Voir QÉ. introd. Sr, rv. vi
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A logien mystique, FAR dans l'Église au cours du sec que ces divergences n'étaient guère senties. Par une spontanée, l’ancienne Église catholique discerna et s’ap qu'elle sentait être selon son esprit, et qui étaient de nature. à so son action.
Les sources évangéliques se perdirent promptement. Elles étaient pro bablement déjà introuvables quand le canon des quatre Évangiles fut constitué. Les évangiles dits apocryphes ! en sont plus éloignés que ceux. du canon. Aucun de ces évangiles ne paraît plus ancien que les Synoptiques. L'un d'eux, l'Évangile des Hébreux, a été en grand crédit auprès des judéochrétiens ; 1l a été cité avec complaisance par Origène et surtout par saint Jérôme. Le dialecte palestinien dans lequel il était réhgt a fait obstacle à sa diffusion. Quand Jérôme le traduisit afin de de vulgariser, il était trop tard pour au ‘il pût prendre place dans le recueil de la grande Église. Autant qu'on en HT juger par les fragments qui nous ont été conservés, ce livre avait le même caractère que les Synopliques, mais ne se tenait pas plus près des sources, et il ne peut être considéré comme primitif relativement à eux, ni pour les récits ni pour les discours. Une certaine ressemblance avec Matthieu peut expliquer l'opinion de saint Jérôme, qui y voyait l'original de notre premier Évangile; en fait, cette opinion n'est pas soutenable. Il n'est même pas établi que. l'Évangile des Hébreux ne procède pas de sources grecques; en tous cas, ce qu’on en connait ne permet pas d'affirmer qu'il se soit fondé sur l'ancien recueil araméen que l’on attribue volontiers à l'apôtre Matthieu. On. admet que ce livre a pris sa forme définitive à la fin du r siècle ou au commencement du second.
L'Evangile des Égyptiens n'est peut-être guère moins ancien; bien que rédigé en grec, il ne semble pas non plus avoir pu sortir à temps du milieu Mt où il avait vu le jour. On peut croire qu'il avait servi d'abord aux chrétiens d'Alexandrie ; il parait avoir été caractérisé par une tendance mystique et ascétique; cette sorte d'originalité, moins puissante que celle du quatrième Évangile, a pu lui faire tort. L'Evangile de Pierre ?, dont on retrouvait il y a quelques annéesun
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fragment important, semble postérieur aux évangiles du canon et aux
k ; M ; RP WE:
1. Sur les évangiles apocryphes, voir Hozcrzmann, Eïinleitung, 485-492; sur Anit-
l'Év. des Hébreux et l'Év. des Égyptiens, Harnack, Chron. 1, 612-651. Ce cri- Ktique et quelques autres semblent enclins à juger trop favorablement l’Év. des #2 Hébreux.
2. L'identité de l'Év. de Pierre et de l'Év. des Égyptiens a été soutenue récemment par D. Vürrer, Zeitschrift f. d. neut. Wissenschaft, 1906, 368-372.
deux évangiles apocryphes dont on vient de parler : c'était sans doute
une libre compilation, pour laquelle les évangiles canoniques avaient été
mis à contribution, mais non pas seuls: l'esprit du livre était passable-
ment gnostique. ,
L'Évangile de Marcion, composé vers le milieu du second siècle, a paru aux anciens auteurs ecclésiastiques n'être qu'une édition mutilée de Luc. La critique de Marcion doit avoir été, en effet, dominée par sa théologie : mais on ne saurait dire si son système a été le seul guide qu'il a suivi, et s'il n'aurait pas eu connaissance de quelque document évangélique antérieur à l'édition canonique de Luc. Rien ne subsiste des autres évangiles écrits par les gnostiques. On peut se faire une idée de celui de Marcion par les réfutations de Tertullien et de saint Épiphane.
D’autres apocryphes où dominait surtout la tendance légendaire ont pu se maintenir et exercer une certaine influence sur la tradition de l'Église, bien qu'ils n'aient jamais obtenu la sanction canonique. Les uns se rapportent à l'enfance du Sauveur ou à ses parents, spécialement à Marie, les autres aux circonstances de sa mort et de son entrée dans l’étermité, A cette dernière catégorie appartient la compilation relativement tardive à laquelle on a donné le nom d'Évangile de Nicodème : elle comprend un récit du procès et de la mort de Jésus, qui a été conçu d'abord comme « Actes de Pilate », et une relation de la descente du Christ aux enfers. Ce dernier thème, il est à peine besoin de l’observer, n'appartient en aucune façon à la tradition historique de l'Évangile. Il n'en est pas moins entré d'assez bonne heure dans la tradition ecclésiastique. Par un côté, ses affinités sont avec la mythologie ; par un autre, il tient à la théologie. Le vieux mythe qui montrait un dieu ou un héros descendant aux enfers et en remontant, s'adapte à la théorie du salut, à la victoire du Christ sur Satan jusque dans le monde souterrain, et à la proposition de l'Évangile aux morts,
Le thème de l'enfance était déjà supérieurement ébauché dans l'Évangile de Luc. Mais on devait essayer, et l’on essaya de combiner avec Luc les récits de Matthieu, afin de compléter l’un par l’autre, et de compléter Fun et l’autre. On voulut raconter ce qu'avait fait Jésus dans son enfance et dans sa jeunesse, ce qu'étaient les parents de Marie, et comment elle avait épousé Joseph. Le Protévangile de Jacques, œuvre du second siècle, traite ainsi de la naissance de Marie, fortement imitée de celle de Samuel, de sa présentation au temple, de son mariage dans des circonstances particulièrement merveilleuses, puis de la conception surnaturelle et de la naissance de Jésus. Sur ce dernier point l’apocryphe ne fait guère qu'abréger Matthieu et Luc; pour le reste, il a fourmi à la piété chrétienne les renseignements qu'elle demandait sur la mère du Sauveur, il a donné au calendrier ecclésiastique les
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On aurait lieu de s'étonner que la légende n'ait pas recouvert plus c plètement les souvenirs primitifs concernant la vie et la passion du Sauy si l’on ne voyait comment la christologie a mis tout de suite obstacle, les communautés chrétiennes organisées en Église catholique, à la laisie des hagiographes. La figure du Messie étant une fois fixée dans uné théologie qui était un dogme, il eût été sacrilège d'y ajouter de nouveaux | œ À trails ; la tradition évangélique devait s'immobiliser relativement dès qu ‘elle LT trouvé la formule du Christ ; c'est ce qui est arrivé avec le qua trième Évangile. Mais il est évident que, dès l’abord, la foi messianique, tout en apportant bien des suppléments aux souvenirs des témoins, canalisait, pour ainsi dire, le travail légendaire; la spéculation christologique,. et la préoccupation de l'orthodoxie l'arrêtèrent bientôt, ou du moins supplantèrent ; la canonisation de quatre Évangiles, censés apart a et source de l'enseignement chrétien, rejeta toutes les autres productio similaires dans la catégorie des apocryphes et ne permit plus de voir, dans les visions ultérieures des croyants enthousiastes ou mystiques, autre chose que des révélations privées, ou des illusions imaginaires et des suggestions démoniaques. Ainsi le fond de la tradition apostolique n’a pas été dissous dans la légende pieuse et la spéculation théologique; il a été plutôt encadré, et il reste même assez facilement reconnaissable. {