AP. x, 1-6, supr. cif
nds à, RÉ
chrétiennes. C'est ainsi que l'idée de la conception duite après coup dans les récits de Luc !. Comme il a ét haut, la diffusion de cette idée, l'acceptation générale des 1
mencement du dconn Le développement de la tradition évangélique a donc suivi celui a
pensée chrétienne, et le développement de la pensée chrétienne était
ditionné par les circonstances de l’apostolat chrétien, par la mentalité
directement en face du paganisme pour le combattre a le réfuter. Bien que l'Évangile soit prêché aux païens, on dirait presque qu’il ne leur est … pas immédiatement adressé. C’est Hire réalité, la prédication Re. tienne dans le monde gréco-romain n’a fait encore que suivre la voie ouverte antérieurement par le judaïsme, qu'elle s’est adressée d'abord aux. Juifs, puis aux païens qu'avait atteints la propagande juive, et que, sans se présenter sous le couvert du judaïsme, elle apparaissait comme une forme du judaïsme, elle se présentait elle-même comme l'expression authentique de l'espérance d'Israël. Les influences extérieures qui se sont exercées sur le christianisme naissant ne sont pas autres que celles qui A s’exerçaient sur le judaïsme, et ce doit être principalement par lintermédiaire de celui-ci qu’elles ont imprégné le message apostolique. Religions orientales et philosophie hellénistique avaient déteint sur les croyances juives avant que le christianisme se répandit dans le monde: C'est à ce judaïsme plus ou moins pénétré de paganisme que l'Évangile dut s'adapter, et qu'il s’adapta d'abord, avant d'entrer en contact immédiat avec le paganisme, au commencement du second siècle.
Quant à l’histoire de la littérature évangélique, on a déjà pu voir qu'elle est impossible à reconstituer autrement que par conjecture. À une époque relativement ancienne, les principales sentences et paraboles » dont la génération apostolique avait gardé le souvenir furent mises par écrit. Il est vraisemblable, sinon tout à fait certain, que ce premier : recueil avait été rédigé en araméen; il paraît avoir été gardé d’abord : par des judéochrétiens qui l'ont glosé en certains points conformé- Le ment à leur esprit. Une esquisse du ministère de Jésus, de sa passion, 2 peut-être aussi de la première institution du christianisme, à pareïllement existé de très bonne heure, soit annexée au recueil de discours, soit plutôt indépendante de ce recueil. La première rédaction de ces documents pour-
!. Voir le commentaire de Le. 1, 34-35.
t être notablement antérieure à l’an 70, bien qu'on ne doive pas sans doute remonter plus haut que l'an 50. C'étaient des opuscules catéchétiques, instruments d'apostolat, petits répertoires d'enseignement, qui
étaient devenus très utiles, voire indispensables aux prédicateurs chrétiens qui n'avaient pas entendu le Sauveur. Ces petits écrits furent beaucoup
copiés, et il n'est sans doute pas téméraire de supposer qu'il n’en existait guère de copies semblables. On les interprétait et on les complétait, on les corrigeait au besoin en les copiant. Le recueil s’enrichissait de nouvelles sentences, et la relation historique de nouvelles anecdotes. Bientôt les récits s’amalgamèrent aux discours pour former un seul livre d'instruction. Le plus ancien essai de ce genre qui nous soit parvenu esl l'Évangile dit de Marc, rédigé, peu après l'an 70, par un compilateur tout pénétré des idées de Paul. Le prologue de Luc donne à penser que d’autres essais du même genre ont existé, qui ont trouvé moins de crédit. Peut-être l'Évangile de Marc fut-il d'abord aux mains de quelque grande communauté, et l’on songe tout naturellement à l'Église romaine.
Ce n'était néanmoins qu'une ébauche insuffisante, qui supposait la con-
servation du recueil de discours. Des compilateurs plus récents incorporèrent en un seul livre tous les matériaux traditionnels. Ces travaux se poursuivaient en des milieux distincts, et sans entente mutuelle. Des acquisitions assez disparates ont pu se faire ainsi en des endroits distants. Les récits de l'enfance, dans Matthieu et dans Luc, n'auraient pu être rédigés d'abord pour l'édification de la mème communauté. Il a fallu qu'ils fussent écrits séparément, puis qu'ils gagnassent du térrain avant de se rencontrer, que leur diffusion leur eût déjà donné assez d'autorité, pour que leur contradiction ne püût leur faire tort.
Il aurait été infiniment plus naturel de n'avoir qu'un évangile‘, et l'on aurait pu y aboutir si la dispersion des communautés et le défaut de centralisation n'y avaient fait obstacle. Si l'Église universelle avait pu faire ce que fit l'Église d'Édesse, adopter un seul évangile compilé sur les textes les plus autorisés, on peut croire qu'elle n'y aurait pas manqué. Mais ce qui était possible dans une communauté isolée n'était pas possible pour l'ensemble des communautés. Il n'existait pas de pouvoir central assez fort pour imposer à tous un livre de ce genre. La conformité s'établit par une autre voie. L'échange des livres mit les différentes communautés en possession des principaux écrits évangéliques. L'’entente des Églises les plus influentes en fixa le nombre, et l’on fit peu attention à des divergences qui ne portaient pas sur les principes de la foi ?. L'admission ultérieure du quatrième Évangile #, grande vision d’un théo-