‹ Les e?vangiles synoptiques /Chapitre 178 sur 807 · Mr. xx, 27 (Lc. x, 22);1supr. p°A · texte numérisé non relu

Mr. xx, 27 (Lc. x, 22);1supr. p°A

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Ce sont les opinions qui sont emportées dans le monvement de la foi.

Paul et les autres théologiens de l’âge primitif sont étrangers à la recherche scientifique et même à la réflexion philosophique. Ils ont des intuitions qui les ravissent ; leurs théories sont des visions; ils n’en serutent pas les antécédents, ils n’en déduisent pas les conséquences. La prière du Christ où se trouve la parole sur la connaissance réciproque du Père et du Fils pourrait figurer dans une apocalypse : le prophète chrétien qui l'a conçue n'avait pas le moindre doute sur la vérité de son objet. sur sa conformité à la pensée et à l’enseignement de Jésus, et la question de savoir si Jésus l'avait ou non prononcée était pour lui tout à fait accessoire; on peut dire même que la question ne se posait pas plus pour lui que pour Paul, quand celui-ci énonçait au nom de Jésus les paroles de Pinstitution eucharistique. L'impression actuelle de la foi était la vérité de l'Évangile. En l'état d’exaltation où vivaient les premiers croyants, tout ce travail, qui déroute l'analyse par sa complexité, s’est opéré, spontanément et rapidement, dans la région subconsciente des âmes où se préparent les songes de tous les hommes, les hallucinations de quelques-uns, les intuitions du génie. On ne peut guère douter que certaines paroles attribuées au Christ n'aient été perçues par des enthousiastes dans les transports de leur prière extatique. On peut dire la même chose pour certains récits de miracles, et, jusqu'à un certain point, pour tous, la transfiguration involontaire des souvenirs dans l'imagination eroyante étant une manière de vision. Paul présente comme réelle sa description de la dernière cène, mais 1l n'hésite pas à dire qu'il la tient du Christ lui-même. D'après ce cas certain et défini, on peut conjecturer ce qui est arrivé pour d'autres moins importants. Si l'on ne tient pas compte de ces conditions psychologiques, le développement de la tradition évangélique sera inintelligible : entassement progressif d'idées disparates, dont le succès parait d'autant plus extraordinaire que la base rationnelle en est plus fragile.

La partie la plus tardive de ce développement, considéré seulement dans les Synoptiques, est probablement celle que présentent les récits de l'enfance. C’est également celle où la tradition évangélique se rapproche le plus des légendes communes et des fictions libres, plus ou moins réfléchies, qui se rencontrent dans les évangiles dits apocryphes. Ces récits contiennent un élément de croyance, l’origine surnaturelle du Christ par la conception virginale, qui appartient à l’histoire de la christologie, tout en empruntant son symbole à la tradition mythologique en même temps qu'à la tradition apocalyptique. Comment le Christ, être divin, était-il entré dans le monde ? Fallait-il lui attribuer une origine semblable à celle de tous les hommes? Les témoins de sa vie n’y avaient eu aucune répugnance : leur foi était satisfaite en admettant que Jésus était entré dans

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