaire purement juive, une injustice imputable aux seuls concitoyens du Sauveur ; et l'histoire de Barabbas ‘, qui faisait de Pilate le premier témoin de cette injustice, le premier garant de l'innocence de celui qu'il avait essayé inutilement d’arracher à la haine de ses accusateurs. Il est permis de se demander si cette apologie ne répond pas à l’attitude prise par les pouvoirs publics depuis la persécution de Néron. Quoi qu'il en soit, on imagine malaisément qu'elle ail pu se produire avant que Caïphe, Pilate, les apôtres eussent quitté la scène de l’histoire. -

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