LES TROIS PREMIERS ÉVANGILES ET LA TRADITION ECCLÉSIASTIQUE
Le mot « évangile » ! ne s’appliquait pas originairement à des écrits : c'était la « bonne nouvelle » ? du salut, le message de délivrance dont avaient parlé jadis les prophètes * et que Jésus avait réalisé. Lui-même dit'avoir porté ce message aux pauvres {; mais, déjà dans les récits et discours évangéliques, le mot « évangile » s'entend du Christ en tant qu'objet de la prédication chrétienne * : d'où il suit que l'idée représentée par ce mot n'appartient pas à l'enseignement personnel de Jésus; en fait, la prédication du repentir en vue du jugement dernier, inaugurée par Jean-Baptiste et reprise par Jésus, n'était pas précisément une « bonne nouvelle ». Dans la prédication apostolique f, l'Évangile est l'annonce du salut opéré par le Christ; pour Paul, c'est la doctrine de la rédemption par la mort et la résurrection de Jésus *. L'Apôtre dit, en ce sens, « mon évangile » 8, ou « notre évangile » *, en le distinguant d'un «autre évangile » !°, qui est celui des judaïsants ; 1l dit « l’évangile de Dieu »!!, pour en désigner l’auteur, et « l’évangile du Christ »!?, pour en désigner plu-
1. coayyéluov. Le mot ne se trouve pas chez Luc (qui d’ailleurs fait grand usage du verbe <dayysAfeolar dans l'Évangile et dans les Actes) ni chez Jean; il est employé plusieurs fois dans Marc et dans Matthieu, surtout dans Paul; il se lit aussi I Prer. 1v, 17, et AP. x1v, 6.