Cf. Mr. x, 5, et le commentaire
MC Csrx D x 10)
5. Mc. vi, 14. Voir le commentaire de cette notice. CM MO ET 01
A. Loisy. — Les Évangiles synoptiques. 14
teurs “4 S Tnpôt romain, dubletent suspects, à raison de leur p.
sion et comme agents de l'étranger. Il ne repoussait même pas les prostituées ?, et il allait jusqu’à dire que tous ces gens sans loi précéderaient. dans le royaume céleste les prétendus justes de la Loi ?. Il ne sinterdisait pas de criliquer la piété pharisaïque et de taxer les pharisiens d'hypocrisie *. Selon lui, la vraie religion était celle du cœur, et la vraïe perfection, la charité désintéressée, sans prétention, sans vanité.
Rien d'étonnant à ce que l'hostilité des pharisiens ait grandi parallèles
ment à sa faveur auprès des masses. Antipas et les pharisiens pouvaient …
s'entendre en un péril qui leur était commun. Peut-être s'entendirent-ils «
en effet. D'après une tradition * qui d’ailleurs ne présente pas toutes les
garanlies désirables, ce seraient des pharisiens qui auraient fait connaître.
à Jésus les sentiments d’Antipas, peut-être à l’instigation de celui-ci,
pour le décider à quitter la Galilée. On peut croire qu'Antipas ne se
souciait pas de recommencer l'affaire de Jean-Baptiste, et que le départ éventuel de Jésus pour Jérusalem lui paraissait offrir le double avantage d'assurer la paix de sa principauté, et de transporter à d'autres l'obliga= tion de statuer sur le sort du nouveau prophète.
Jésus n’était pas accessible à la crainte. Les menaces plus ou moins astucieuses d'Hérode ne l’effrayèrent pas plus que la haine à peine déguisée des pharisiens, mais il sentait par ailleurs que la terre de Galilée se dérobait en quelque sorte sous ses pas. Ces foules qui le suivaientf, il n'avait pas tardé à voir qu’elles n'étaient nullement converties. Un petit nombre, surtout parmi les « pécheurs », avait adhéré sincèrement à l'Évangile; le cœur des autres n'était pas changé. L'intérêt qu'ils portaient au prophète de Nazareth n'allait pas beaucoup au delà d’une curiosité bienveillante. Ils avaient vu les miracles, ils attendaient maintenant le royaume sans s’y préparer autrement; et comme le royaume ne venait pas, ils inclinaient à y croire de moins en moins. Ainsi s'expliquent les terribles invectives que Jésus, au point culminant de son ministère galiléen, est censé avoir prononcées contre Capharnaüm et les bourgs woïsins 6, c'est-à-dire contre les endroits où il a surtout prêché, où il a
Mc. 1, 27; vix, 15.
Lc. vir, 36-50 (cf. Jn. vir, 53-vini, 11, morceau de tradition synoptique). Mr. xx, 31, supr. cit.
Mr. xx.
Le. xur, 31. Voir le commentaire.
Mr. x1, 20-24 (Le. x, 12-15).
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É séjourné, qui ont été le centre de l’action évangélique en Galilée. En un sens, la situation était comme perdue, aussitôt après avoir semblé gagnée par l'h-ureux succès de la mission des Douze.
Qu'allait faire maintenant le Sauveur ? Il ne se résout pas d’abord à porter l'Évangile à Jérusalem; mais il s'éloigne pour un temps de la Galilée. Ce n'est peut-être pas qu'il ait hésité sur le parti à prendre, mais parce qu'il jugeait préférable de n’arriver à Jérusalem que pour la Pâque. Cette grande fête rassemblait en quelque sorte la nation juive dans la ville sainte ; nulle occasion ne convenait mieux pour y proposer la parole du royaume céleste aux enfants d'Israël. Jésus donc abandonne la Galilée et la prédication de l'Évangile; il s’en va avec ses disciples vers la côte phénicienne, du côté de Tyr et de Sidon !, mais sans entrer dans ces villes païennes. Non seulement ce voyage ne manifeste aucune volonté de prosélytisme à l'égard des Gentils, mais la seule anecdote que la tradition y rapporte ? accuse une intention contraire.
Le temps que les disciples passèrent ainsi avec leur Maître dans la solitude et la paix ne fut pas perlu pour l'œuvre de l'Évangile #. Dans ces jours de vie commune et intime, ils apprirent sans doute à mieux connaître Jésus et s'attachèrent davantage à sa personne. On ne doit pas se les représenter comme des étudiants recevant les leçons d’un professeur de théologie, mais comme les familiers d'un envoyé de Dieu. Sans parti pris du côté de Jésus ni du côté des disciples, la conversation roulait sur le royaume céleste et sa venue prochaine. Jésus n'instruisait pas ses apôtres, il les entrainait avec lui vers la grande espérance qui l’attirait lui-même irrésistiblement. C'est ainsi que le rôle qui lui appartenait dans la manifestation suprême s’éclaircit aux yeux des Douze, et qu'i's se trouvèrent disposés à le saluer Christ, sans qu'il eût lui-même expressément déclaré qu'il était le Messie.
La troupe évangélique revenait vers la Galilée par la vallée du haut Jourdain; elle stationnait près de Césarée de Philippe, l’ancienne ville de Dan, lorsque s’échangèrent les propos qui engageaient l'avenir de tous ses membres ‘. On parlait des opinions diverses qui avaient cours dans
4. Mc. var, 24 (Mr. xv, 21). , 2. Mc. var, 24-30 (Mr. xv, 21-28.
3. On ne sait combien dura ce voyage, mais il convient d’en tenir compte pour évaluer approximativement le Lemps qui s’est écoulé entre les débuts du ministère galiléen et la mort de Jésus. Si cet intermède se place à la fin de l'an 28, Jésus a pu commencer à prècher dès le printemps de la même année. Burxirr (Gosp. History, 93) fixe la durée de ce voyage à huit mois, de juin à anvier. Trop de précision.