‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 171 sur 807 · Voir le commentaire de Me, v · texte numérisé non relu

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tisme. C’est ainsi que les souvenirs primitifs s'idéalisèrent, prirent uue couleur messianique, se complétèrent, s’élargirent en symboles de doctrine, de puissance et de divinité.

Dès que la manifestation messianique de Jésus était anticipée dans son ministère, 1l était indispensable qu'on en marquat le début, et il importait que ce début fût significatif. Par là s'expliquent la mise en scène du baptème et l'interprétation chrétienne des rapports que Jésus avait eus avec Jean !. Celui-ci prèchait le baptème de repentance en vue du royaume qui allait arriver. Jésus vint, comme beaucoup d’autres, se faire baptiser dans le Jourdain; sans doute il était déjà préoccupé lui-même du jugement prochain et du règne de Dieu; quand Jean eut été emprisonné, Jésus, à son tour, annonça le prochain avènement du royaume céleste : mais Jean n'avait pas soupçonné qu'il baptisait « celui qui devait venir ? », eL il n'eut pas conscience d’avoir été le précurseur du jeune pèlerin de Nazareth. La tradition primitive avait le sens très net de la relation qui avait existé entre le Baptiste et le Christ : Jean avait marqué la fin de l’ancienne économie du salut ; il n'était pas entré dans la nouvelle $. Mais la démarche de Jésus restait acquise et devenait plutôt un embarras pour la foi grandissante, si on n’en relevait la signification. Il fut admis que le baptême de Jésus par Jean avait été vraiment le baptème du Christ, sa consécration messianique par la descente de l'Esprit divin, qui s'était dès lors emparé de lui. Par une adaptation facile de ce que le Baptiste avait réellement enseigné, on lui fit annoncer le Messie au lieu du royaume, ce qui faisait de lui le précurseur du Christ, et l'on supposa bientôt qu'il avait vu l'Esprit descendre sur Jésus, ou bien même qu'il n'ignorail pas sa qualité de Messie avant de le baptiser, et que la démarche du Sauveur était pour l'édification commune ‘. En tous cas, Jean avail rempli à l'égard de Jésus le rôle que la tradition prêtait à Élie, et que Jésus lui-même avait formellement reconnu au Baptiste à l'égard du royaume *.

L’anticipation du sacre messianique entraîna celle de la tentation du Christ. Il était admis que le Messie devait lutter contre Satan et le vaincre. L'Apocalypse johannique contient la description de ce combat et de ce triomphe. La carrière de Jésus n'avait présenté que des épreuves morales, et il fut reconnu d’abord que la bataille suprème d'où il était sorti

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