Cf. Scuürer, IL
des adhérents, et les docteurs plus ou moins pédants et orgueilleux qui furent les adversaires de Jésus, et que Jésus traita comme tels.
Le sacerdoce hiérosolymitain formait un corps riche et puissant, mais dont l'influence était plutôt d'ordre politique. Caste héréditaire et fermée, affectée au service d'un sanctuaire dont les revenus étaient considérables, les sadducéens !, ainsi nommés d’après leur ancêtre présumé Sadoq, prêtre du temple de Salomon, accomplissaient les fonctions
rituelles qui étaient leur raison d’être, mais ils ne représentaient ni la
religion vivante ni l'esprit de prosélytisme ; types du fonctionnaire sacré
qui veille sur le corps de la religion sans en garder l'âme, ils s'arrangeaient
de la domination étrangère, pourvu qu'elle respectât leurs privilèges : leur esprit positif trouvait un médiocre attrait dans l'espérance messianique, et considérait comme une chimère la résurrection des morts. La Loi littéralement interprétée autorisait leur réserve sur ces deux points, où fanatisme et piété trouvaient leur appui. Sous la domination persane et sous la domination grecque, le grand-prètre était le premier personnage de la nation ?; les princes machabéens avaient affermi leur autorité en assumant le souverain pontficat; depuis la domination romaine et sous Hérode, cette puissance avait été brisée par la suppression de l'hérédité, le grand-prêtre était nommé et révoqué par le chef politique. L'influence du grand-prêtre et de l'aristocratie sacerdotale n'en était pas moins prépondérante dans le sanhédrin *, sorte de conseil suprême qui gardait, sous le contrôle de la domination romaine, une juridiction assez étendue. Les sadducéens devaient disparaitre avec le temple et la ville de Jérusalem ; c’est par les pharisiens que le judaïsme fut conservé.
A l'écart, dans des sortes de monastères aux environs de la mer Morte, vivaient les esséniens, cénobites qui pratiquaient le célibat, s’abs.enaient de viande, ne prenaient aucune part aux sacrifices *. L'origine de ces communautés est incertaine. Elles sont issues du judaïsme, mais non probablement sans quelque influence étrangère. En dehors du grand courant de la vie Juive, elles ne semblent pas avoir contribué directement au mouvement chrétien. Elles témoignent du moins que des créa ions singulières pouvaient se produire dans le judaïsme, nonobstant la puissance de la tradition.
Si Jésus avait environ trente ans Ÿ quand il mourut, il était né après
ACT: Scnürer, loc. rit.
2. Sur le sacerdoce hiérosolymitain, cf. Scaürer, Il, 224-299. 3. Cf. Scaürer, Il, 188-214.