‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 173 sur 807 · DE · texte numérisé non relu

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ITION ÉVANGÉLIQUE it à faire un livre de ses discours. Sa doctrine se résumait dans la : « Repentez-vous, parce que le royaume des cieux est . » Nul besoin ni opportunité d'en faire un code pour l'avenir, puisqu'on ne prévoyait pas d'autre avenir que le royaume imminent, et que la seule chose importante était de s’y préparer. Les auditeurs ordinaires de Jésus étaient des illettrés, et ses disciples étaient plus accoutumés à manier l'aviron du pêcheur que le calame du scribe. Il est à présu- mer que les disciples mêmes ne firent jamais aucun effort pour retenir -ce qu'ils entendaient, et que leur mémoire garda seulement ce qui les avait le plus frappés. L'enseignement du Christ n'avait pas la forme de harangue académique ou de sermon solennel; il était relevé de sentences et de paraboles. Mais s'il nous est parvenu presque uniquement dans des sentences el de petits récits que la tradition littéraire a combinés

Fr pour en faire des discours un peu étendus, c'est que les premiers audi- 53 teurs, devenus les dépositaires de l'Évangile, ne retrouvaient dans leurs “ souvenirs que les éléments les plus saillants des instructions de Jésus, les “ sentences incisives, les comparaisons vivantes, les piquantes histoires.

Et cette remarque ne vaut pas seulement pour les discours publics, mais + pour les entretiens familiers avec les disciples : de ces conversations, il

ùS subsiste quelques lignes; des avis généraux il reste un certain nombre de sentences dont on a composé des recueils analogues à ceux qui repréds sentent la prédication publique. Quantité de sentences et de paraboles 1 ont dû tomber dans l'oubli, avec les propos plus communs qui les avaient d'abord entourés.

On peut dire qu'il n'a surnagé dans la mémoire des premiers fidèles que ce qui étut d'utilité pratique et d'application directe pour l'édifica- — tion des croyants et le progrès de la nouvelle religion. Aussi bien ne se souvenail-on qu'en vue du prosélytisme, pour répandre la foi à l'Évan- … gile ét au Christ, pour régler la conduite de ceux qui acceptaient cette foi, pour organiser la communauté chrétienne. Les circonstances parti- 4 cuhières dans lesquelles telle sentence ou telle parabole avaient été dites furent négligées, si tant est qu'on les eût retenues d’abord. Après avoir oubhé vite ce dont on n'avait pas été particulièrement impressionné, on __ oublia presque volontairement ce qui se trouva sans intérêt pour l'instruction et la formation chrétiennes. Ce que l'on retint prit une forme didactique, catéchétique; sentences et paraboles se groupèrent d'après . l'analogie de leur objet, pour aider la mémoire et pour la commodité de l’enseignement. Il se forma des séries de sentences qui s'appelaient l’une 54 l'autre, des chaines de paraboles apparentées. Puis vinrent les rédactions

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n'était ; pas à jamais perdu fut ai pour les siècles des à Mais ces rédactions ne sont nullement une sténographie qui ont été prononcées par le Sauveur. Jésus parlait un dialecte Indépendamment du déchet considérable qui vient d'être signalé, donc tenir compte des modifications et altérations accessoires qui on s'introduire par le fait de la traduction. Les interprètes ont été les pré cateurs mèmes de l'Évangile, qui visaient beaucoup moins à l'exactit qu'à l'édification. Le même principe qui avait présidé à la sélection « sentences et des paraboles gouverna leur transmission quand elles fur écrites et traduites. On répétait et rédigeait sentences et paraboles sel qu'on les comprenait, et de façon à les rendre intelligibles dans ce se pour le plus grand bien de la communauté. On ne se défendait mi des omissions opportunes, ni des retouches utiles, ni des additions interprétatives ou des compléments que paraissaient demander les circonstances.

Le texte des paraboles était, semble-t1l, moins fidèlement gardé que celui des sentences !. C’est que l'imagination des évangélistes, prédica= J teurs ou écrivains, était plus excitée dans la relation d’une histoire que dans celle d’une pensée ; peut-être aussi comprenait-on qu une certaine rigueur importait plus à l’égard des sentences doctrinales qu'à l'égard des récits destinés à illustrer la doctrine. En général, les paraboles ont été traitées à peu près de la même manière que les récits de miracles eb des autres faits de la vie du Christ. Ce sont des tableaux dont leques ne au moins pour la plupart, est fournie par la tradition, mais où l'esprit du narrateur s'exerce plus ou moins dans le choix des détails et des couleurs. Autant qu'on en peut juger, le texte des paraboles a été assez M fluide jusqu'à la Fan des Évangiles synoptiques, ou, plus exac- " tement peut-être, jusqu'à la canonisation de ces Évangiles, qui à mis. fin au travail de nl Il n'est pas nécessaire de pousser bien loin la eomparaison des textes pour s'apercevoir que chaque rédacteur a raconté, en fait de paraboles, ce qui lui plaisait et comme il lui plaisait ?, c'est-à- … dire en la forme qu'il jugeait la meilleure pour faire goûter le récit et faire valoir la signification qu'il lui donnait. Les divergences ne portent pas seulement sur la place assignée à telle ou telle parabole dans la chaine des récits, mais sur les détails descriptifs et quelquefois même sur l'application des fables évangéliques. s DER:

C'est un fait digne de remarque, et en lui-même, et parce qu'il éclaire » tout le travail de la pensée chrétienne sur les souvenirs de l'Évangile, que les paraboles aient été soumises au même travail d'allégorisation

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